Commission Charbonneau - Duchesneau regrette d’avoir conseillé Martin Dumont

L’ancien organisateur du parti Union Montréal, Martin Dumont
Photo: - Le Devoir L’ancien organisateur du parti Union Montréal, Martin Dumont

« C’est bien évident que, si une même situation se représentait, je me garderais une petite gêne ou j’inviterais un avocat à faire ça à ma place », a avoué le député caquiste Jacques Duchesneau lors d’un entretien téléphonique au Devoir mercredi.


Il n’estime pourtant pas avoir commis d’erreur de jugement au moment des faits, parlant même d’une « tempête dans un verre d’eau ».


« Je pense que j’étais un adulte vacciné qui savait ce qu’il faisait et je pense qu’il n’y avait pas de conséquences néfastes à aider quelqu’un de désemparé. »


Martin Dumont l’a appelé la veille de son témoignage, le 28 octobre, pour lui demander conseil, car il était très stressé. Le député lui a alors suggéré d’aller manger ensemble pour démystifier les rouages d’un interrogatoire. « C’était une rencontre cordiale, amicale, mais pas faite dans l’intention de lui mettre des réponses dans la bouche, ce n’était pas ça du tout. » Il ne lui aurait donné que de grandes recommandations, dont celle de dire la vérité, comme il l’a fait avec plusieurs témoins dans le passé.


Depuis, les deux hommes se sont parlé « très brièvement » à deux reprises pour discuter de l’état de santé de Martin Dumont, lorsque celui-ci a été hospitalisé en décembre.


« Foncièrement honnête »


En entrevue au Devoir le mois dernier, le député de Saint-Jérôme affirmait que Martin Dumont était un « gars foncièrement honnête » et qu’il le croyait encore, n’ayant « pas de raison de croire le contraire » malgré les doutes qui commençaient à circuler autour de son témoignage. Un mois plus tard, Jacques Duchesneau refuse de commenter le dossier toujours en cours, laissant à la commissaire Charbonneau le soin de trancher si le témoin a dit la vérité ou non.


Lisée se défend


Le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, s’est à nouveau défendu, mercredi, d’avoir poussé l’ex-maire Gérald Tremblay à démissionner en novembre dernier, à la suite du témoignage de Martin Dumont. « J’avais été très clair que je lui donnais le bénéfice du doute. Sa sincérité et son intégrité, dans mon esprit, ne sont pas en cause. Le problème qu’il avait, c’est qu’il n’avait plus le capital de crédibilité nécessaire pour gérer la Ville et on l’invitait à réfléchir à ça », a-t-il soutenu lors d’une conférence de presse portant sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD).


« Il a pris la bonne décision, a-t-il toutefois enchaîné. Le conseil municipal a désigné un nouveau maire, un gouvernement de coalition. Je pense qu’on est mieux équipés maintenant pour amener la ville jusqu’à l’élection de novembre 2013. »


De son côté, le maire Applebaum a reproché à la commission Charbonneau son manque de rigueur. « C’est clair qu’il [Martin Dumont] a menti dans certains aspects de son témoignage, mais mon objectif, c’est de travailler en collaboration avec tous les élus », a-t-il dit.


Joint par téléphone par Le Devoir, Gérald Tremblay s’est refusé à tout commentaire. Selon Alan DeSousa, un élu demeuré fidèle à Union Montréal, l’ancien maire n’aurait toujours pas reçu d’invitation à témoigner devant la commission Charbonneau.


Alan DeSousa juge sévèrement la commission Charbonneau. « L’objectif de cette commission était de faire ressortir la vérité. Mais ce qu’on voit n’est pas près du tout de la vérité. […] Les témoins étaient mal choisis, les témoignages étaient mal préparés. Il n’y a pas eu de validation. Le résultat, c’est qu’il y a eu des dommages collatéraux significatifs », a-t-il expliqué.


Selon lui, le comportement de M. Dumont ne doit pas rester impuni. M. DeSousa reproche d’ailleurs à M. Dumont de s’être comporté comme une vedette du rock dans les médias, notamment à l’émission Tout le monde en parle.

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