Marois revient de Davos optimiste

Pauline Marois estime que sa participation au sommet économique de Davos, en Suisse, a été un franc succès.
Photo: Agence France-Presse (photo) Johannes Eisele Pauline Marois estime que sa participation au sommet économique de Davos, en Suisse, a été un franc succès.

Arrivée samedi à Londres, avant de se rendre en Écosse, la première ministre Pauline Marois a estimé que sa participation au sommet économique de Davos, en Suisse, avait été un franc succès. Après avoir rencontré une douzaine de dirigeants de grandes entreprises, la première ministre dit revenir avec l’assurance que, dès que la situation économique le permettra et malgré la suspension de projets comme celui de Pétrolia en Gaspésie, l’investissement reprendra de plus belle au Québec.

« Nous avions à l’égard de certaines entreprises des inquiétudes quant à la fragilité de leurs investissements et la volonté de continuer à travailler avec le Québec, dit-elle. Or, dans tous les cas, les entreprises sont non seulement intéressées à consolider leurs investissements, mais elles sont intéressées à continuer à investir au Québec. »


Sans donner de chiffres, la première ministre se félicite notamment de la conclusion d’une entente de principe entre le géant de l’aéronautique Boeing et l’entreprise québécoise de Dollard-des-Ormeaux RSW RER. Cette dernière fabriquera au Québec des équipements destinés à l’exportation servant à l’assemblage de turbines produisant de l’électricité au fil de l’eau. L’opération sera aidée par Québec, a laissé entendre Pauline Marois. Il s’agit, dit-elle, d’un « très gros projet […] qui va amener des investissements importants au Québec ».


Le Canada en fait-il assez au Mali ?


Pauline Marois a aussi été interrogée sur le caractère très modeste de l’engagement canadien au Mali, qui se limite pour l’instant au prêt d’un avion-cargo pendant trois semaines. « Je suis très consciente de ça, dit-elle. Vous savez que j’en ai parlé lorsque j’ai rencontré le président de l’Union africaine [Thomas Boni Yayi] […]. J’ai souhaité que la communauté internationale s’implique davantage et […] je crois que le Canada a les moyens […] de participer. »


En octobre dernier, au sommet de la Francophonie tenu à Kinshasa, Pauline Marois avait dénoncé le désengagement du Canada en Afrique et affirmé que l’Afrique francophone, dont fait partie le Mali, était sa priorité. Refusant de qualifier l’attitude canadienne de « pingre », elle se contente d’affirmer : « C’est à lui de prendre sa décision, je ne peux le faire à sa place. Moi, je souhaite cependant que ce conflit puisse se régler, et nous constatons que ce n’est pas nécessairement très facile. »


La première ministre a fait plusieurs rencontres politiques à Davos avec, notamment, le nouveau secrétaire aux Finances du Mexique, Luis Videgaray Caso, le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, le ministre français de l’Économie, Pierre Moscovici, et la ministre-présidente du land allemand de Rhénanie-du-Nord -Westphalie, Hannelore Kraft. Pauline Marois souhaite établir avec cette région de 18 millions d’habitants des relations suivies comme le Québec en a depuis longtemps avec la Bavière.


Direction Écosse


La rencontre la plus attendue de ce voyage se déroulera mardi à Édimbourg avec le premier ministre indépendantiste Alex Salmond. À l’automne 2014, l’Écosse tiendra un référendum sur son indépendance. La première ministre précise qu’elle va « parler bien sûr des projets politiques que l’Écosse a et que nous avons aussi. Mais il y a beaucoup d’autres sujets à l’ordre du jour avec l’Écosse, dont aussi des aspects économiques et culturels ». Pauline Marois se défend de « vouloir influencer » qui que ce soit lors de ce référendum.


Mais, « il est intéressant de constater qu’ici, on n’a pas peur du référendum », ajoute-t-elle. En effet, le premier ministre britannique David Cameron vient lui aussi d’annoncer la tenue d’un autre référendum (en 2017) portant celui-là sur le rapatriement au Royaume uni de compétences actuellement détenues par l’Union européenne. Ici, dit-elle, « on pense que c’est [le référendum] un outil démocratique absolument utile ». Malgré les hésitations actuelles du Royaume-Uni face à l’Union européenne, Pauline Marois dit qu’elle n’hésiterait pas un instant à reprendre la formule de son prédécesseur Bernard Landry qui avait l’habitude de dire à Ottawa : « Donnez-nous l’Union européenne ! »


La première ministre s’est aussi montrée intéressée par le fait que le vote lors du référendum écossais serait autorisé dès l’âge de 16 ans. Le Parti québécois avait déclenché une polémique lorsque son Conseil général avait adopté en janvier 2012 une résolution semblable concernant cependant toutes les formes de scrutins. Pauline Marois n’exclut pas d’en faire la proposition dans un prochain mandat. « Mais ce n’est pas une mesure qui a été retenue dans notre programme de gouvernement », précise-t-elle.

1 commentaire
  • Dominic Lamontagne - Inscrit 28 janvier 2013 12 h 49

    Juste des Québécois

    Pauline aurait pu faire le même discours ici car dans la salle, il n'y avait que des Québécois....