Pauline Marois cherche à charmer les investisseurs américains

La première ministre du Québec, Pauline Marois, discute avec le vice-président de la Foreign Policy Association, Robert Miller (à gauche), et le président de l’organisme, Noel Lateef (à droite), avant son allocution.
Photo: Bebeto Matthews Associated Press La première ministre du Québec, Pauline Marois, discute avec le vice-président de la Foreign Policy Association, Robert Miller (à gauche), et le président de l’organisme, Noel Lateef (à droite), avant son allocution.

New York — Pour sa première journée à New York et son premier discours important en anglais depuis son élection, la première ministre Pauline Marois a choisi de parler la langue des affaires. « Le Québec est ouvert à l’investissement, Quebec is open for business ! », a-t-elle martelé aux Américains venus l’écouter.


Après avoir officiellement inauguré les tout nouveaux bureaux d’Expansion-Québec en matinée, Mme Marois a pris la parole lors d’un dîner-conférence organisé par la Foreign Policy Association (FPA), un think tank qui a l’habitude d’inviter les premiers ministres québécois.


Consciente que les Américains sont quelque peu méfiants à l’égard du projet souverainiste, elle a commencé par brièvement mentionner ses aspirations indépendantistes, mais sans insister. « C’est un débat interne. Cela arrivera quand les Québécois seront prêts », a-t-elle dit en enchaînant rapidement sur les occasions d’affaires que la province présente aux investisseurs américains.


Un peu plus d’un an après que Jean Charest a présenté en grande pompe son projet du Plan Nord devant le même parterre, la nouvelle première ministre a dit qu’elle comptait poursuivre le développement du Grand Nord, mais en apportant certains bémols.


En conférence de presse, Mme Marois a ainsi rappelé que son gouvernement était en train de réévaluer certains aspects du projet.


« Nous avons l’intention à la rentrée, en février-mars, de revoir le système des redevances de sorte que les gens sachent qu’en venant investir au Québec, il y aura des exigences différentes que celles qu’avait l’ancien gouvernement. Mais ces exigences seront quand même raisonnables parce que nous souhaitons continuer de développer le Nord », a-t-elle précisé.


Elle a également souligné l’importance de consulter les Premières Nations et le respect du développement durable.


Rencontré en marge du discours de Mme Marois, Peter Gavigan, de Linde North America, une compagnie spécialisée dans le gaz industriel et le secteur minier, s’est dit curieux d’en savoir plus à ce sujet. « Je ne suis pas au courant des détails, mais aux États-Unis aussi, on parle de plus en plus de redevances pour les produits miniers », a-t-il confié.


Près de 300 personnes, majoritairement des gens d’affaires, ont dépensé 150 $ chacun pour entendre la première ministre au chic St Regis Hotel, dans Midtown.


Après son discours, Mme Marois avait plusieurs rencontres privées à son programme. Elle devait également rencontrer des journalistes de Bloomberg et du Wall Street Journal.


La première ministre juge primordial de renforcer les relations avec les États-Unis, qui reçoivent près de 70 % des exportations internationales du Québec. Elle s’est engagée à poursuivre et à approfondir les liens commerciaux et économiques avec les États-Unis, notamment avec l’État de New York.

 

Expansion-Québec


Plus tôt en journée, Mme Marois a inauguré les nouveaux bureaux d’Expansion-Québec, un organisme qui offre des services pour les PME québécoises désireuses de s’implanter sur les marchés étrangers.


Les bureaux, qui accueilleront des entreprises québécoises à partir de janvier, sont situés dans Midtown, à proximité de la station de train Grand Central.


« New York est la capitale financière et économique, elle est un choix logique pour de nombreuses entreprises qui veulent développer leurs affaires aux États-Unis. C’est pourquoi cette ville s’est avérée un choix logique pour ouvrir un premier bureau d’Expansion-Québec », a expliqué la première ministre.


En partenariat avec Entreprises Rhône-Alpes international (ERAI), Expansion-Québec va notamment louer de petits espaces de bureaux et offrir des conseils aux PME qui songent à offrir leurs produits ou services aux États-Unis.


Vendredi, Mme Marois doit s’entretenir avec des experts afin d’échanger sur le contexte politique et économique postélectoral aux États-Unis.

7 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 14 décembre 2012 09 h 28

    J'ai toujours un peu honte...

    Quand des premiers ministres font les voyageurs de commerce et s'aplatissent devant les financiers.

    • France Marcotte - Inscrite 14 décembre 2012 11 h 57

      Question d'interprétation.

      De quoi au juste les concernant des gens peu fiers n'ont-ils pas honte?

      À l'inverse, les peuples qui ne doutent pas d'eux-mêmes sont fiers même de leurs mauvais coups.

    • Louka Paradis - Inscrit 14 décembre 2012 12 h 04

      Si notre Première Ministre n'entreprenait pas de mission économique ou commerciale, vous seriez le premier à la critiquer. Bravo pour son dynamisme, son ouverture et pour ses progrès remarquables en anglais !
      Sur ce, Joyeux Noël et Paix aux humains de bonne volonté !
      Louka Paradis, Gatineau

    • Claude Champagne - Inscrit 14 décembre 2012 16 h 27

      M. Auclair vous me décourager, en quoi mme. Marois fait de différent de n'importe quel autre Premier ministre. S.v.p ne pas l'aimer c'est votre choix, mais arrêter le "Marois bashing" ce n'est pas sérieux.

    • Francis Lévesque - Inscrit 14 décembre 2012 23 h 31

      C'est normal que notre Première ministre fasse des rencontres politiques, ce qui est plus décourageant c'est avec qui et à quel sujet. Après avoir sabré dans nos ministères, appauvrissant notre système public elle part chez nos voisins du sud pour, au font, se faire dire quoi faire au Québec... couper dans le public et financer dans les secteurs privés.

      Quand est-ce qu'elle va aller en Amérique latine pour se faire proposer d'encadrer les entreprises et d'investire dans les services public?

  • Gilles Bousquet - Abonné 14 décembre 2012 11 h 44

    Bravo Mme Marois !

    Pour avoir amélioré assez votre anglais pour échanger si bien avec ces anglophones Américains de haut niveau.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 14 décembre 2012 13 h 48

    Curieux

    Au XIXè siècle un des Molson a entrepris l'exploration du fer à la rivière Moisie, sur la Côte Nord. Le fer extrait était "de très haute qualité, comparable au fer suédois". Molson exporta son fer aux États-Unis contre une taxe minimale. Quelque temps plus tard, l'industrie américaine fit pression sur le gouvernement. On éleva les taxes de telle manière que l'exportation n'était plus viable. Ce fut la fin de ce projet.
    N'est-il pas paradoxal qu'aujourd'hui le Québec offre à ceux-là même qui ont tué cette industrie de se l'approprier ?