L’ex-politicien Camil Samson est décédé

Camil Samson à Québec en 1982
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Nadeau Camil Samson à Québec en 1982

Québec – C’est une page d’histoire du Québec et du folklore politique qui est tournée avec la disparition de l’ancien chef créditiste Camil Samson, qui est décédé mardi soir à l’âge de 77 ans. L’ancien homme politique québécois et animateur de radio est mort à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec à la suite d’une longue maladie.


Le fils de M. Samson, Daniel, n’a pas voulu donner plus de détails sur les causes du décès, mais a indiqué que l’ex-politicien était malade depuis plusieurs années.


Camil Samson avait fondé le Ralliement créditiste du Québec en 1970. Entre 1962 et 1976, une bonne proportion de Québécois des milieux ruraux ont appuyé massivement le Crédit social, un mouvement politique dont Camil Samson a été, avec son vis-à-vis fédéral Réal Caouette, une des têtes dirigeantes.


M. Samson est né le 3 janvier 1935 à Shawinigan, un an plus tard et à quelques coins de rue d’un autre politicien qui a marqué l’histoire, Jean Chrétien. Les deux hommes ont eu en commun une verve et un langage populiste, coloré, où l’image-choc tenait lieu de seul raffinement.


Pourtant, ceux et celles qui l’ont connu sont catégoriques : Camil Samson avait un talent inné pour gagner une foule à sa cause et il savait analyser finement la scène politique.

 

Combats d’époque


Camil Samson et ses adjoints créditistes ont mené plusieurs combats célèbres, qui paraissent aujourd’hui folkloriques. Député à l’Assemblée nationale, il pourfendait le gouvernement Bourassa qu’il accusait de vouloir fluorer l’eau potable pour favoriser l’hygiène dentaire. « Le fluor ramollit le cerveau », avait-il plaidé, jusqu’à ce qu’on lui fasse observer que l’eau potable de sa propre ville de Rouyn-Noranda était fluorée depuis plus de 25 ans.


M. Samson a aussi accusé les gouvernements libéraux et péquistes de « sortir le bon Dieu des écoles pour y faire entrer la drogue et le sexe ». Il a combattu avec vigueur, en 1977, la décision de l’Assemblée nationale de retirer la prière traditionnelle au début de chaque séance quotidienne, une décision visant à respecter la diversité religieuse des députés. Il affirmait aussi que la place de la femme est au foyer. « Le travail féminin contribue à l’effritement de la cellule familiale et les mouvements de libération de la femme sont des mouvements de contestation qui mènent à la lutte des classes et au socialisme », a-t-il déjà écrit.


En entrevue à La Presse canadienne, Daniel Samson a indiqué que son père aimait se remémorer les faits marquants de sa carrière politique. « C’est certain que la politique a fait partie de sa vie. Je n’étais pas encore au monde qu’il faisait déjà de la politique, et je suis âgé de 51 ans… C’est peu dire ! Il est certain que les événements de la Crise d’octobre de 1970, avec le FLQ, ont été une période spéciale, puisqu’il arrivait alors en politique active », a-t-il dit.


La première ministre Pauline Marois a pour sa part rendu hommage à Camil Samson, qu’elle a qualifié d’« homme politique incomparable ».

 

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3 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 20 décembre 2012 10 h 32

    Il a un bon français dans l'extrait présenté.

    J'ai écouté l'extrait et ai été frappé par le fait que M. Samson, dans des élans qui semblent improvisés et où les phrases sont longues, n'y fait pas de fautes de français et conserve une bonne syntaxe. Il place le subjonctif au bon moment, le "nous" est accordé à la première personne du pluriel et maintient solide la structure de ses phrases, entre autres.

    Aujourd'hui, en écoutant plusieurs politiciens, souvent les dents me grincent de la quantité des fautes faites en peu de mots et de la méconnaissance profonde de la langue - je n'en nomme que deux, mais la liste pourrait être beaucoup plus longue: Justin Trudeau et Jean Charest. Cette maîtrise de M. Samson était peut-être occultée pas son style populiste. Cette non-maîtrise des autres camouflée par l'attitude plus détendue et l'accent moins prononcé.

  • Anthony Boulanger - Inscrit 20 décembre 2012 14 h 48

    ouin...

    ''Il a combattu avec vigueur, en 1977, la décision de l’Assemblée nationale de retirer la prière traditionnelle au début de chaque séance quotidienne, une décision visant à respecter la diversité religieuse des députés. Il affirmait aussi que la place de la femme est au foyer. ''

    Ouin... bon repos M. Samson, puisse vos idées vous suivre.