Pour le démantèlement accéléré du complexe nucléaire Gentilly

La commission parlementaire sur les impacts du déclassement de Gentilly-2 se tient la semaine prochaine.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La commission parlementaire sur les impacts du déclassement de Gentilly-2 se tient la semaine prochaine.

Québec — Les groupes écologistes somment Québec d’aller chercher au fédéral les montants déjà prévus pour le déclassement de Gentilly-1, qui est en dormance depuis 35 ans, afin de procéder dès maintenant au démantèlement du complexe nucléaire de Gentilly.


« Le gouvernement du Québec doit, dès maintenant, commencer à négocier avec le gouvernement fédéral en lui rappelant qu’il a l’obligation de l’aider pour le démantèlement », a soutenu Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, au cours d’un point de presse commun avec une dizaine de groupes environnementaux jeudi.


L’argent existe, précise-t-il, et il se trouve dans le Programme des responsabilités nucléaires héritées (PRNH), qui vise la restauration environnementale des sites nucléaires du gouvernement du Canada. « Le gouvernement fédéral a déjà reconnu, à travers ce programme, qu’il avait la responsabilité de démanteler Gentilly-1, mais il dépense tout l’argent en Ontario », déplore l’environnementaliste de longue date.

 

Sept milliards


Le programme fédéral prévoit d’assumer ses responsabilités nucléaires sur une période de 70 ans, pour un coût estimé à 7 milliards de dollars. Les laboratoires de Chalk River, en Ontario, représentent 70 % des responsabilités fédérales. Un autre 20 % est attribué à deux projets au Manitoba. Le réacteur de Gentilly-1, à Bécancour, partage le 10 % restant avec deux autres projets ontariens.


Les groupes environnementaux estiment donc que Québec pourrait aller chercher un minimum de 200 millions de dollars pour la centrale Gentilly-1, un prototype qui n’aura été en activité que 180 jours dans les années 1970.


Les groupes écologistes proposent un plan de démantèlement complet du complexe Gentilly sur 20 ans, plutôt que sur un demi-siècle, comme cela était prévu dans le scénario présenté par d’Hydro-Québec en octobre dernier.


La Commission canadienne de sûreté nucléaire recommande de procéder à un démantèlement sur un horizon de 50 ans. Mais, selon les groupes écologistes, il est possible de le faire beaucoup plus rapidement, citant comme exemple la France qui y met à peine dix ans.

 

Chantier d’une génération


La feuille de route des groupes écologistes prévoit de débuter par le démantèlement de Gentilly-1, moins radioactive, ce qui permettra aux travailleurs locaux de développer une expertise en démantèlement sur ce « chantier-école » avant de s’attaquer à Gentilly-2.


Parlant du « chantier d’une génération », les groupes écologistes mettent Québec en garde contre la tentation de laisser la centrale en dormance pendant des décennies.


« Le plan de mettre le réacteur en dormance pendant 40 ans, ça semble une bonne idée si on continue l’aventure nucléaire et qu’on maintient les équipes d’experts en nucléaire, affirme Gordon Edwards. Mais dans 40 ans, peut-être que nous n’aurons plus, au Québec, cette expertise en nucléaire. »


Christian Simard, de Nature Québec, dit avoir rencontré la ministre des ressources naturelles, Martine Ouellet, qui a fait preuve d’une « certaine ouverture ». Et bien que la majorité des groupes écologistes se soient fait refuser l’accès à la commission parlementaire sur les impacts du déclassement de Gentilly-2, qui se tiendra la semaine prochaine, il garde espoir que leur point de vue sera entendu.


La ministre Martine Ouellet n’était pas disponible jeudi pour commenter le dossier.

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