Qui sont les nouveaux élus? - Rester fidèle à ses opinions

Rita de Santis affirme que la politique l’appelait depuis longtemps.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Rita de Santis affirme que la politique l’appelait depuis longtemps.

Québec — Il y a six mois à peine, ils ont choisi de se lancer dans le vide et de mettre leur destin entre les mains des électeurs. Tous, quel que soit le parti, ont choisi de s’engager en politique pour faire bouger les choses, mais certains découvrent la dure réalité des jeux politiques. Le Devoir est allé à la rencontre de nouveaux élus et vous les présente à partir d’aujourd’hui.

Rita de Santis n’a pas peur de défendre ses opinions, même si elles vont à l’encontre de la ligne de parti. L’avocate libérale n’hésite pas non plus à parler de son admiration pour Pauline Marois, qui a réussi à se frayer un chemin jusqu’au sommet dans le « boys club » politique, ou à avouer qu’elle pleure chaque fois qu’elle parle de René Lévesque. Non, Rita de Santis ne semble pas avoir peur de grand-chose, sinon peut-être de ne pas arriver à faire bouger les choses comme politicienne.


Fille d’immigrants italiens, Rita de Santis est arrivée dans le quartier de Ville-Émard à Montréal à l’âge de 4 ans. Toute petite, déjà, elle était présidente d’école et rêvait d’être Napoléon. Mais un « bon » Napoléon, précise-t-elle en riant de bon coeur.


« Je viens d’une famille typique italienne, où les filles ne pouvaient pas sortir et où l’égalité entre garçons et filles n’existait pas, raconte la quinquagénaire avec son accent méditerranéen. L’école, c’était ma porte de sortie. C’est ce qui m’a donné la possibilité de rêver. »


Dans son bureau de Montréal-Nord, Rita de Santis se livre sans pudeur, chaussée de pantoufles roses qui contrastent avec l’image classique d’une politicienne. Elle se veut un peu à la gauche du centre, persuadée que prospérité économique doit rimer avec justice sociale.


Bien qu’elle ait milité pour le camp du Non lors des référendums de 1980 et de 1995, elle avoue qu’elle aurait facilement pu se retrouver aux côtés de René Lévesque. Elle admirait l’homme et le politicien, mais ne se retrouvait pas dans le discours souverainiste qui la rejetait dans le camp des « autres », un sentiment qui l’habite encore parfois aujourd’hui.


« Il y a un moment qui m’apparaît comme très frappant et, chaque fois que j’y pense, je pleure. Après la défaite de mai 1980, René Lévesque s’est retrouvé devant tous ces militants et il les a calmés. Et il leur a dit : il y aura un lendemain. Il n’y a aucun endroit au monde, après toute cette émotion, où il n’y a pas eu un seul événement de violence. Et moi, je suis tellement fière… Voilà, je pleure. »

 

L’envers du décor


Elle a été la première femme associée au prestigieux cabinet d’avocats Davies Ward Phillips Vineberg et a été citée dans le top 100 des Canadiennes les plus influentes en 2009. Mais elle a toujours su qu’elle ferait autre chose. Et la politique l’appelait depuis longtemps. « Arrivée à 58 ans, je me suis dit : Rita, si tu ne le fais pas maintenant, quand est-ce que tu vas le faire ? Tu ne peux pas attendre. »


Elle a été élue et ne regrette aucunement sa décision. Mais elle avoue avoir perdu quelques-unes de ses illusions à son arrivée à l’Assemblée nationale. « Quand on arrive en politique, on arrive avec des lunettes roses et on croit qu’on peut changer les choses. Mais ce n’est pas évident. Ce qui me surprend le plus, et ce qui me désole, c’est la façon dont les gens agissent pendant la période des questions. C’est un peu un cirque. »


Elle-même s’est vu refuser par son équipe le droit de poser une question sur la charte de la laïcité sous prétexte que la question était « trop intellectuelle ». « Alors maintenant, je dois apprendre à rédiger des questions », lance l’ex-avocate dans un soupir résigné.


Mais le travail en circonscription et les commissions parlementaires la confortent dans ses idéaux de démocratie. Et elle continue de rêver, avec des lunettes un peu moins roses. « Dans mon comté, il y a beaucoup d’organismes communautaires. J’aimerais, si je peux réussir à faire un petit quelque chose, les aider à améliorer leur gouvernance. »

5 commentaires
  • André Vallée - Inscrit 3 janvier 2013 04 h 56

    Elle n'est pas dans le bon Parti ...

    ... pour ses idéaux sociaux. Qu'elle aille rejoindre Pauline pour parler de ses idéaux sociaux même si elle doit taire ses convictions fédéralistes. Le contraire est un désastre. Plus les décisions sont prises loins des citoyens, moins elle sont prises pour les citoyens.

  • Chantale Desjardins - Abonnée 3 janvier 2013 08 h 26

    Pourquoi le PLQ

    Si elle admirait tant René Levesque, pourquoi n'a-t-elle pas choisi son parti au lieu d'un parti douteux sous la direction de Jean Charest?

  • France Marcotte - Abonnée 3 janvier 2013 08 h 53

    Partir d'elle

    ...plutôt que du programme du parti, c'est assez différent.

    Écouter ce qu'elle dit, les nuances qu'elle apporte, la classer si c'est nécessaire. La coque des partis est si étroite.

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 3 janvier 2013 09 h 50

    Et elle pleure, et pleure encore nous dit-elle…

    «Bien qu’elle ait milité pour le camp du Non lors des référendums de 1980 et de 1995, elle avoue qu’elle aurait facilement pu se retrouver aux côtés de René Lévesque»… je n’y crois tout simplement pas!

    Pas très convaincante par ses «pleurs» la madame… À l’évidence Mme de Santis cherche à se rallier les cadéquistes mous au PLQ.

    Aux dernières élections de sept. dernier, le nombre des votants libéraux dans la circonscription de Bourassa-Sauvé a fondu de près de la moitié du bassin habituel si on les compare avec les élections de 2008 (Line Beauchamps). Et ce n’est pas terminé. La descente aux enfers n’est pas prête à s’immobiliser pour les Libéraux.

  • Jean-François - Abonné 6 janvier 2013 20 h 38

    dommage

    Cette femme semble avoir une forte tête sur les épaules mais elle semble manquer de jugement; pensait-elle vraiment changer les choses dans une formation qui prône l'immobilisme?

    Il semble biens que oui.

    Mauvaise équipe madame...