Marois ira en Écosse après Davos

Pauline Marois
Photo: - Le Devoir Pauline Marois

Le ministre, qui entretient depuis longtemps des liens avec les souverainistes écossais, dit que la volonté du Québec a été « clairement manifestée » en ce sens. Parmi les domaines de coopération, il cite les énergies renouvelables (le pays est un leader dans le domaine des éoliennes), les techniques liées aux changements climatiques et la culture. De nombreux artistes québécois, comme Robert Lepage, ont depuis longtemps triomphé au célèbre Festival international d’Édimbourg.


Alexandre Cloutier ne cache pas que l’intérêt du gouvernement québécois est directement lié au fait qu’après avoir élu un gouvernement indépendantiste majoritaire, l’Écosse tiendra à l’automne 2014 un référendum sur son indépendance. « C’est un mouvement souverainiste qui s’inscrit dans le respect des droits de la personne. C’est évident que c’est un modèle intéressant. […] Ils souhaitent eux aussi être maîtres d’oeuvre de leur destinée. »


Depuis quelques années, le Parti québécois a noué des liens officiels avec le Scottish National Party (SNP). Alexandre Cloutier a notamment assisté au congrès du SNP en 2009. « Il y a aussi là-bas une volonté de se donner un pays, et ça nous fait plaisir d’échanger », précise-t-il.


Pas question pour autant « de se coller sur ce qui se passe en Écosse ou en Catalogne [qui tiendra aussi un référendum en 2014]. Ça va de soi, précise le ministre. En bout de course, ce ne sont pas les Québécois qui vont décider pour les Écossais. Ni les Écossais pour les Québécois. » Le 12 décembre dernier, Alexandre Cloutier a aussi rencontré à Montréal le secrétaire d’État britannique responsable des Affaires écossaises, Michaël Moore. « On a eu une conversation franche », dit-il. Le ministre n’aurait pas exprimé « d’inquiétudes particulières » concernant la visite de Pauline Marois en Écosse.


La veille de sa visite à Édimbourg, la première ministre prononcera un discours à Londres, à la Chambre de commerce Canada -Royaume-Uni. Elle ne rencontrera aucun ministre du gouvernement de David Cameron, seulement le sous-secrétaire d’État parlementaire Alistair Burt. Lors de ses visites à Londres, Jean Charest non plus n’avait pas toujours droit à un ministre.


Venant de Davos, Pauline Marois atterrira samedi dans un pays, le Royaume-Uni, dont le premier ministre vient d’annoncer qu’il tiendra lui aussi un référendum, mais celui-là se tiendra en 2017 pour rapatrier des compétences de l’Union européenne.

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