Jean-François Lisée versera son salaire de l’UdeM à la lutte contre le décrochage

Le ministre Jean-François Lisée recule devant le tollé et annonce qu'il versera son salaire de l'Université de Montréal à une bonne cause.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le ministre Jean-François Lisée recule devant le tollé et annonce qu'il versera son salaire de l'Université de Montréal à une bonne cause.

De nouveau plongé dans l'embarras, cette fois-ci à cause du double salaire puisé à même les fonds publics, le ministre Jean-François Lisée a finalement décidé de remettre la somme qui lui est versée par l’Université de Montréal à des entreprises d’insertion dans Rosemont. C'est du moins ce qu'il a annoncé sur son blogue ce mercredi.

«Je vais remettre la somme qui m’est versée par l’Université de Montréal depuis le premier septembre, puis, tant que je serai un élu, la somme de la pension qui commencera en mars, à ceux qui en ont beaucoup, beaucoup, plus besoin que moi: aux décrocheurs qui veulent réussir sur le marché du travail», a-t-il écrit.

Le vice-premier ministre François Gendron avait avoué plus tôt mercredi son malaise face aux largesses dont profitait le ministre des Relations internationales au moment où le gouvernement impose de sévères compressions budgétaires.

Comme le contrat liant M. Lisée à son ancien employeur est légal, M. Gendron n'a pas voulu blâmer son collègue mais a dit espérer qu'il s'agisse d'un cas unique au sein du caucus péquiste.

Depuis septembre, le ministre Lisée reçoit un salaire de 150 924$ de l'Assemblée nationale, plus une allocation annuelle de dépenses non imposables de près de 16 000$ et divers autres avantages.

En plus de cela, il empochait un plein salaire de l'Université de Montréal de 8666$ par mois, soit 104 000$ par année. En vertu d'une entente confidentielle, il empochera son plein salaire de l'université jusqu'en mars prochain, à titre de «préretraité» de l'institution depuis le printemps dernier.

Une fois les versements de préretraite complétés, en mars 2013, M. Lisée encaissera un montant additionnel de 27 000$ à titre d'indemnité de départ, à l'intérieur de 30 jours.

Le député libéral Laurent Lessard est monté aux barricades à l'Assemblée nationale, exigeant que M. Lisée renonce à son double traitement salarial.

Comme le gouvernement l'avait fait dans le cas de la double nomination d'André Boisclair plus tôt en décembre, le ministre Lisée a tenté de glisser sous le tapis «une entente secrète» qui l'avantage indûment, a dit M. Lessard.

Avec Martin Ouellet, La Presse canadienne

53 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 12 décembre 2012 13 h 36

    Geste magnanime

    Voilà un beau geste de la part de M. Lisée.
    Un geste qu'il n'avait pas à poser.
    «Lorsque j'ai commencé à travailler pour le CÉRIUM, on avait une négociation sur le salaire et ils ne pouvaient pas me donner le salaire que je demandais. L'échelle de salaire ne permettait pas à l'université de payer le prix que je demandais.»
    «Donc, ils ont accepté de me donner l'équivalent d'un 13e mois par année, qu'ils me paieraient à la fin de mon emploi, explique M. Lisée. Donc, je l'ai gagné cet argent-là.»

    C'est donc le paiement en différé du salaire alors convenu. Un arrangement spécial. Une entourloupette administrative. Si on avait payé M. Lisée toute la somme due à tous les mois, il n'aurait pas 'deux" salaires. Ce n'est même pas une pré-retraite. C'est de l'argent qu'on lui doit pour le temps travaillé.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2012 14 h 44

      L'exemplarité - voilà la clef. Si le fait que M. Lisée fasse ceci pouvait créer de la pression pour que les élus à l'avenir n'aient pratiquement pas le choix que d'agir de la même manière dans des circonstances comparables, l'action de M. Lisée aura été doublement bonne.

      Si cela pouvait aussi faire monter la barre de l’éthique des députés de tous les partis, et ce de façon générale, cela serait merveilleux.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2012 14 h 44

      L'exemplarité - voilà la clef. Si le fait que M. Lisée fasse ceci pouvait créer de la pression pour que les élus à l'avenir n'aient pratiquement pas le choix que d'agir de la même manière dans des circonstances comparables, l'action de M. Lisée aura été doublement bonne.

      Si cela pouvait aussi faire monter la barre de l’éthique des députés de tous les partis, et ce de façon générale, cela serait merveilleux.

    • Nicolas Vincent - Inscrit 12 décembre 2012 20 h 13

      C'est fou quand même à quelle point la conscience pousse rapidement. Ce matin M. Lisée disait ne voir aucune raison de renoncer à son salaire (le fait qu'il ait été obtenu dans le cadre d'une "entourloupette administrative" ou "arrangement spécial" n'est pas très édifiant, en passant). Tout d'un coup, en après-midi, il écrit sur son blogue: "Cela me renvoie donc à ma propre conscience, et à ma propre conscience sociale. Cela me renvoie au principe d’exemplarité." Et bien, ça ressemble assez bien à une conscience à la croissance accélérée, si vous voulez mon avis. Surtout de la part d'une personne qui avait conseillé à son ancien patron (Lulu Bouchard) de ne pas toucher à sa pension de député fédéral dans les années 90. Quand même, il serait bon de se garder une p'tite gêne de temps en temps, non?

