Qui sont les nouveaux élus? - Un ministre au service des régions

Au fil de sa carrière, Gaétan Lelièvre a été successivement directeur de la Ville de Gaspé, directeur du centre local de développement et de la MRC de la Côte-de-Gaspé, en plus de siéger à des dizaines de conseil d’administration et autres regroupements locaux.
Photo: Clément Allard - Le Devoir Au fil de sa carrière, Gaétan Lelièvre a été successivement directeur de la Ville de Gaspé, directeur du centre local de développement et de la MRC de la Côte-de-Gaspé, en plus de siéger à des dizaines de conseil d’administration et autres regroupements locaux.

Comme plusieurs députés, Gaétan Lelièvre a connu une première session parlementaire fort chargée en surprises et en émotions. Mais son « plus grand choc » fut sans doute d’atterrir, comme ministre délégué aux Régions, dans un cabinet complètement désert, sans personnel ni ordinateurs. Seul au milieu de bureaux et de classeurs vides.


« Les gens ne savent pas cela, mais c’est comme si vous étiez engagé, demain matin, comme directeur général d’une ville et qu’on vous disait : Bravo ! Voici ton hôtel de ville, mais il n’y a pas un téléphone, pas de papier, pas de cartes d’affaires, rien, pas de personnel. Bravo, vas-y, go ! »


Assis dans son bureau de Québec, à un jet de pierre de l’hôtel de ville, Gaétan Lelièvre rigole en se remémorant son désarroi initial lorsqu’il s’est retrouvé, au retour de son premier Conseil des ministres, devant 17 bureaux vides.


« J’étais tout seul ici. Les 24 classeurs, c’est vrai qu’ils étaient vides, je les ai tous ouverts pour en être certain ! Il n’y avait pas un téléphone, pas un ordinateur qui fonctionnait. Ça a pris une dizaine de jours avant d’avoir un attaché politique qui m’a été prêté pour me donner un coup de main. »


Il lui a encore fallu plus d’un mois pour avoir du personnel et plusieurs semaines pour réussir à équiper celui-ci correctement. Au moment de l’entrevue, à deux semaines de Noël, Gaétan Lelièvre affirmait commencer à peine à se sentir à l’aise. « Ça fait peut-être trois semaines qu’on sent qu’on a une équipe fonctionnelle. »


Il avoue que l’automne a été une « période difficile » en matière d’adaptation personnelle. « On est des humains. On ne vient pas au monde député ou ministre […] On a beau être préparés de différentes façons, il faut apprendre. Il faut avoir assez d’humilité pour dire qu’il faut se donner du temps pour apprivoiser cette nouvelle fonction-là. »


Ce n’est pas facile tous les jours, mais Gaétan Lelièvre n’en demeure pas moins emballé par ses nouveaux projets au sein du gouvernement et du Conseil des ministres. « Plusieurs MRC, CLD [centres locaux de développement] ou organisations régionales vont m’interpeller sur différents dossiers, que ce soit sur le plan de l’éducation, de la santé ou du développement […] Je n’ai pas l’odieux de refuser ou d’accepter ; je rencontre les gens, je les écoute, je leur donne des conseils quand je peux et puis, souvent, je vais faire le pont avec un autre ministère. C’est un peu un rôle de coordination pour l’ensemble des régions. »

 

Coffre à outils


Au fil de sa carrière, Gaétan Lelièvre a été successivement directeur de la Ville de Gaspé, directeur du centre local de développement et de la MRC de la Côte-de-Gaspé, en plus de siéger à des dizaines de conseil d’administration et autres regroupements locaux.


Il se plaisait dans ce rôle de « gars de développement régional » et s’était bâti un solide réseau de contacts. Mais la politique l’appelait depuis longtemps. « Au lieu d’être toujours en attente face au gouvernement, je voulais rejoindre l’équipe du gouvernement du Québec pour tenter d’aider davantage ma région […] Ma motivation, c’est vraiment de travailler avec l’ensemble des régions du Québec. »


Il était en discussion avec des gens du parti depuis février 2012, mais la décision ne s’est prise qu’après avoir obtenu la certitude qu’il aurait son « coffre à outils » pour tenter d’obtenir des résultats à la hauteur de ses attentes.


« Quand Mme Marois, au printemps, a réitéré sa volonté de mettre en place un comité ministériel sur le développement économique de la Gaspésie [et qu’elle a annoncé] qu’elle assurerait la présidence, et bien ça, pour moi, c’était le coffre à outils dont j’avais besoin. Avec ça, j’ai dit oui, ça vaut la peine de quitter la région et d’aller à Québec. »


Il avoue être « quelqu’un qui dérange un peu ». Jeune, déjà, il était du genre à prendre les choses en main et à tout remettre en question. « J’étais le petit mouton noir. On me l’a déjà dit. J’ai de la misère avec ce qui est fixe. » Au sein d’une machine aussi lourde qu’un gouvernement, il avoue que cela représente « un défi » pour lui. « La lourdeur, la lenteur, la complexité, c’est toute une dimension nouvelle à apprivoiser. »

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