Fonds de recherche du Québec - Les chercheurs se mobilisent contre les coupes

Photo d'archives d'un laboratoire de recherche. Le Fonds de recherche du Québec verra son budget 2013-2014 amputé de 31,2 millions de dollars.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Photo d'archives d'un laboratoire de recherche. Le Fonds de recherche du Québec verra son budget 2013-2014 amputé de 31,2 millions de dollars.

L’annonce par le gouvernement Marois d’une baisse de 30 % du budget du Fonds de recherche du Québec-Nature et technologies en 2013-2014 a estomaqué les chercheurs et les étudiants qui reçoivent de cet organisme public le financement nécessaire à la poursuite de leurs recherches et de leur formation. Très inquiète des répercussions d’une telle réduction, cette communauté scientifique s’est mobilisée et réclame dans une lettre adressée au ministre l’annulation de cette mesure tout à fait « incompréhensible ».

Parmi les organismes qui étaient visés par la série de compressions décrétées par le gouvernement, jeudi dernier, figurait le Fonds de recherche du Québec, qui verra son budget 2013-2014 amputé de 31,2 millions de dollars. C’est le Fonds de recherche du Québec-Nature et technologies (FRQNT) qui souffrira le plus de ces compressions, car il verra son budget passer de 50,1 millions en 2012-2013 à 35,2 millions en 2013-2014, soit une baisse de 30 %. Le Fonds de recherche du Québec-Santé (FRQS) écopera pour sa part d’une réduction de 13 % puisque ses crédits de 79,8 millions en 2012-2013 chuteront à 69,8 millions en 2013-2014.


Même régime minceur pour le Fonds de recherche du Québec-Société et culture (FRQSC), dont le budget annuel de 49,1 millions en 2012-2013 sera réduit à 42,8 millions en 2013-2014, soit une diminution de 13 %.


Extrêmement préoccupés par les conséquences d’une telle réduction, les directeurs de la trentaine de réseaux stratégiques mis sur pied et soutenus par le FRQNT dans le domaine des sciences naturelles, du génie et des technologies ont rédigé «une pétition pour le maintien intégral du budget du FRQNT».


Cette pétition qui est adressée au ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche, de la science et de la technologie, Pierre Duchesne, avait été signée lundi soir par près de 4000 chercheurs, étudiants diplômés poursuivant des études supérieures en recherche, professionnels de recherche et techniciens au statut précaire.


L’un des signataires de la lettre, Louis Bernatchez de l’Université Laval, lauréat du Prix du Québec Marie-Victorin 2012, explique que les subventions du FRQNT permettent de financer le fonctionnement d’équipes de recherche ainsi que la formation des étudiants diplômés, de même qu’un programme de bourses d’excellence offertes aux étudiants à la maîtrise et au doctorat.


Les étudiants diplômés, soit la relève scientifique du Québec, seront vraisemblablement les grandes victimes de ces compressions. Louis Bernatchez et ses confrères ne comprennent pas pourquoi le FRQNT doit subir une plus grande réduction de ses crédits que les deux autres fonds, soit le FRQS et le FRQSC. «C’est un véritable mystère! Faire de la recherche en sciences naturelles, génie et technologie coûte cher en raison des frais de fonctionnement des laboratoires notamment», affirme M. Bernatchez.


Frais indirects


Dans leur lettre, les signataires soulignent aussi le fait que cette « réduction de subventions diminuera encore davantage le financement des universités par la perte de frais indirects de recherche ».


Des rumeurs circulent sur le fait que le budget des Fonds pour l’année en cours (2012-2013) pourrait aussi être amputé, à l’instar de ce qui est imposé aux universités. Mais le porte-parole du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche, de sa science et de la technologie, M. Joël Bouchard, a confirmé lundi au Devoir que ces rumeurs ne sont pas fondées et que le budget 2012-2013 serait maintenu dans sa totalité.

