Qui sont les nouveaux élus? - Le rêve d’un petit garçon qui se réalise

Marc Tanguay a été élu deux fois en quatre mois dans LaFontaine.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Marc Tanguay a été élu deux fois en quatre mois dans LaFontaine.

Il y a six mois à peine, ils ont choisi de se lancer dans le vide et de mettre leur destin entre les mains des électeurs. Tous, quel que soit le parti, ont choisi de s’engager en politique pour faire bouger les choses, mais certains découvrent la dure réalité des jeux politiques. Le Devoir est allé à la rencontre de nouveaux élus.

Avant d’être élu député de LaFontaine, Marc Tanguay était président du Parti libéral du Québec, un poste qu’il a occupé bénévolement pendant trois ans. Sa vision du parti a été façonnée par les militants qui, avoue-t-il, n’ont pas eu la vie facile ces derniers temps.


« Vous savez, ces dernières années n’ont pas été de tout repos pour le PLQ. Et c’est un euphémisme. On a été bombardés d’allégations. Et les militants ont été heurtés par ça, ils ont été heurtés d’être considérés par certaines personnes comme étant suspects. »


Il se rappelle son dernier conseil général à titre de président. C’était en mai, à Victoriaville. « C’était apocalyptique […] Je ne veux pas nous faire passer pour des martyrs, mais les hommes et les femmes qui étaient là, ils étaient là pour débattre d’idées, ils n’étaient pas là pour se faire lapider sur la place publique […] On peut ne pas être d’accord, mais on ne justifiera jamais le fait de commencer à lancer des roches. Je veux dire : on ne retournera pas au temps des Cro-Magnons. »


De péquiste à libéral


Depuis qu’il est tout petit, Marc Tanguay mange de la politique. À l’âge de huit ans, déjà, il avait fait une composition à l’école sur le premier ministre René Lévesque, qui était un exemple à ne pas suivre parce qu’il fumait trop. Quelques années plus tard, étudiant en sciences politiques, il siégeait au Parlement étudiant du Québec. Il a bifurqué vers le droit, tout en gardant en tête qu’il tenterait probablement sa chance un jour comme député.


« Quand on regarde toutes les étapes importantes de l’évolution humaine et occidentale, on voit que ça se passe dans les forums démocratiques, explique Marc Tanguay dans son bureau de comté à Rivière-des-Prairies. Je ne voulais pas juste regarder le train passer, je voulais être dans le train. »


Jeune adulte, il a pris sa carte du Parti québécois, tout heureux de pouvoir participer aux débats. Pourquoi le PQ ? Le nouveau député libéral hésite, réfléchit : « Vous savez, à 17 ans, on veut tout changer, on veut réellement faire table rase. Je pense que c’était l’approche du PQ qui, à l’époque, m’avait davantage attiré. »


Il a voté Oui au référendum de 1995, « à la recherche d’un idéal » qu’il n’arrivait pas à définir clairement. Mais les propos de Jacques Parizeau, à la suite de la défaite, l’ont heurté à un point tel qu’il a entamé une longue réflexion sur l’avenir du Québec et du Canada.


Son introspection politique s’est étayée sur près de dix ans. Puis, en 2007, Marc Tanguay a décidé de se présenter pour le Parti libéral dans la circonscription de Chambly. Il a été défait par la vague adéquiste, mais a poursuivi son militantisme au sein du parti en présidant un comité sur l’identité et le fédéralisme, puis comme président du PLQ.


« Moment parfait »


Le départ de Tony Tomassi a provoqué une élection partielle dans LaFontaine et Marc Tanguay a décidé de tenter sa chance pour une deuxième fois. Élu le 11 juin, il n’a pas eu le temps de siéger, mais il garde un souvenir impérissable de son assermentation. « C’était le rêve d’un petit garçon qui venait de se réaliser. De voir tout mon monde là, avec tout le décorum de l’Assemblée nationale, c’était comme un moment parfait pour moi. »


Un mois et demi plus tard, Jean Charest déclenchait des élections générales. Le nouveau député s’est remis à faire du porte-à-porte et a remporté ses élections pour une deuxième fois en quatre mois. « J’aurais pu être le député avec le plus court mandat de l’histoire du Québec », lance-t-il à la blague.


Infatigable, le jeune député est toujours l’un des premiers à se proposer pour prendre en charge de nouveaux dossiers à l’Assemblée nationale. « Chaque fois que j’en ai l’occasion, je lève la main : moi, je suis là ; moi, je suis prêt ! »


Il affirme que sa seule ambition politique est « d’être un bon député à Rivière-des-Prairies », mais il ne ferme pas la porte à se présenter comme chef de parti un jour. « Si la chance se présente, je serai probablement, comme je l’ai toujours été dans ma vie, un de ceux qui vont lever la main et dire : moi je suis capable de faire ça. »

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