Montréal - Jacques Léonard reverra les règles d’attribution de contrats


	Le groupe de travail dirigé par Jacques Léonard devra produire un rapport d’ici juin prochain.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir
Le groupe de travail dirigé par Jacques Léonard devra produire un rapport d’ici juin prochain.

L’ancien ministre péquiste Jacques Léonard est à la barre du comité-conseil sur l’octroi des contrats à la Ville de Montréal, a appris Le Devoir. Sa longue carrière politique notamment aux Affaires municipales et à la présidence du Conseil du trésor est mise à contribution afin de revoir les règles d’attribution des contrats et de débusquer les « meilleures pratiques ».

M. Léonard s’est mis au travail un peu avant la période des Fêtes bien que sa nomination ne soit pas encore officielle. L’annonce devrait être faite d’ici quelques jours alors que l’ensemble des membres de ce comité aura été choisi. Le Devoir a tenté de joindre M. Léonard à sa résidence, mais il était déjà parti au travail, « à l’hôtel de ville ».

Le choix de Jacques Léonard pour présider les travaux de ce comité-conseil fait suite à une recommandation du gouvernement du Québec à laquelle le maire Michael Applebaum aurait acquiescé sans problème. M. Léonard a une formation en comptabilité, qu’il a d’ailleurs enseignée. Jusqu’à récemment, il était associé dans un cabinet privé. « Ça prenait quelqu’un dont on ne remet pas en question l’intégrité et qui sera capable de trouver les meilleures pratiques à adopter », a indiqué une source qui a requis l’anonymat.

M. Léonard sera épaulé par une équipe constituée notamment de fonctionnaires responsables de l’attribution des contrats au sein de la Ville, et d’autres issus du contentieux et du bureau du contrôleur général. La vice-présidence devait être occupée par un représentant de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), mais mardi, la porte-parole de l’UPAC a donné l’assurance que « personne ne va là ».

La création du comité-conseil a été annoncée il y a un mois par le maire Applebaum et le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée. Ce groupe de travail devra produire un rapport d’ici juin prochain. Les recommandations devraient permettre, souhaitent le gouvernement et Montréal, de dépoussiérer les façons de faire et ainsi, de redresser la situation. Les scandales des dernières années et les révélations faites lors des audiences publiques de la commission Charbonneau ont alimenté le doute sur le processus d’octroi des contrats à Montréal.

« Nous voulons réduire les risques de collusion et de corruption, avait souligné le maire Applebaum lors de la mise en place du comité-conseil. Il faut toujours améliorer notre façon de faire les choses, et on va regarder ce qui est fait dans d’autres villes en Amérique du Nord et en Europe. »

Les deux équipes d’opposition avaient toutefois accueilli assez froidement cette initiative. Louise Harel, de Vision Montréal, maintient son idée de doter Montréal d’une unité anticollusion dirigée par le service de police, de créer un poste de commissaire à l’éthique et d’abolir la règle du plus bas soumissionnaire.

Du côté de Projet Montréal, on critique le fait que l’on tarde à faire des changements, attendant les recommandations qui se perdront dans la précampagne électorale.

Mardi, l’attaché de presse du maire, Jonathan Abecassis, a refusé de commenter. Tout au plus, a-t-il dit que « le comité n’a pas encore été formé officiellement », que « ça se fera très bientôt » et que « pour l’instant, il n’est pas opérationnel ». M. Abecassis n’a toutefois pas nié que Jacques Léonard préside le comité.

Au cabinet du ministre Lisée, on a renvoyé Le Devoir à la Ville de Montréal.

Ce n’est pas la première fois que des sages sont appelés au chevet de la métropole. En 2009, l’ex-maire Gérald Tremblay avait embauché Louis Roquet pour aider la directrice générale par intérim d’alors, Rachel Laperrière, afin d’élaborer un plan d’action à la suite de la tourmente des compteurs d’eau. À titre de conseiller spécial, M. Roquet avait un double mandat. Il devait revoir le rôle du secteur privé dans la préparation des plans, des devis et des contrats de la Ville ainsi que réviser les mécanismes de reddition de comptes auprès des élus municipaux.

Au même moment, un groupe de travail s’était mis à l’œuvre pour réfléchir à l’essor montréalais et tenter de trouver des « solutions opérationnelles ». Louis Roquet y participait ; il deviendra par la suite directeur général de Montréal.

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