La langue de travail au Québec - Le bilinguisme prend le pas sur le français

Selon l’Office québécois de la langue française, le bilinguisme est devenu « une pratique courante dans le quotidien des travailleurs », surtout à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon l’Office québécois de la langue française, le bilinguisme est devenu « une pratique courante dans le quotidien des travailleurs », surtout à Montréal.

Hello, bonjour : dans le monde du travail québécois, le bilinguisme prend une place de plus en plus importante au quotidien. Une étude de l’Office québécois de la langue française (OQLF) dévoilée mardi indique ainsi que 63 % des travailleurs ont recours à l’anglais, alors que l’usage prédominant du français recule légèrement.

C’est maintenant « une minorité des Québécois qui travaille exclusivement en français », constate la présidente de l’OQLF, Louise Marchand. Le bilinguisme est devenu dans la foulée « une pratique courante dans le quotidien des travailleurs », au point que 82 % des travailleurs montréalais utilisent minimalement un peu d’anglais dans leurs tâches professionnelles.


Cet usage de l’anglais n’empêche toutefois pas 89 % des travailleurs québécois d’utiliser principalement le français (soit de 50 à 100 % du temps). Ce taux est stable depuis 2007, mais il était de 91 % en 1989. En comparant différentes études sur la question réalisées depuis 1971, l’OQLF remarque d’ailleurs qu’il y a eu une progression de l’usage du français entre 1971 et 1989, mais une légère diminution depuis.


L’effet est plus marqué dans la région de Montréal, où l’usage du français comme principale langue de travail était l’affaire de 69 % de la population en 1971 et de 85 % en 1989 : il est maintenant de 80 % (en baisse de trois points en cinq ans). La baisse touche tant les francophones que les anglophones (94 % des francophones parlaient surtout français au travail en 1989 ; ils sont 87 % aujourd’hui).


La proportion d’allophones qui travaillent surtout en français ne cesse quant à elle d’augmenter (de 42 % en 1971 à 68 % en 2010 - date de collecte d’une partie des données dévoilées mardi). Il y a cinq ans, le taux était de 63 %.


D’autres indicateurs tirés d’une analyse du recensement de 2006 situent plutôt à 82 % la proportion de Québécois qui utilisent « principalement le français » au travail. Sur l’île de Montréal, ce taux est de 65 %. Plus d’une personne sur quatre (26 %) parle principalement anglais au travail sur l’île, alors que 55 % disent parler français et anglais.


La langue maternelle influence la langue de travail, montre aussi l’étude de L’OQLF. Dans la région de Montréal, 90 % des natifs et 78 % des immigrants de langue française parlent principalement français au travail, alors que 69 % des natifs et 75 % des immigrants ayant l’anglais comme langue maternelle parlent surtout cette langue au travail, selon les données du recensement. Les résultats d’un sondage mené en 2010 sont légèrement différents, mais indiquent la même adéquation entre langue d’usage à la maison et langue de travail.

 

S’inquiéter ou pas ?


Quelles conclusions tirer ? Louise Marchand fait valoir que « le français demeure clairement la langue principale de travail de la majorité des Québécois » - façon de dire qu’il n’y a pas nécessairement péril en la demeure. Mais la montée du travail en mode bilingue met l’OQLF devant le « défi de trouver le juste équilibre entre le droit de travailler en français, garanti par la Charte de la langue française, et les besoins spécifiques et véritables des entreprises en matière de bilinguisme ».


Sauf que les données publiées mardi sont « quantitatives, et non qualitatives ». L’OQLF ne peut donc actuellement juger si la présence de plus en plus importante de l’anglais au côté du français est justifiée ou pas. Il n’est « pas exclu » que l’organisme fasse plus tard une étude sur cette question, a dit Mme Marchand.


La présidente a pour le moment rappelé que la « Charte interdit à un employeur d’exiger une autre langue que le français, à moins de démontrer éventuellement que cette exigence est véritablement requise ». Et elle a promis que l’Office sera « vigilant » à cet égard.


Le Mouvement Québec français retient pour sa part que le français recule en tant que langue de travail, situation qu’il attribue « aux affaiblissements qu’a subis la loi 101 au cours des 30 dernières années ». L’organisme estime qu’il est « temps de renforcer et de mettre à jour » la loi.


À l’inverse, le Conseil du patronat a souligné un « portrait relativement stable et encourageant de la francisation des entreprises au Québec ». La progression du bilinguisme s’explique d’après lui par « plusieurs facteurs circonstanciels », notamment le contexte de « mondialisation croissante » où le bilinguisme est un « atout ».


