Le PQ a trompé les électeurs, accuse David

La députée de Québec solidaire, Françoise David
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard La députée de Québec solidaire, Françoise David

Flirt avec l’industrie pétrolière, promesses rompues, reculs à répétition : le Parti québécois a trompé les électeurs qui l’ont porté au pouvoir, selon Québec solidaire (QS).

Après des débuts prometteurs l’automne dernier, le gouvernement de Pauline Marois s’est montré par la suite « extrêmement décevant », a constaté la coporte-parole de la formation de gauche, Françoise David, en entrevue à La Presse canadienne.


À l’exception de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 - annoncée quelques semaines après le scrutin du 4 septembre -, le gouvernement péquiste a renié ses principes dans le dossier des ressources naturelles, a fait valoir Mme David. « On ne reconnaît plus la Martine Ouellet [ministre des Ressources naturelles] d’avant l’élection. Visiblement, sa chef a décidé que, probablement, on irait de l’avant avec [l’exploitation] du pétrole. Elle ne semble pas avoir de problème à aller en chercher à l’île d’Anticosti », a-t-elle dénoncé.


Geste de rupture


La coporte-parole de QS estime que Mme Marois a fait un geste de rupture avec les électeurs lorsqu’elle a entrouvert l’automne dernier la porte au pétrole albertain. La première ministre et son homologue albertaine, Alison Redford, ont en effet convenu de former un groupe de travail pour examiner la faisabilité du projet de la société Enbridge d’inverser le flux du pipeline reliant Montréal et Sarnia, en Ontario.


Ce projet hautement controversé aurait pour effet « d’apporter ici du pétrole venant des sables bitumineux », s’est insurgée Mme David.


« Le Québec n’a pas voté pour ça ! Lors de la dernière élection, je suis certaine que l’immense majorité des personnes qui ont voté pour le Parti québécois n’ont pas voté pour que le Québec devienne une espèce de paradis pétrolier pour des grandes entreprises canadiennes ou multinationales », a-t-elle soulevé.


Le minuscule caucus de Québec solidaire - Françoise David et Amir Khadir - fera sa rentrée la semaine prochaine à Québec. Le ton qu’il emploie envers le gouvernement du Parti québécois s’est passablement durci depuis le scrutin.


Pour Mme David, force est de constater que le Parti québécois s’est rendu coupable de « fausse représentation » pendant la dernière campagne électorale. « Ça donne l’impression qu’ils ont défendu des positions écologistes et de centre gauche parce qu’ils avaient le sentiment que c’est là que l’électorat allait. Maintenant qu’ils sont au pouvoir et qu’ils se plaignent de manquer d’argent, c’est plus facile de dire qu’on va aller chercher de l’argent à partir de redevances pétrolières, minières et gazières », a-t-elle analysé.


En ce qui concerne l’exploitation minière, la députée de Gouin a exprimé sa vive inquiétude quant au sort que réserve le gouvernement à son engagement électoral de hausser le niveau des redevances versées par l’industrie. « Le gouvernement n’a pas été capable d’indiquer comment il irait chercher des redevances au moment du budget. Il dit qu’il veut consulter l’industrie minière. Évidemment, l’industrie va lui dire qu’elle ne veut pas en payer plus », a-t-elle dit.


Dans ce domaine comme dans d’autres, le navire péquiste, selon Mme David, semble voguer sans gouvernail, à l’aveuglette. « C’est tellement mou, il n’y a pas de position ferme, claire, pas d’audace, on ne va pas de l’avant vers une nouvelle manière de voir les ressources énergétiques et minières alors que le discours dans l’opposition était bien plus ferme que ça », a-t-elle argué.


Sombre bilan


Si le bilan de l’administration Marois est sombre dans le dossier des ressources naturelles, il n’est guère plus reluisant en matière fiscale, aux yeux de Québec solidaire. Cette année encore, chaque Québécois devra payer 200 $ pour la contribution santé, une taxe que le PQ s’était engagé, la main sur le coeur, à abolir, a rappelé Mme David.


