Baromètre Le Devoir des personnalités politiques - David et Duchesneau, les préférés des Québécois

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	Françoise David et Jacques Duchesneau ont obtenu des scores identiques: 48 % des Québécois les aiment, contre 17 % qui ont une mauvaise opinion d’eux.</div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Françoise David et Jacques Duchesneau ont obtenu des scores identiques: 48 % des Québécois les aiment, contre 17 % qui ont une mauvaise opinion d’eux.

De tous les politiciens élus à l’Assemblée nationale, c’est une militante féministe de gauche et un ex-policier promu héros de la lutte anticorruption que les Québécois préfèrent. Recrues de la dernière élection, Françoise David et Jacques Duchesneau arrivent ainsi ex aequo au premier rang du baromètre des personnalités réalisé par Léger Marketing pour Le Devoir.

La porte-parole de Québec solidaire et le numéro 2 de la Coalition avenir Québec recueillent chacun 48 % de « bonne opinion » au coup de sonde bisannuel — qui doit se lire en grande partie comme un concours de popularité et d’appréciation. Dans la foulée, Mme David et M. Duchesneau suscitent peu d’antipathie, avec 17 % des répondants qui ont une « mauvaise opinion » d’eux.

« Ce sont des politiciens qui ont marqué l’année dans leur nouveau rôle de député, note Christian Bourque, vice-président chez Léger. Et ce sont des gens qui existaient publiquement avant d’être élus, ce qui permet d’être vraiment propulsé. »

Vainqueur en décembre 2011 et troisième en 2010, François Legault suit de près avec 47 % d’opinion positive. Plus polarisé, le chef de la CAQ n’est pas bien perçu par 29 % des répondants. La nouvelle première ministre, Pauline Marois, arrive quatrième, avec un score très divisé de 44 % de bonne opinion et 43 % de mauvaise.

Seul Amir Khadir récolte plus de mauvaise opinion que Pauline Marois, alors qu’une personne sur deux pense au député solidaire de manière négative. Il y a deux ans, M. Khadir était arrivé premier à ce baromètre : à l’époque, il recueillait 45 % d’opinion positive, et seulement 18 % de négative (essentiellement comme Mme David aujourd’hui).

L’ancienne ministre Marguerite Blais complète le top 5, qu’elle fréquente pratiquement toujours — et principalement à titre d’ancienne animatrice télé. La prime « visage connu au petit écran » se confirme d’ailleurs une fois de plus dans ce palmarès, avec le comédien-ministre Maka Kotto et les anciens journalistes Gérard Deltell, Bernard Drainville et Jean-François Lisée dans le top 15 (ces deux derniers présentant le même pointage).

Une exception notable à cette règle toutefois, alors que l’ancien journaliste Pierre Duchesne se classe 37e, malgré un poste névralgique au conseil des ministres (Enseignement supérieur). Près de six répondants sur dix (59 %) ne connaissent pas M. Duchesne.

L’ex-leader étudiant Léo Bureau-Blouin fait pour sa part une entrée remarquée au palmarès, avec une septième position au classement général (39 % d’opinion positive). Mais on note que le nouveau député divise, puisque 31 % des répondants ont une opinion négative de lui. 

Âgé de 20 ans, M. Bureau-Blouin est déjà une des personnalités les plus connues du monde politique : seulement 20 % des répondants disent ne pas le connaître. Seuls Pauline Marois (4 %), Amir Khadir (11 %) et François Legault (12 %) font mieux dans cette catégorie de la reconnaissance. L’aspirant-chef libéral Philippe Couillard est aussi à 20 %.

Trois ministres péquistes font partie du top 10, soit Mme Marois, Agnès Maltais (9e) et Bernard Drainville (10e). Léo Bureau-Blouin complète l’équipe gouvernementale. Outre Mme Blais (5e), le seul libéral présent n’est pas élu (Philippe Couillard, 7e). La CAQ place quant à elle ses trois principaux joueurs (Jacques Duchesneau, François Legault et Gérard Deltell).

