Gentilly-2: les écologistes veulent se faire entendre

La Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles a le mandat d’étudier les impacts reliés au déclassement de la centrale Gentilly 2 pour les secteurs du Centre-du-Québec et de la Mauricie.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles a le mandat d’étudier les impacts reliés au déclassement de la centrale Gentilly 2 pour les secteurs du Centre-du-Québec et de la Mauricie.

Québec — Des groupes écologistes dénoncent le déséquilibre des points de vue qui seront présentés lors des consultations particulières sur Gentilly-2 la semaine prochaine. Ces derniers demandent à être entendus à leur tour, ce qui leur a été refusé par les parlementaires. Mais d’autres intervenants, qui défendent les intérêts économiques des travailleurs, se sont pourtant ajoutés à la liste.

« Il semble que l’on ne veuille pas entendre ceux qui souhaitent la fermeture et que l’on fasse toute la place à ceux qui s’y opposent », se désole André Bélisle, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).


C’est à la demande des groupes régionaux, qui s’opposaient à la fermeture de Gentilly-2, que le gouvernement, après maintes tergiversations, a confié à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles le mandat d’étudier les impacts reliés au déclassement de la centrale ainsi que le plan de diversification économique pour les secteurs du Centre-du-Québec et de la Mauricie.

 

Une liste « négociée »


La liste des intervenants a été déterminée à l’avance et, selon une source au bureau du leader du gouvernement, cette liste a été « négociée » avec des représentants des deux chambres de commerce des régions concernées.


Hydro-Québec a été invitée à participer, de même que les Villes de Bécancour et de Trois-Rivières, les chambres de commerce, les syndicats et d’autres acteurs économiques. À cette liste s’ajoute le mouvement Sortons le Québec du nucléaire (MSQN).


Mais pour les groupes écologistes, dont Greenpeace, Équiterre, la fondation Suzuki, l’AQLPA et Nature Québec, la présence du MSQN n’est pas suffisante pour défendre « l’impact positif du déclassement et le potentiel de reconversion économique dans une perspective de développement durable ». Ils ont donc envoyé une lettre au secrétariat de la commission dans laquelle ils font part de leurs inquiétudes concernant le « déséquilibre entre la représentation des secteurs politique et économique avec le secteur environnemental ».


La réponse n’a pas mis de temps à arriver : « l’horaire des auditions est complet ». La secrétaire de la Commission, Valérie Roy, confirme avoir reçu « une dizaine » de demandes d’ajout à la liste. Sur le lot, trois ont été acceptées, l’une provenant de la jeune chambre de commerce de la Mauricie et les deux autres de groupes de syndicats des travailleurs d’Hydro-Québec.


Au bureau du leader du gouvernement, une source soutient que ces espaces avaient été réservés par les chambres de commerce qui voulaient ajouter des intervenants en cours de route. Jamais, nous informe-t-on, il n’a été question d’équilibrer les points de vue, puisque le but avoué de ces auditions était de faire plaisir aux acteurs régionaux qui souhaitaient se faire entendre, ce qu’ils pourront faire les 29 et 30 janvier prochains.

2 commentaires
  • J-Paul Thivierge - Abonné 23 janvier 2013 13 h 03

    Espérons que la démagogie alarmiste sera prohibée

    Comme on sait que l'inclusion aux couts de production de l'ensemble des frais sur 1 siècle risque de confirmer que l'électricité inutile de G2 devrait se vendre à plus de 25 ¢ du KWh pour être profitable.

    Ce que les démagogues refusent d'admettre c'est qu'H-Q doit internaliser aux couts de réfection, les coûts de production pendant 25 ans plus ensuite les couts de déclassement , de dormance, de refroidissement, de stockage sécuritaire des combustibles et matériaux irradiés pour des millénaires.
    Ainsi ce serait une subvention directe de 2 M$ par jour pendant 25 ans pour garder artificiellement en vie une technologie en fin de vie technologique.
    Le mieux qui peut être fait c'est de développer les techniques de déclassement pour ensuite offrir et vendre cette expertise partout où c'est requis.

  • Georges Washington - Inscrit 23 janvier 2013 13 h 34

    La commission porte sur l'impact du déclassement sur l'économie de la région et sur la diversification. Que viennent faire là-dedans les écolos?