De même, a-t-elle poursuivi, la première ministre a envoyé un message troublant sur la valeur qu’accorde le PQ à l’éducation en refusant de garantir le réinvestissement prévu de 1,7 milliard dans le budget des universités au cours des prochaines années.


Le gouvernement « a-t-il été plus sensible au lobby des affaires qu’aux promesses qu’il avait faites à la population ? C’est aussi une question qu’on peut se poser », a déclaré la leader solidaire.

30 commentaires
  • Franklin Bernard - Inscrit 28 janvier 2013 10 h 29

    Françoise David fait un constat attendu

    Françoise David semble découvrir que le PQ, dont le triste Lucien Bouchard a déjà été le chef, n'a jamais été un gouvernement de gauche, mais disons, de centre-droit. Les conglomérats pétro-industriels n'ont pas fini de se pourlécher les babines. De plus, naviguer dans les eaux troubles de la minorité, eaux troubles agitées par les courants sous-marins sournois du PLQ et de la CAQ, n'est pas un exercice de tout repos.

    Françoise David a raison, mais nous sommes aux prises avec une triste réalité: PQ vs PLQ-CAQ, pour des idéaux de gauche, c'est perdant-perdant.

    • Louka Paradis - Inscrit 28 janvier 2013 21 h 19

      Mme David ne pourrait guère faire mieux : elle n'a aucune crédibilité n'ayant géré aucun ministère. Par ailleurs, le mandat du PQ n'en est qu'à ses débuts : attendons de voir la suite... Donnons une vraie chance aux coureurs. Mme Marois gouverne sagement, en tenant compte du contexte économique et des intérêts de tous les Québécois. Elle est appuyée d'une équipe solide. C'est autre chose que QS : grands parleurs, p'tits faiseurs. Tout ce qu'ils ont réussi à faire aux dernières élections avec leur hargne contre le PQ, c'est de diviser les forces progressistes. Regardez bien les médias fédés et de droite utiliser F.David et Khadir pour diviser encore le vote progressiste et souverainiste. Ils tomberont dans le panneau, aveuglés par leur vanité et leur prétention ridicule de détenir la balance du pouvoir. Je n'oublierai jamais que Khadir a appelé les militants de QS à voter contre le Bloc, contre Gilles Duceppe et contre la souveraineté du Québec. Alors, parlant de fausse représentation, le PQ n'a certainement pas de leçon à recevoir de Sainte Françoise : au lieu de répander son fiel, elle ferait mieux d'avancer des propositions constructives et viables pour le Québec d'aujourd'hui et de demain.
      Louka Paradis, Gatineau

    • Patrick Boulanger - Abonné 29 janvier 2013 08 h 19

      « Mme David ne pourrait guère faire mieux : elle n'a aucune crédibilité n'ayant géré aucun ministère. » ?

      Votre raisonnement nous amène à l'idée que Tony Tomassi a plus de crédibilité que Mme David ?

  • Solange Bolduc - Inscrite 28 janvier 2013 10 h 52

    De la rivalité ou compétition avant tout? De la politique autrement ?

    Mme David ne détiendrait pas le monopole du Bien, le meilleur pour le Québec, car ses promesses n'ont pas plus de valeurs à mes yeux que celles qu'elle accorde à Mme Marois!

    Mme Marois, première ministre, et Mme David, députée de l'Opposition, s'affronteront donc à l'Assemblée nationale. La première possède déjà les leviers d'un pouvoir assez limité (pouvoir quand même!), compte tenu de son statut minoritaire, des finances publiques, et des positions qu'il lui faut (ou faudra) adopter au sujet de l'environnement, l'éducation supérieure, la santé, etc.

    Dans la gestion quotidienne, chaqe jour subit ses peines et ses joies : des décisions doivent être prises, parfois difficiles et rapides, d'autres fois, mûries plus à point ! C'est le rôle de la chef d'en prendre, ce qui rend cette fonction difficile, mais certainement passionnante!