Lu à l’envers, le baromètre offre aussi aux politiciens l’occasion de prendre la mesure de ce qui les sépare de la gloire. Car la colonne des « ne connaît pas » révèle que la très grande majorité des Québécois ignorent globalement qui sont ceux qu’ils élisent. À peine une vingtaine d’élus sont connus de plus de 50 % de la population. Après, c’est l’anonymat qui triomphe.

Le sondage a été réalisé en ligne entre le 10 et le 13 décembre, auprès de 1000 personnes. Léger considère que si ce sondage était probabiliste (ce qu’il n’est pas), il comporterait une marge d’erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

***

La CAQ rattrape les libéraux

Les turbulences rencontrées par le gouvernement Marois n’ont pas entamé les appuis du Parti québécois, révèle le sondage Léger Marketing de fin d’année, qui montre un recul du Parti libéral et une remontée de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.
 
Après 100 jours de gouvernance, le PQ pointe à 33 % d’appuis, essentiellement son résultat électoral du 4 septembre. La CAQ retrouve quant à elle les 27 % qu’elle a obtenus lors de l’élection, une hausse de cinq points par rapport au coup de sonde de novembre.
 
Le seul mouvement notable concerne donc les libéraux, qui ont perdu quatre points depuis septembre. 
37 commentaires
  • Bernard Gervais - Inscrit 15 décembre 2012 01 h 30

    Que vaut ce baromètre ?

    Que valent finalement ces données, portant sur les personnalités politiques semblant les plus appréciées, surtout quand le même sondage mentionne que la très vaste majorité des électeurs québécois ne connaissent à peu près pas ceux et celles qu'ils élisent ?

    • J-F Garneau - Inscrit 15 décembre 2012 03 h 07

      Je crois que ce sondage confirme la volatilité de l'opinion publique, et confirme le fait que cette volatilité est le résultat de bien peu de vrais enjeux ou de reflexions de fond. Vous avez raison, les québécois connaissent très peu leur députés, et j'oserais même avancer, les plateformes électorales des partis. On vote comme on regarde Tout le Monde en Parle.
      La démocratie demande un effort, mais ces "baromètres" d'opinion nous démontrent la superficialité de notre approche.

    • David Boudreau - Inscrit 15 décembre 2012 09 h 41

      Commentaire très juste. Cela nous démontre encore une fois que la politique n'est pas une affaire de raison mais de passion : au Québec, on aime ça les «émôtions», même si on ne comprend pas toujours pourquoi on les ressent.

    • Benoît Landry - Abonné 15 décembre 2012 15 h 02

      "Cela nous démontre encore une fois que la politique n'est pas une affaire de raison mais de passion : au Québec, on aime ça les «émôtions», même si on ne comprend pas toujours pourquoi on les ressent."

      Ce commentaire démontre aussi comment il est facile de se dénigrer au Québec....

      Ce genre de sondage pourrait être fait un peu partout sur la planète avec le même genre de résultat. Il est tout simplement un portrait instantanné de l'état actuel des choses..... Ben oui on fait appel à nos émotions quand on nous demande nos préférences....

    • André Michaud - Inscrit 16 décembre 2012 09 h 57

      Ça veut seulement dire que ces deux personnalités sont vues comme des exemples d'intégrité aux yeux des citoyens..au-delà de la partisanerie.

  • Robert Beauchamp - Abonné 15 décembre 2012 03 h 16

    Les contraires attirent

    Curieusement, une femme souverainiste et de gauche
    et un homme fédéraliste et de droite
    Finalement, un vrai portrait «tout craché» du Québécois.

    Robert Beauchamp

    • Franklin Bernard - Inscrit 15 décembre 2012 09 h 30

      Vous m'enlevez les mots dela bouche. Au «Québec libre dans un Canada uni» d'Yvon Dechamps, on peut ajouter «Un Québec de gauche rêvant à un gouvernement de droite.»

      C'esut ce qu'on appelle la culture politique du peuple québécois.