À Québec, la ministre responsable du dossier, Diane De Courcy, a pris acte des données de l’OQLF et répété qu’elle déposerait « avant Noël » son projet de réforme de la Charte. « Il est très clair que la question de la langue de travail sera touchée », a-t-elle dit.

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53 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 28 novembre 2012 02 h 39

    Une question cruciale ignorée

    Le fait d'exiger la connaissance de l'anglais pour occuper certains postes dans certaines grandes entreprises ne présente pas de danger pour la langue française.
    Là où il y a danger, c'est lorsque qu'une grande entreprise n'exige pas la connaissance du français et engage des anglophones unilingues dans des postes où ils doivent échanger couramment avec leurs collègues ce qui a comme résultat que la langue d'usage interne de l'entreprise devient rapidement l'anglais.

    C'est le cas notamment chez L'Oréal Canada installé à Montréal, compagnie française dont le PDG, Javier San Juan, affirmait en 2010 que le français, ce n'est bon que pour satisfaire la curiosité intellectuelle. Pour lui, le français a le même statut qu'une langue morte comme le latin.

    http://affaires.lapresse.ca/economie/fabrication/2

    • André Chevalier - Abonné 28 novembre 2012 08 h 35

      Pour ajouter sur L'Oréal.

      D'une part, Javier San Juan dit que L'Oréal a choisi Montréal comme centre d'affaire au Canada à cause du fait qu'elle est une ville multilingue et, d'autre part, il dit que l'imposition du français y est un handicap.

      Donc cette compagnie tire profit du fait que la population québécoise a défendu la langue française durant trois siècles tout en rejetant la promotion.

      Plus profiteur que ça, tu meurs!

    • Gilles Théberge - Abonné 28 novembre 2012 09 h 37

      On peut être riche sans être civilisé.

      Sans aller si loin parce que le comportement que vous rapportez est quasiment obscène, c'est une injure, en france on commence à se faire aborder en anglais par les serveurs et certains commis dans les restaurants et boutiques. Ça nous est arrivé plusieurs fois cet automne.

      Il est manifeste que les (des?) Français sont souvent indifférents à la place de leur lange dans l'espace public.

    • Alice Gérard Roy - Inscrite 28 novembre 2012 17 h 56

      Je me demande combien de personnes utilisent exclusivement le français versus exclusivement l'anglais au travail?
      Le danger, ce serait qu'à la longue, qu'un Québécois francophone ait de très faibles opportunités d'emplois s'il ne maîtrise pas bien l'anglais... à ce moment là, le français ne sera peut-être plus essentiel.

  • Viviane Blais - Inscrite 28 novembre 2012 03 h 03

    Le Québec n'est pas une île

    Nous vivons dans l'ère de la mondialisation et de la communication électronique, et l'anglais est la langue commune pour communiquer avec le monde entier, qu'on le veuille ou pas. Si nous voulons prospérer, nous avons intérêt à bien parler l'anglais, voire même une troisième langue, en plus de notre langue maternelle. Est-ce que savoir nager enlève quelque chose à notre habileté à faire du vélo? Bien connaître l'anglais n'enlève rien à notre connaissance du français. Plus on sait de choses dans la vie, moins on a peur et plus le monde s'ouvre à nous. Pourquoi tant de résistance?

    • Robert Séguin - Inscrit 28 novembre 2012 08 h 51

      L'article ne remets pas en cause l'apprentissage de l'anglais. Il soulève simplement des question quant à l'usage de la langue française. Je crois qu'il faudrait être bien borné pour ne pas reconnaitre que, plus un individu est polyglotte, plus il a d'opportunités ( tant profesionnelles qu'intellectuelles ). Il faut simplement se donner les outils pour que notre langue, et par extension notre culture et notre état, se porte au mieux.

    • André Michaud - Inscrit 28 novembre 2012 09 h 12

      Voila des propos réalistes et non idéologiques. Et un jour ce sera peut-être en chinois et français? Ou anglais et chinois?

      Ce n'est pas la faute des autres si les citoyens soint de moins en moins intéressé à apprendre à parler et écrire correctement le français, et que le ministère de l'éducation a failli à la tâche avec ses réformes farfelues de lologues déconnectés de cette réalité..trop facile de mettre notre incompétence et notre paresse sur le dos des anglos.

      Le français est devenu ce qu'on en a fait. Ce sont les citoyens qui décident des langues, pas les lois.

    • Jean Richard - Abonné 28 novembre 2012 09 h 12

      Encore ces clichés : l'anglais langue commune, l'anglais langue de communication, l'anglais langue d'ouverture sur le monde entier. Il y a une différence, une différence énorme entre l'empire anglosaxon et le monde entier.