    On décrie que le gouvernement actuel pencherait en faveur d'un certain néo-libéralisme. Ça ne me convainc pas !

    Mme David, dont je suis le cheminement depuis près de trente ans, semble s'être approché de son objectif principlal: prendre le pouvoir afin de réaliser ses promesses. Légitime! Pour l'instant elle se voit assujettie à une fonction de simple députée de l'Opposition, CE QUI N'EST PAS RIEN!

    Son rôle principal sera de critiquer le gouvernement ou d'apporter des idées ou des solutions. Les promesses électorales qu'elle a faites lors de la dernière campagne électorale étant irréalisables, elle devra tout au moins se contenter de manier la joute politique avec brio: Attendons-nous à ce qu'elle joue son rôle à la perfection, en bave même!

    À l'Asssemblée nationale, les deux femmes s'affronteront donc : rivalité femme/femme ou "homme"/"homme" ? Politique autrement ?

    Car, Mme David regrettant certainement de ne pas régner sur le trône de la gouvernance québécoise, risque d'y déchirer sa robe, plus d'une fois, aux frais des contribuables qui l'ont élue pour qu'elle remplisse ses promesses!

    Ça promet!

    • Patrick Boulanger - Abonné 28 janvier 2013 16 h 42

      « On décrie [sic] que le gouvernement actuel pencherait en faveur d'un certain néo-libéralisme. Ça ne me convainc pas ! (Mme Bolduc) »

      Il me semble qu'il est difficile de ne pas admettre que le PQ penche en « en faveur d'un certain néo-libéralisme » lorsqu'on sait qu'il appuie l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (voir l'article suivant : « Le PQ se range dans le camp des défenseurs du libre-échange avec l’UE »).

    • Solange Bolduc - Inscrite 28 janvier 2013 20 h 34

      Heureusement qu'il y a "un certain" :"le PQ penche en « en faveur d'un certain néo-libéralisme »

      Donc pas aussi radical qu'on pourrait le croire,selon la majorité affiliée à Qs, et puis la cerise sur le sundae: « Le PQ se range dans le camp des défenseurs du libre-échange avec l’UE »).

      Comment va faire QS pour payer les droits de scolarité, la salaire minimum (12 000/année pour tous, etc, etc...) dans le système actuel, s'il n'y a aucun profit que rentre quelque part, en attendant bien entendu, que le système actuel débarque pour le remplacer par celui que préconise QS!

      Plus illusionniste que ça, tu meurs!

    • Patrick Boulanger - Abonné 29 janvier 2013 08 h 33

      « Comment va faire QS pour payer les droits de scolarité, la salaire minimum (12 000/année pour tous, etc, etc...) dans le système actuel, s'il n'y a aucun profit que rentre quelque part, [...] (Mme Bolduc) » ?

      Dans le système actuel, il y a des profits qui rentrent Mme Bolduc !

    • Francis Lévesque - Inscrit 29 janvier 2013 20 h 29

      Vous dites suivre mme.David depuis 30 ans, mais auriez du la suivre un peu mieux. Juste en fin de semaine elle parlait d'aller chercher l'argent dans les Banques, les redevances minière, les entreprises... Comment peut-on laisser les Banques faire des profits records, l'année dernière, même en temps de crise économiques, sans que l'on se dise "hey bien, ils pourraient peut-être payer leur part eux aussi?"

      De plus, vous dites «Comment va faire QS pour payer les droits de scolarité, la salaire minimum (12 000/année pour tous, etc, etc...) dans le système actuel» la réponse est simple: en changeant le système au lieu de s'y assujettir bêtement.

      QS ne fera pas la révolution, mais c'est en aillant d'autres positions que l'on peut changer les choses. Si on se dit toujours « comment on peut avoir autre chose, si le système ne le permet pas?», c'est simple, c'est en ne voyant pas le système comme étant une force absolu, immuable.

      Est-ce qu'il faut toujours regarder les élites dirigente et se contenter des miettes qui tombe de la table? Se dire continuellement que l'on aurait pas pu avoir mieux de toute façon? On a ce que l'on mérite, et on ne mérite pas mieux.

