Québec refuse de garantir 1,7 milliard aux universités

Pauline Marois avait convoqué les médias quelques heures avant son départ pour le Forum économique mondial.
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard Pauline Marois avait convoqué les médias quelques heures avant son départ pour le Forum économique mondial.

Québec — La première ministre Pauline Marois a refusé mardi de garantir le réinvestissement prévu de 1,7 milliard de dollars dans le budget des universités au cours des prochaines années.

Prudente, elle a dit que cela demeurait son objectif, mais qu’il était impossible d’affirmer avec certitude à ce moment-ci que les sommes promises seront disponibles en temps et lieu.


Plus tôt, l’opposition libérale était revenue à la charge pour réclamer du gouvernement qu’il précise ses intentions quant au réinvestissement dans les universités.


Tout dépendra de la croissance de l’économie et de la croissance des revenus dans les coffres de l’État, a fait valoir Mme Marois, en rappelant que le rattrapage prévu était à compter de 2014-2015, soit après le retour à l’équilibre budgétaire.


La première ministre avait convoqué les médias quelques heures avant son départ pour Davos, en Suisse, où elle participera au Forum économique mondial, avant de poursuivre sa mission à Londres et Édimbourg. « Quand on fait des prévisions sur six, sept, huit ans, on présume d’une conjoncture qui va être relativement favorable », a expliqué Mme Marois, en s’empressant d’ajouter que, « si jamais ce n’était pas au rendez-vous, on ne peut pas dire aux gens : oui, on va investir 1,7 milliard, peu importe que l’économie aille bien ou mal et peu importe qu’on ait de sérieux problèmes ailleurs ».


Avant même la tenue du sommet sur le financement des universités, à Montréal en février, Mme Marois a annoncé que Québec allait modifier sa méthode de calcul du financement des universités, actuellement basée sur le nombre d’inscriptions, en faisant valoir que cela faisait déjà partie des consensus qui émergent du processus en cours de consultation du milieu de l’éducation, en prévision du sommet de février.

 

L’heure juste


Selon l’opposition libérale, le gouvernement ne donne pas l’heure juste sur ce qu’il entend faire pour combler les besoins de financement des universités dans les années à venir. Elle craint que des compressions récurrentes dans les budgets des universités viennent en quelque sorte annuler l’impact du réinvestissement annoncé.


Mme Marois a tenté de se montrer rassurante pour les recteurs d’université, disant qu’elle leur demandait un « un effort temporaire » sur le plan budgétaire.


À court terme, en 2012-2013, le gouvernement a annoncé des coupes de l’ordre de 124 millions aux universités, une nouvelle qui n’a pas réjoui les recteurs, persuadés que les établissements qu’ils dirigent sont déjà sous-financés de façon chronique depuis des années. La décision du gouvernement d’annuler les hausses des droits de scolarité annoncées par le gouvernement précédent n’a rien fait pour les rassurer.


Le chef de l’opposition libérale, Jean-Marc Fournier, se demande si les compressions budgétaires annoncées pour l’année en cours seront récurrentes. « Si les compressions sont récurrentes, l’ajout de 1,7 milliard se réduit comme une peau de chagrin à seulement 814 millions », a-t-il calculé lors d’un point de presse, en marge d’une réunion du caucus de députés libéraux.


La révision du mode de financement des universités permettra de « corriger certaines iniquités » entre certaines d’entre elles, a fait valoir Mme Marois. « Mais encore faut-il savoir quelle est l’enveloppe » disponible avant de déterminer comment la répartir, a commenté de son côté M. Fournier.

10 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 23 janvier 2013 08 h 24

    Est-ce vraiment un refus?

    Après avoir lu l'article qui précède, j'ai cru comprendre que madame Marois n'a pas refusé de garantir le versement de 1,7 milliards de dollars aux universités mais que, dans l'état actuel des choses, elle n'était pas en mesure de le garantir.

    Si les mots ont un sens, reconnaître de ne pas être en mesure de garantir le versement d'un certain montant, ce n'est pas refuser de le garantir.

    Il faut quand même reconnaître que parler de refus laisse entendre que madame Marois ne voudrait pas garantir le versement de cet argent parce que, très possiblement, elle ne serait pas disposée à le faire.

    Il semblerait qu'au contraire elle le serait disposée à le faire mais que, comme elle ne se sent pas en mesure de le garantir,elle préfère le reconnaître explicitement pour éviter de faire de fausses promesses.

    Il est très important de bien choisir les titres à donner aux articles. Il me semble qu'il faille éviter de fausser le sens à donner à l'information qui suit.

    • Louka Paradis - Inscrit 23 janvier 2013 14 h 59

      Tout à fait d'accord avec vous : le poids des mots a une grande importance. Il s'agit ici de transparence et d'honnêteté intellectuelle. Merci de le préciser.
      Louka Paradis, Gatineau

  • Marc Collin - Inscrit 23 janvier 2013 08 h 27

    une nouvelle taxe?

    pourquoi une nouvelle taxe de 1% sur l'alcool et les cigarettes pour financé le tout?

    • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandière - Inscrit 23 janvier 2013 16 h 19

      oui, vous avez raison.... Augmenter les frais de scolarité pourrait être aussi une très bonne idée.... ça permettrait d'avancer un peu, plutot que d'attendre que l'Etat fasse tout...

    • Lydia Anfossi - Abonnée 26 janvier 2013 08 h 50

      Fournir l'éducation aux citoyens et citoyennes, n,est-ce pas, avec la santé, ce pourquoi on paye des impôts? L'État ne fait pas tout mais cela il doit le faire.

  • Pierre Marcotte - Inscrit 23 janvier 2013 08 h 39

    Le PLQ n'a pas de leçons à donner

    Le PLQ n'a jamais eu l'intention de donner un sou aux universités; il voulait que le secteur privé investisse dans les écoles supérieures comme il le fait en bourse. De voir Jean-Marc Fournier déplorer que l'injection de fonds publics n'est pas garanti avant 2014 est le comble du l'hypocrisie et de la petite politicaillerie.

    Bon débarras, les libéraux.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 24 janvier 2013 04 h 17

      Bon débarras bon débarras, c'est pas fait comme il faut encore. Ils ont pas compris, ils se pensent en sursis temporaire, une petite vacance, un 'tit repos.

      Mme Marois, donnez leur donc un pourcentage, ça va réglé le problème. Ex. 1% de zéro de croissance de l’économie ça fait... 1% de promis !

  • Donald Bordeleau - Abonné 24 janvier 2013 23 h 45

    Les paroles s'envolent et les écrits restent.

    Monsieur Charest avait dit au mois de mai qu'il ferait un sommet sur l'éducation, et qu'il serait la pour le diriger. Mais cela n'était que des paroles.

  • Marie-France Legault - Inscrit 25 janvier 2013 09 h 50

    Les étudiants se sont faits....

    Le P.Q. est champion dans l'emploi des mots...ainsi il n'y aura pas d'augmentation des frais de scolarité, mais INDEXATION...ce qui équivaut à la même chose...

    J'ai de la difficulté à croire que tous les étudiants
    sont des naïfs, des crédules et qu'ils ne voient rien...

    Les casseroles vont se mettre à faire du bruit bientôt...ce n'est qu'un répit, une pause-café...regardons bien ...on verra comme disait l'autre...

    • Lydia Anfossi - Abonnée 26 janvier 2013 08 h 52

      L'indexation à condition que les salaires de tous le soient aussi et que les entreprises paient de l'impôt avec indexation.