      Et encore cette distorsion de la pensée dans l'affirmation que ceux qui se battent pour la survie de la diversité linguistique - la défense du français en Amérique du Nord fait partie de la bataille - ne sont que des bornés, qui se ferment au monde, qui veulent s'isoler sur une île.

      En occident, quelle est la langue maternelle de l'unilinguisme ? Il se pourrait fort bien que ce soit l'anglais. Demandez-le à quiconque a côtoyé des gens venus de divers pays (occidentaux) et la réponse sera rapide : les locuteurs de langue maternelle anglaise sont ceux qui sont les moins portés à maîtriser d'autres langues. Alors elle est où cette soi-disant ouverture qu'apporte l'unilinguisme anglophone ?

      Ce n'est pas la multiplicité des langues que les gens craignent, mais bien l'anglicisation qui elle, nous mènerait droit à l'unilinguisme, comme il existe dans le ROC et aux USA (où dans plusieurs états on commence à manifester de l'inquiétude face à la montée de l'espagnol).

    • Gilles Théberge - Abonné 28 novembre 2012 09 h 44

      Si je prends au pied de la lettre votre commentaire madame Blais, je demande pourquoi parler une autre langue que l'anglais, et à la rigueur seulement l'anglais puisque vous placez la valeur communication avec «le monde» au premier plan, et qu'ensuite selon vos dires vou l'affirmez «l'anglais est la langue commune pour communiquer avec le monde entier».

      Si je suis votre raisonnement, sans le déformer, je me dis qu'au fond conserver une langue, le français qui devient pratiquement inutile, ça ne sert à rien finalement.

      Et que finalement le plurilinguisme est une simple coquetterie puisque la langue anglaise est essentielle. Et dans ce cas c'est une maîtrise parfaite rien de moins qui s'impose.

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 28 novembre 2012 10 h 27

      Vous parlez au niveau individuel, cinq langues c'est encore mieux! Là n'est pas le contexte quand on parle de "bilinguisme" politique! Regarde, je pourrais aussi dire que l'argent c'est bon et cool pour tout le monde alors obligeons tout le monde à être super riche en imprimant des billets quand on en a besoin, et tiens on le proclame nous sommes des "super-riches"... Ou bedont que tout le monde devrait être obligé de savoir faire des pointes de macrhamé parce que c'est bon et cool on en voit à la TV avec des Super-FXssss et ça apporte du zen dans la vie...

      C'est de ce même ordre que de parler de bilinguisme imposé : ça ne se peut pas. La preuve elle s'observe, alors que l'on parle majoritaireent en anglais au travail et de plus en plus, sous prétexte de bilinguisme!!! On l'sait bien que l'boss va imposer sa langue, et quand le marché est orienté comme ce fut le cas sous les libéraux...

      La conséquence : Montréal devient anglophone, et c'est conscient. Le bilinguisme politique est fumiste quand en réalité c'est le patron qui te donne ton chèque qui décide. Lui personne ne lui impose rien même pas le bilinguisme (duquel tout le monde comprend que c'est soit l'une des langues soit l'autre et non les deux, il suffit de se promener au centre-ville pour voir la DYNAMIQUE D'ADOPTION au lieu de se fermer les yeux et l'esprit derrière de vieux remparts là-bas)... Ce bilinguisme politique disais-je est d'une mécanique implacable quand elle est utilisée de la sorte, à retors : Génocide Tranquille.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 28 novembre 2012 12 h 31

      Les gens ont peur tout simplement... très bon texte

    • Djosef Bouteu - Inscrit 28 novembre 2012 15 h 10

      Confondre bilinguisme et diglossie est le pinacle du manque de compréhension de la sociolinguistique.

      La diglossie mène généralement à l'assimilation à la langue dominante. C'est à opposé de l'ouverture et de la diversité culturelle parce que le résultat est la disparition de la culture portée par la langue qui crève.

      Confondre ouverture sur le monde et enfermement dans l'anglais est signe de mépris ou d'ignorance de la diversité culturelle. Un locuteur du basque et un autre du catalan ne passent pas par l'anglais pour communiquer. Dans ce contexte sociolinguistique c'est plutôt le castillan (espagnol) qui sert de langue seconde d'échange.

      Dans votre comparaison boîteuse, le problème n'est pas d'apprendre à nager (ou à jongler, etc) sur le plan individuel, mais bien de forcer l'ensemble d'un peuple qui marche à nager (au détriment de toutes autres activités) sous prétexte que certains immigrants et touristes refusent obstinément d'apprendre à marcher au Québec.

      Enfin je vous retourne votre réthorique de peur : Pourquoi avoir peur de vivre en français? Pourquoi avoir peur de demander à celles et ceux qui font le choix de notre société de s'ouvrir au peuple qui les accueille en apprenant la langue commune du Québec?

