Québec entend créer son registre des armes

Jugeant qu’il s’agit d’un « outil essentiel aux policiers et policières dans l’exercice de leurs fonctions », le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a confirmé en Chambre jeudi la « ferme intention » de son gouvernement de déposer un projet de loi sur l’enregistrement des armes à feu sans restriction au Québec.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jugeant qu’il s’agit d’un « outil essentiel aux policiers et policières dans l’exercice de leurs fonctions », le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a confirmé en Chambre jeudi la « ferme intention » de son gouvernement de déposer un projet de loi sur l’enregistrement des armes à feu sans restriction au Québec.

Québec — Pour souligner le triste anniversaire de Polytechnique, le gouvernement Marois a annoncé le dépôt prochain d’un projet de loi sur l’enregistrement obligatoire des armes à feu, un système québécois qui prendra le relais du registre fédéral désormais révolu.


Jugeant qu’il s’agit d’un « outil essentiel aux policiers et policières dans l’exercice de leurs fonctions », le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a confirmé en Chambre jeudi la « ferme intention » de son gouvernement de déposer un projet de loi sur l’enregistrement des armes à feu sans restriction au Québec.


« Ce projet de loi constituera l’assise légale sur laquelle nous bâtirons un registre québécois des armes à feu, dont la mise en place s’effectuera dès que le gouvernement du Québec obtiendra, du gouvernement fédéral, les données québécoises du Registre canadien des armes à feu », a précisé le ministre de la Sécurité publique.


Depuis l’annonce de l’abolition du Registre canadien des armes à feu par le gouvernement fédéral en avril dernier, Québec a multiplié les recours pour conserver les données québécoises qui devaient être détruites dans le processus. En septembre, un jugement de la Cour supérieure du Québec a donné gain de cause au gouvernement québécois et ordonné au fédéral de lui transférer les données, une décision qui a été portée en appel par le gouvernement Harper.

 

Justin Trudeau


Stéphane Bergeron a profité de l’occasion pour tirer à boulets rouges sur Justin Trudeau, qui déclarait récemment que le registre avait été « un échec » et que la possession d’une arme à feu était une « facette importante de l’identité canadienne ». Le sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais en a rajouté mercredi, parlant d’un « citron ».


« Le Registre des armes à feu n’est ni une erreur, ni un échec, ni un citron, s’est emporté le ministre de la Sécurité publique. L’adage populaire dit : le silence est d’or. J’invite certains intervenants à Ottawa à méditer soigneusement cet adage. »


Le registre canadien, qui a été élaboré à la suite des attentats de Polytechnique en 1989, a été consulté en moyenne 664 fois par jour par les policiers du Québec, a-t-il précisé. « C’est dire à quel point cet outil est indispensable. »


Cette annonce a été accueillie très favorablement par tous les partis d’opposition qui ont, chacun leur tour, rappelé l’importance de se souvenir de Polytechnique pour éviter que de tels drames se reproduisent. Deux anciens policiers, le député libéral Robert Poeti et celui de la CAQ, Jacques Duchesneau, ont insisté sur l’importance du Registre des armes à feu pour « sauver des vies ».


Dans un discours empreint d’émotions, Jacques Duchesneau a raconté qu’il était à Polytechnique le jour du drame et qu’il y dirigeait l’enquête policière. « J’appuie […] cette motion, qui fait en sorte que ces victimes, aujourd’hui, ne soient pas des victimes oubliées », a-t-il conclu.

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