      Ceci étant dit... je continue à bien aimer M. Lisée, surtout depuis qu'il est ministre. Il est une des figures stables, pragmatiques et fiables de ce gouvernement (et Dieu sait s'il en a besoin) et je trouve son dialogue avec la communauté anglophone un vent de fraîcheur dans cette continuelle pestilescence linguistique, une approche dont les Libéraux n'étaient pas foutus se pourvoir. J'espère simplement qu'il n'y aura pas d'autres mauvaises surprises dans un futur proche qui amèneraient un déclin de mon respect et admiration...

  • Sylvain Auclair - Abonné 12 décembre 2012 13 h 39

    Et si c'était une pension privée

    Une pension privée engendrerait-elle le même tollé?

  • Claude Boucher - Abonné 12 décembre 2012 13 h 40

    Deux poids, deux mesures

    On reproche ici au ministre Lisée de toucher ses indemnités de fin d'emploi au CÉRIUM en même temps que son salaire de ministre. Mais qu'en est-il de MM. Poëti, Ouellette qui touchent une pension de la Sûreté du Québec tout en collectant un salaire de député? Ou de l'ineffable Jacques Duchesneau, retraité de la police de Montréal, qui est probablement dans la même situation?

    Ce qui agace ici, c'est l'acharnement de certains médias à déterrer les bibittes du côté gouvernemental tout en passant sous silence les contradictions de l'Opposition.

    • Marc Blanchard - Inscrit 12 décembre 2012 13 h 56

      Justement.

    • Jean-Pierre Contant - Abonné 12 décembre 2012 14 h 10

      C'est effectivement ce qui m'agace moi aussi. Je trouve noble le geste de M. Lisée, mais est-on à la veille d'exiger des élus péquistes qu'il ait fait leur première communion...

    • J-F Garneau - Inscrit 12 décembre 2012 14 h 39

      C'est drôle votre commentaire me fais penser aux Républicains aux EU, quand c'est les "autres" c'est la vérité et la justice, quand c'est "les nôtres" c'est de "l'acharnement de certains médias".

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2012 14 h 57

      L'effet d'exemplarité de ce noble geste devrait nous rendre tous plus exigeants en matière d'éthique envers tous les députés de tous les partis.

  • André Meloche - Inscrit 12 décembre 2012 13 h 40

    Politicien, certes. Libre penseur, sûrement pas.

    En tant que « pseudo-intellectuel » ancien animateur de Planète Terre, Lisée ne m'a jamais impressionné par son érudition approximative ni sa « grande maîtrise » des enjeux politiques internationaux. Animateur « populaire » dont le sens critique m'est maintes fois apparu douteux, Lisée sait flairer les opportunités d'accroître son « capital » politique. Mais ce n'est pas un libre penseur. On est loin de Nietzsche!

    Il fera un très bon politicien, capable de nombreuses approximations - ce qui séduit toujours l'opinion publique - pour attirer l'électorat.

    • France Marcotte - Abonnée 12 décembre 2012 16 h 34

      Dans l'absolu, vous avez sans doute raison, mais sur le plancher des vaches, les humains ont la mauvaise habitude d'être imparfaits, voire toujours un peu décevants.

      Vous vivez dans l'absolu?

      C'est sûrement pourquoi on n'entend pas parler de vous en politique...

    • Louka Paradis - Inscrit 12 décembre 2012 17 h 26

      Dénigrer les autres n'a jamais grandi personne. Un peu de jalousie peut-être ?
      Louka Paradis, Gatineau

    • Claude Lafontaine - Inscrit 12 décembre 2012 18 h 37

      M.Meloche, vous avez droit à votre opinion et je la respecte même si je ne la partage pas, en autant qu'elle est de bonne foi; autrement vous faites parti d'un problème que nous rencontrons trop souvent dans notre société et en politiqe en particulier : Dénigrer les autres gratuitement par méchanceté ou par partisanerie.

      Comme citoyen du Québec je serais bien content de voir en politique plus de gens ayant la compétence et les qualités M.Lisée.

  • Marc Blanchard - Inscrit 12 décembre 2012 13 h 54

    Mais c'est de la chasse aux sorcières! Du salissage, du commérage!

    Est-ce que François Legault et Françoise David doivent renoncer à leur fortune respective?

    Est-ce que Jean Lapierre et Liza Frulla doivent oublier leur pension de députés?

    Mais, comme ils ne sont pas péquistes, on n'en parle pas!

    • Louka Paradis - Inscrit 12 décembre 2012 17 h 35

      Exactement. C'est d'une mesquinerie et d'une partisanerie nauséabondes... La population n'est pas dupe : les gens sont beaucoup plus lucides que ce qu'en pensent les faiseurs d'opinion. Le gros bons sens prévaudra, j'en suis certain. Ça ressemble à de la diversion pour faire oublier le scandale qui touche la SQ et qui semble éclabousser des politiciens haut placés de l'ancien gouvernement libéral. C'est comme la semaine dernière : on a sorti le pseudo scandale lié à M. Breton pour faire oublier celui qui mettait Mme Lyne Beauchamp dans l'eau chaude.
      Louka Paradis, Gatineau