Premières Nations - Marois veut discuter de nation à nation avec les autochtones

La première ministre, Pauline Marois, et le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, ont discuté lundi du développement des ressources et de la gestion du territoire québécois.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre, Pauline Marois, et le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, ont discuté lundi du développement des ressources et de la gestion du territoire québécois.

Pauline Marois a l’intention d’honorer « l’héritage de René Lévesque » en établissant des relations « de nation à nation » avec les autochtones du Québec, dans le dossier du développement des ressources et de la gestion du territoire. Et cette ouverture du gouvernement a semblé plaire au chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.

M. Picard et la première ministre étaient réunis en sommet sur le sujet lundi à Montréal, avec une quarantaine de chefs autochtones du Québec et quatre ministres du gouvernement Marois.


M. Marois a aussi indiqué souhaiter travailler plus « en amont » avec les autochtones, dans les dossiers de la cogestion, de la conservation, de la consultation et des accommodements, et du partage équitables des redevances. Ces quatre enjeux avaient été soulevés, plus tôt dans la journée, par la quarantaine de chefs de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.


Dans l’immédiat, Pauline Marois s’est simplement engagée à tenir, à partir du mois de janvier prochain, une table de discussions sur un ensemble de sujets, qui tentera de prendre en compte les besoins et les situations spécifiques de chacune des communautés.


Mme Marois a également avancé qu’elle souhaitait accélérer les négociations bipartites de Québec avec les Attikameks, entreprises en juillet dernier au sujet de l’exploitation forestière en Haute-Mauricie.


Cet exemple de négociation bilatérale servirait d’ailleurs de projet-pilote dans l’ensemble des dossiers, a fait valoir Éric Cardinal, porte-parole de la grande chef du conseil de la nation attikamek, Eva Ottawa. « L’expression de “nation à nation” fait référence à un concept politique que l’État québécois a rarement appliqué. Elle signifie que les rapports avec les premières nations doivent être égalitaires, en reconnaissant notre souveraineté préexistante que l’on n’a jamais abandonnée », a signifié Mme Ottawa.


Selon M. Picard, les chefs étaient restés sur leur faim, en début de journée, devant les propositions d’ouverture du gouvernement Marois.


Mais le chef Ghislain Picard a tout de même relevé que « le gouvernement précédent n’est jamais allé aussi loin que de dire : “oui, je suis prêt à aborder les quatre enjeux que vous me présentez”».


M. Picard a cependant relevé qu’il fallait agir vite, en particulier à cause de la situation minoritaire du gouvernement péquiste.


Selon Mme Marois, il est possible de faire avancer les dossiers de façon tripartite, même si le gouvernement fédéral n’a pas encore annoncé son intention de se joindre aux discussions.


Cela dit, la présence du gouvernement fédéral est nécessaire dans les négociations ayant trait aux droits territoriaux autochtones.

3 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 4 décembre 2012 05 h 37

    Un pas est un pas...

    Un pas est un pas et lorsqu'il va dans la bonne direction, on ne peut qu'approuver.
    Pour moi, Madame Marois marque ici un point. Nous Québécois devons rétablir au plus tôt les ponts historiques qui étaient entretenus avec les Amérindiens de toutes les nations, avant que le changement de monarchie règnante sur le Canada en 1763 ne vienne empirer le grand chamboulement qui se déroulait alors dans les Amériques.
    Une fois cela fait, nous devrons faire preuve d'une solidarité et d'une fraternité avec ces nations qui égaleront en importance celles que leurs propres Anciens ont porté aux nôtres pendant leur établissement en Nouvelle-France (sans lesquelles notre petite société française n'aurait sans doute jamais survécue).
    Non seulement ce geste en sera-t-il perçu partout comme la démonstration collective du respect que nous rendons aux descendants des premiers occupants du pays, mais tous ici, eux et nous, y gagnerons de réussir ce qu'aucune autre nation américaine n'a réussi à faire.
    Les défis qui nous attendent ne sont pas moins exigeants en innovation politique que la route sera semée d'embûches avant d'arriver au pays républicain du Québec.
    Alors travaillons ensemble, atochtones de très longue ou longue installations ; ne craignons pas plus d'innover dans le domaine politique que dans les autres secteurs de l'activité humaine où nous excellons déjà à le faire.

    Et Vive la République du Québec libre !

  • Gaston Carmichael - Inscrit 4 décembre 2012 12 h 37

    L'éléphant dans la pièce...

    Mme Marois n'a même pas jugé bon de rappeler l'attitude honteuse du gouvernement fédéral avec l'ignoble loi sur les indiens.

    Les autochtones relèvent d'abord et avant tout du gouvernement fédéral. Le gouvernement Harper a fermer la porte à toute réforme de cette loi sur les indiens. Si on veut les aider, ils faut nécessairement passer par là.

    Mme Marois fait semblant de ne pas voir cela. Pourtant, c'était une belle occasion pour souligner que la souveraineté du Québec est plus nécessaitre que jamais.

    Comme chef d'un parti souverainiste, ce n'est vraiment pas convaincant. Comme première ministre d'un gouvernement provincial, c'est comme ça qu'on les aime à Ottawa.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 décembre 2012 05 h 18

      M.Carmichael, Mme Marois n'a pas a juger l'attitude honteuse du gouvernement fédéral ! Ça n'a aucun effet sur les ententes qu'elle peut faire avec les autoctones. Ne même pas en parler est la meilleure attitude qu'elle pouvait appliquer. C'est ça un gouvernement souverainiste. Et en passant, les autochtones relèvent d'abord et avant tout de la reine, personnellement, par traités !