Québec décide de serrer la vis aux récidivistes de l'alcool au volant

Québec — Le gouvernement Marois se dit fermement déterminé à serrer la vis aux récidivistes de l'alcool au volant. «Il faut utiliser tous les moyens qui sont à notre disposition», a dit en conférence de presse, mercredi, le ministre de la Justice et procureur général, Bertrand St-Arnaud, qui ne cache pas sa volonté de «neutraliser» ces conducteurs impénitents. Aucune piste de solution ne sera exclue d'emblée, a-t-il dit.

Par exemple, dorénavant, le véhicule du fautif sera confisqué dans tous les cas et retiré définitivement au contrevenant, s'il s'agit d'une troisième infraction ou davantage. Cette sanction peut déjà être appliquée, a-t-il dit, mais elle ne l'est pas assez souvent.

Un récidiviste pourrait aussi être qualifié de «délinquant dangereux», selon le voeu du ministre St-Arnaud, qui demande à Ottawa d'examiner ce scénario et d'amender le Code criminel en ce sens. Cela permettrait de mieux contrôler pendant une dizaine d'années ceux qui ont tendance à prendre la route après avoir pris un coup de trop.

Le ministre St-Arnaud a dit que l'alcool au volant était devenu un fléau social auquel son gouvernement était bien déterminé à s'attaquer, en agissant sur plusieurs fronts en même temps.

Dans un premier temps, M. St-Arnaud choisit d'accentuer la pression sur les procureurs, qui auront droit à une directive les exhortant à faire preuve de davantage de sévérité à toutes les étapes des procédures judiciaires impliquant les abonnés de l'alcool ou des drogues au volant.

«Je veux qu'ils sentent qu'aux plus hautes sphères de l'État on les appuie, qu'ils sentent que le message vient d'en haut, pour être encore plus fermes, pour être encore plus sévères», a-t-il commenté.

Devant la cour, il leur faudra mieux évaluer le degré de dangerosité du prévenu accusé de conduite avec facultés affaiblies, en insistant sur le risque que court la collectivité en cas de libération, a soutenu le ministre.

Quand un récidiviste est remis en liberté, le procureur devra proposer au tribunal des conditions visant à diminuer le risque que survienne une nouvelle récidive.

De plus, avec son collègue des Transports, Sylvain Gaudreault, le ministre dit qu'il entend revoir, dans l'année qui vient, comment resserrer les lois existantes reliées à ce problème, qu'on pense en particulier au Code de la sécurité routière.

En parallèle, Québec demande aussi à Ottawa d'envisager accentuer les peines d'emprisonnement pour les récidivistes de l'alcool ou de la drogue au volant.





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