  • Solange Bolduc - Inscrite 28 janvier 2013 11 h 08

    De l'éducation à la gratuité scolaire!

    Mme David sera bien servie en matière d'éducation puisque le gouvernement avec son ministre de l'Enseignement supérieur....rejette après études et réflexions, la gratuité scolaire, penchant plutôt du côté de l'indexation!

    Mme David s'offusque (a-t-elle raison?) parce qu'il refuserait "de garantir le réinvestissement prévu de 1,7 milliard dans le budget des universités au cours des prochaines années."

    De son côté, elle nous promettait 5 ans avant de pouvoir remplir ses promesses aux Québécois, et ça fait même pas un an que le PQ est au pouvoir, et le Sommet est encore en préparation, sans compter les études qui y sont faites, et elle voudrait que le gouvernement se prononce comme une tête folle sans avoir réfléchi aux possibilités réelles de fournir aux universités les finances dont elles ont besoin !

    Et elle clame encore la gratuité scolaire, et vous la verrez encore dans les rues de Montréal au printemps !

    Il y a de quoi s'inquiéter de telles clameurs sans queue ni tête !

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 28 janvier 2013 13 h 24

    «Redevances» Mme David?


    Il y a quelques mois, en pleine élection, les Solidaires entendaient financer leur Plan Vert grâce, entre autres, à une redevance sur la consommation de l’eau.

    Le Parti Solidaire affirmait même qu’en taxant plus d’entreprises, il pourrait chercher 1 milliard 500 millions de revenus. L’Épreuve des faits de Radio-Canada a clairement démontré qu’en taxant les grands utilisateurs d’eau du Québec, QS taxerait 70 fois plus que l’ex gouvernement libéral et 1250 fois plus que l’Ontario.

    En reconnaissant que la mesure des Solidaires aurait certainement une incidence sur les prix à la consommation (pour les producteurs de jus de fruits ou de bière, entre autres), QS n’avait d’autre réponse à donner que «cette hausse serait compensée par un minimum garanti de 12 000$ par année pour tous les Québécois»!!!

    Voilà un exemple frappant d’irresponsabilité économico-politique encouragé par d’incohérents Solidaires.

    • Solange Bolduc - Inscrite 28 janvier 2013 14 h 48

      Bel exemple, encore une fois, de la clarté des nombres des Solidaires! Et la seule réponse : "«cette hausse serait compensée par un minimum garanti de 12 000$ par année pour tous les Québécois»!!!"

      Vous m'en direz tant! On prend vraiment les Québécois pour de véritables imbéciles!

      Promesses, promesses: "L'homme qui est apte à promettre est apte à oublier" (Proverbe anglais)

      En voulez-vous un autre ?: "Nous promettons selon nos espérances et nous tenons selon nos craintes." (La Rochefoucauld)

      Le (ou la) téméraire ne connaît pas la crainte, mais seulement quand la réalité nous le (la) rattrape (de moi!)

    • Patrick Boulanger - Abonné 28 janvier 2013 15 h 13

      « Voilà un exemple frappant d’irresponsabilité économico-politique encouragé par d’incohérents Solidaires. » ?

      Je ne connais pas la question M. Guimont, mais j'imagine que le prix de l'eau est une considération parmi tant d'autres pour les compagnies consommatrices d'eau lorsqu'elles décident de s'installer dans un pays ou une province camadienne. Avec les informations que vous nous présentez dans votre commentaire, il me semble qu'on ne peux pas conclure que nous sommes ici en présence d'un « [...] exemple frappant d’irresponsabilité économico-politique [...] ».

  • Simon White - Inscrit 28 janvier 2013 14 h 21

    Ce sont les étudiants ...

    Oui, Mme David a bien raison ... Se sont les étudiants qui offert le pouvoir à Mme Marois et au PQ en Septembre ...

    Absolument, sortons carrés rouges et casseroles ...