Pensions alimentaires déduites de l’aide sociale - La ministre Maltais refuse d’agir d’ici juin

Agnès Maltais
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Agnès Maltais

Québec – La ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, juge que l’amputation des pensions alimentaires pour enfants versées aux mères de famille monoparentale qui reçoivent de l’aide sociale ou sont aux études est une situation qu’il faut absolument corriger, mais elle ne sait pas quand le gouvernement y remédiera.

« Nous avons cette situation à coeur, nous y travaillons sérieusement. C’est une situation très problématique », a répondu Agnès Maltais à une question posée à l’Assemblée nationale par Françoise David.


Mais quand la porte-parole de Québec solidaire a demandé à la ministre de s’engager à régler le problème d’ici juin 2013, celle-ci n’a pas voulu le faire. « Je vous dis : le plus rapidement possible », a dit Agnès Maltais, qui a évoqué, par ailleurs, le fait que le gouvernement Marois devait « remettre de l’ordre dans les finances publiques ».


Françoise David a présenté mercredi le projet de loi no 195 « visant à exclure les pensions alimentaires pour enfants du calcul du revenu dans diverses lois à caractère social ». Les parents vivant de l’aide sociale qui reçoivent une pension alimentaire pour leurs enfants ne peuvent conserver, pour chacun de leurs enfants, que 100 $ par mois, l’excédent étant considéré comme un revenu, qui est versé au trésor public. Le même principe s’applique pour le régime de prêts et bourses. Les programmes d’aide au logement et l’aide juridique sont aussi touchés.


Rappelant que le Parti québécois, alors dans l’opposition, avait présenté deux projets de loi en 2008 et 2009 pour remédier à la situation, Françoise David a qualifié celle-ci d’« injustice systémique envers les femmes les plus pauvres ».


En conférence de presse, la députée de Gouin était accompagnée de Roxane Blanchet, du Front commun des personnes assistées sociales, et de Lorraine Desjardins, de la Fédération des familles monoparentales.


Motion


Selon une étude menée par un comité interministériel en 2006, il en coûterait 46,5 millions pour exempter totalement les pensions alimentaires dans le calcul des revenus des différents programmes, essentiellement du côté de l’aide sociale. Selon Lorraine Desjardins, il s’agirait plutôt d’environ 40 millions de dollars, étant donné qu’il y a moins de familles monoparentales à l’aide sociale aujourd’hui.


Sur cet enjeu, tous les partis sont d’accord. Les députés ont adopté mercredi une motion à l’unanimité pour demander au gouvernement d’agir avec diligence afin de remédier à la situation.