    • Sylvain Auclair - Abonné 15 décembre 2012 11 h 49

      Qui dit que ce sont les mêmes personnes qui admirent les deux? Bien que ce ne serait pas si étonnant, tout compte fait. (soupir)

    • Maxime Kitza - Inscrit 16 décembre 2012 11 h 32

      En fait, selon le sondage qui avait soumis les propositions lucides vs solidaires, les Québécois voulaient des solutions de gauche, mais choisissaient des gouvernements de droites. (Si le gouvernement pquiste est de "gauche", la majorité des votes on été aux partis de droite...).

      Le tout s'explique peut-être avec les éléments de ce sondage: on connait mal les candidats et leur politique, puis on vote comme à un concours de popularité.

      À quand une culture politique à la grandeur du Québec?

  • André Vallée - Abonné 15 décembre 2012 05 h 51

    Les déclarations...

    L'admiration pour ceux qui font de fascinantes déclarations se dissout rapidement quand ces personnes doivent passer aux décisions et aux actes.
    Nous devons quand même continuer d'écouter ceux qui, par la parole, cherchent sérieusement la voie.

  • Normand Carrier - Abonné 15 décembre 2012 07 h 03

    Majoritaire malgré ce départ tumultueux ......

    Si le gouvernement de madame Marois se maintient au même résultat que le 4 septembre , il s'agit pour le PQ de faire les ajustements mineurs nécessaires principalement au bureau de la première ministre pour réellement prendre de l'ampleur et distancer la CAQ et le PLQ qui se retrouve a 27% du vote populaire .... En ce moment le PQ serait facilement majoritaire avec une avance de 6% sur ses principaux adversaires .... La CAQ aurait intérêt a cacher sa soif d'élection et le PLQ de réaliser sa défaite et jouer un rôle d'opposition constructive .......Faudra voir l'état des libéraux dans quelques mois suite aux révélations de la commission Charbonneau qui jouera un grand rôle pouir la suite des choses .....

    Compte tenu de la spychose populaire sur l'intégrité et l'apparence d'intégrité , les partis et principalement le PQ devront s'assurer de maintenir les plus hauts standards et surtout l'apparence d'intégrité dans tous leurs gestes . L'affaire Lisée fut un révélateur de cette état d'esprit car son salaire différé rencontrait toutes les normes d'éthique et de la légalité mais qui était mal percu dans cette population exacerbé ......

    Il reste a voir si les électeurs exigeront que tous les députés ou ministres qui recoivent une pension ou un double salaire doivent le rembourser ce qui serait injuste et mettrait les Duchesneau , Ouellette , Poéti , Khadir , Dubé et plusieur autres dans l'embarras .... Il faudra espérer que la pendule revienne dans un juste milieu .......

    • François Robitaille - Inscrit 16 décembre 2012 12 h 07

      Le PQ est exactement comme les libéraux, et les gens s'en rendent comptent! Les cadeaux pour les amis, l'éthique douteuse mais légale, les cachettes volontaires et on se défend par la suite....les promesse électorales non tenu!!! c'est du gros n'importe quoi encore une fois.

      C'est le fun de voir que des gens qui semblent vraiment honnêtes et avec une volonté qui correspond à ce qu'ils disent sortent du lot!

      Pas besoin de se forcer pour avoir une apparence d'intégrité quand on est intègre!

  • François Desjardins - Inscrit 15 décembre 2012 07 h 30

    Madame David prend trop de place.

    Dommage pour Khadir... à chaque occasion ou le voilà aux côtés de madame David, on dirait que celle -ci a un art subtil de lui jeter de l'ombre. Dans ce rôle prétendument égal de deux chefs, madame David est beaucoup plus «égale». Khadir aux élections précédantes, seul député élu de Québec solidaire, jouait déjà le rôle de «plante verte» derrière madame David, défaite elle, qui y allait de son discours complaisant... manque flagrant d'élégance pour le député.

    • Benoît Landry - Abonné 15 décembre 2012 15 h 06

      M. Khadir n'est plus le porte-parole homme de Qs il s'agit maintenant d'André Frappier. Il est donc normal qu'il prenne moins de place ...