22 commentaires
  • Roland Guerre - Inscrit 11 décembre 2012 00 h 42

    Un choix dramatique

    Ces coupes dans le budget de la recherche sont une tragique erreur. Le gouvernement doit révoquer, sans délai, cette mesure et donner à la recherche la priorité. Le choix actuel sacrifie l'avenir. Il faut retrouver les priorités : enseignement, recherche, qui seront la noblesse du cabinet Marois.

    • Louka Paradis - Inscrit 11 décembre 2012 21 h 54

      Aimeriez-vous mieux un régime d'austérité comme ceux que connaissent la Grèce et le Portugal après avoir été décotés par les agences de notation ? L'équilibre budgétaire, c'est crucial : ensuite, dans 2 ans, les sommes consacrées à la recherche universitaire augmenteront progressivement. (Elles ont d'ailleurs été réduites, mais pas coupées totalement, il faut le reconnaître).
      Louka Paradis, Gatineau

    • Guillaume Briand - Inscrit 12 décembre 2012 23 h 37

      "Aimeriez-vous mieux un régime d'austérité comme ceux que connaissent la Grèce et le Portugal après avoir été décotés par les agences de notation ? L'équilibre budgétaire, c'est crucial"

      Essayons de ne pas présenté des arguments démagogique s'il vous plait, comparé la situation du québec à la Grèce? Juste wow... L'équilibre budgétaire n'est pas une nécessité contrairement à ce que croyait Bouchard...

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 11 décembre 2012 06 h 31

    Sabrer ou parier … la méconnaissance ?

    « Les étudiants diplômés, soit la relève scientifique du Québec, seront vraisemblablement les grandes victimes de ces compressions. » (Pauline Gravel, Le Devoir)

    Bien que ces amputations relèvent du budget 2012, adopté sans problème par le Gouvernement actuel, il demeure d’intérêt que les personnes, ressources et la population concernées auraient du être avisées, et ce, moyennant une Commission parlementaire à cet effet.

    De ces coupes, une question double :

    Les plates formes politiques, représentées à l’ANQ, avaient-elles prévu ou souhaité, des Fonds de Recherche Québécois, un tel régime-minceur ?

    Si oui ou non, comment l’expliquer, le justifier, le valider ?

    Sabrer dans de tels Fonds, c’est comme, aussi , affecter tout autant le devenir que l’avenir d’un Québec , pourtant, toujours en quête de savoirs et de savoirs-pratiques ; des savoirs susceptibles d’inspirations et de découvertes dynamiques, accessibles … !

    Sabrer ou parier … la méconnaissance ? - 11 déc 2012 -

  • Albert Descôteaux - Inscrit 11 décembre 2012 06 h 32

    Qui défend la recherche universitaire au Québec?

    Avec le PQ au provincial et les conservateurs au fédéral, la recherche universitaire vit une période sombre. Difficile à comprendre l'idéologie derrière cette décision des péquistes de charcuter dans les budgets des Fonds de recherche du Québec.

    Je souhaite que le scientifique en chef du Québec, les présidents des 3 Fonds, et les dirigeants universitaires prennent publiquement position et appuyent la communauté scientifique contre ces coupures.

  • Yvan Lapierre - Inscrit 11 décembre 2012 07 h 47

    Le PQ, changez de nom

    Nommez vous le NPCQ, Nouveau Parti Conservateur du Québec!

    • Marc Blanchard - Inscrit 11 décembre 2012 09 h 41

      Ne charriez pas.

    • Gaston Carmichael - Inscrit 11 décembre 2012 10 h 52

      C'est vrai que ce genre de coupure est plus dans les méthodes du PCC.

      La boutade que le PQ signale à gauche, mais tourne à droite n'est peut-être pas si farfelu que cela.

  • Yvan Lapierre - Inscrit 11 décembre 2012 08 h 52

    La CAQ soyez prêt

    Le PQ préparent le terrain pour la CAQ!! Ils ne peuvent pas faire pire, Ils peuvent juste être un tentinait plus progressiste puis ils vont rafler les prochaines élections!!! Les compressions du PQ sont éxagèrés et non justifié.