Pauline Marois rassure les investisseurs à Davos

«Je ne peux pas vous donner de chiffres […], dit-elle. Je pourrai cependant le faire dans les semaines qui viennent. Nous avions à l’égard de certaines entreprises des inquiétudes quant à la fragilité de leurs investissements et la volonté de continuer à travailler avec le Québec. Or, dans tous les cas, les entreprises sont non seulement intéressées à consolider leurs investissements, mais elles sont intéressées à continuer  à investir au Québec.»

La première ministre se félicite notamment de la conclusion d’une entente de principe entre le géant de l’aéronautique Boeing et l’entreprise québécoise de Dollard-des-Ormeaux RSW RER. Cette dernière fabriquera au Québec des équipements destinées à l’exportation et servant à l’assemblage de turbines qui produisent de l’électricité au fil de l’eau. «Dans les semaines qui viennent, j’aurai l’occasion de faire état exactement de cette entente de principe et de la contribution qu’apporte le gouvernement», dit Pauline Marois. La première ministre parle d’un «très gros projet d’investissements […] qui va amener des investissements importants au Québec». Parmi les entreprises dont les dirigeants ont aussi été rencontrés à Davos, citons Ubisoft, Volvo et Ericsson.

Le Canada au Mali

Pauline Marois a aussi été interrogée sur le caractère très modeste de l’engagement canadien au Mali, qui se limite pour l’instant au prêt d’un avion-cargo pendant trois semaines. «Je suis très consciente de ça, dit-elle. Vous savez que j’en ai appelé lorsque j’ai rencontré le président de l’Union africaine [Thomas Boni Yayi] […]. J’ai souhaité que la communauté internationale s’implique davantage et […] je crois que le Canada a les moyens […] de participer.»

En octobre dernier, au sommet de la Francophonie tenu à Kinshasa, Pauline Marois avait dénoncé le désengagement du Canada en Afrique et affirmé que l’Afrique francophone, dont fait partie le Mali, était sa priorité. Refusant de qualifier l’attitude canadienne de «pingre», elle se contente d’affirmer : «C’est à lui de prendre sa décision, je ne peux le faire à sa place. Moi je souhaite cependant que ce conflit puisse se régler et nous constatons que ce n’est pas nécessairement très facile.»

La première ministre a fait plusieurs rencontres politiques à Davos avec, notamment, le nouveau secrétaire aux Finances du Mexique, Luis Videgaray Caso, le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, le ministre français de l’Économie, Pierre Moscovici, et la ministre-présidente du land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie, Hannelore Kraft. Pauline Marois souhaite établir avec cette région de 18 millions d’habitants des relations suivies comme le Québec en a depuis longtemps avec la Bavière. Le Québec entend aussi nouer des liens «directs» avec le Secrétariat de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques dont Pauline Marois a rencontré la secrétaire exécutive, Christina Figures. La première ministre est aussi intervenue dans deux ateliers portant sur le développement responsables des mines et l’égalité entre hommes et femmes dans les entreprises.

Mardi en Écosse

Concernant son voyage qui se poursuit lundi à Londres, elle estime qu’il s’agira d’une «première rencontre avec les milieux économiques britannique». Mais, la rencontre la plus attendue est celle du lendemain à Édimbourg avec le premier ministre indépendantiste Alex Salmond. À l’automne 2014, l’Écosse tiendra un référendum sur son indépendance. La première ministre précise qu’elle va «parler bien sur des projets politiques que l’Écosse a et que nous avons aussi. Mais il y a beaucoup d’autres sujets à l’ordre du jour avec l’Écosse, dont aussi des aspects économiques et culturels».

Pauline Marois se défend de «vouloir influencer» qui que ce soit lors de ce référendum. Comme d’ailleurs, dit-elle en souriant, lors de celui qu’a récemment annoncé le premier ministre britannique David Cameron en 2017 pour rapatrier des compétences de l’Union européenne.

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