      Résister à la disparition de notre langue est très sain. Le rejet de l'anéantissement du français est la plus simple expression du respect de soi et de sa culture.

      Ce même respect élémentaire qui me ferait apprendre et utiliser le gallois si j'émigrais au Pays de Galles.

    • Natalie Walsh - Inscrit 2 décembre 2012 23 h 13

      Tout à fait d'accord. Je connais maintenant 3 langues, et je n'oublie pas une à cause de l'autre.

      J'en ai marre de voir le débat dévier du vrai sujet - la mauvaise qualité de l'enseignement dans le système publique et haut taux du décrochage.

  • Marc Collin - Inscrit 28 novembre 2012 03 h 15

    plus que quelques temps

    moins de 100 ans et on s'occuperas pas du français minoritaire

  • Djosef Bouteu - Inscrit 28 novembre 2012 04 h 20

    Affiches révélatrices.

    L'image est très bien choisie pour illustrer le gros problème de régression du français.

    L'anglais communique toute l'information alors que le français se contente d'être là pour la forme. «Hello! Bonjour!»

    Bon, c'est «à louer». Mais les autres informations, elles?

    C'est quoi, des sq ft?
    Des ft ceilings?
    Des loading dock?

    En bon Québécois «full bilingue» (trilingue, même) je voudrais quand même pouvoir vivre dans ma langue chez moi.

    Force est de constater que si Montréal accueille une forte immigration multilingue, le français dans la sphère publique régresse au profit... de l'anglais.

    Il faut arrêter de dormir au gaz et faire du français la langue d'intégration au Québec.

    Pendant ce temps, en Saskatchewan, les deux tiers des francophones parlent anglais à la maison.

    • France Marcotte - Inscrite 28 novembre 2012 08 h 50

      Mais vous oubliez la dimension suivante: cette photo a bel et bien été choisie pour illustrer un article au titre suivant: «Le bilinguisme prend le pas sur le français.»

      La photo dit plutôt que l'anglais prend le pas. Alors pourquoi cette photo si le titre dit juste?

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 28 novembre 2012 10 h 57

      France, parce que le titre dit faux : dire que le bilinguisme prend le pas sur le français est un anachronisme, un piège issu d'un détours de langue. On le voit d'ailleurs on veut dire l'anglais, pas le bilinguisme, quelle hypocrisie bien inexplicable par ailleurs... Tente-t-on de se cacher ? Et de quoi, se cacher de dire que l'anglais est en train de gagner une compétition, à laquelle elle seule savait qu'elle participait en complicité avec ses arbitres et en manipulant les politiques pour se faire ? Purée la corruption serait-elle culturelle?...

    • henri -s garneau - Inscrit 28 novembre 2012 12 h 17

      C'est quoi, des sq ft?
      Des ft ceilings?
      Des loading dock?

      Tous les jeunes du québec le savent eux. Les jeunes sont l'avenir et ils ne sont pas mais absolument pas intéressés à se cloitrer au village. Ils sont en mondialisation, Shanghai est dans leur salon, d'un coup de doigt ils sont en Russie ou Australie, embarquent dans des avions et voyagent comme jamais leurs parents ne l'auront fait. Le monde a changé et ça n'intéresse pu personne les guéguerre dinosauriennes des têtes blanches péquistes. Il est grand temps qu'iols laissent la place.

    • Natalie Walsh - Inscrit 2 décembre 2012 23 h 17

      Personne ne vous dit quelle langue parler chez vous. Par contre, j'entends souvent parler du 'déclin du français' et ceci dans un contexte de 'langue maternelle' ou 'langue plus souvent parlée à la maison' et ceci me laisse perplèxe.

  • Claude Paré - Inscrit 28 novembre 2012 04 h 27

    Des statisitique plus qu'imprécises

    Quand on dit que si une personne parle le français de 50 à 100 % du temps au travail, elle utilise principalement le français comme langue de travail, on a un problème. On devrait dire qu'elle utilise significativement le français. Avec une telle façon de compiler les statitistiques, on arrive à des résultats optimistes. Ce pourcentage d'utilisation inclut-il les échanges informels entre collègues? Pour dire qu'une personne parle principalement le français, il faudrait qu'elle travaille au moins 60% de son temps en français, encore là ce ne serait pas significatif. Pour dire que la langue de travail est surtout le français, il faut que le travailleur parle le français à 75 % du temps. Et pourquoi, dans ces conditions 69 % des natifs et 75 % des immigrants ayant l’anglais comme langue maternelle parlent surtout cette langue au travail, c'est totalement incohérent avec le premier chiffre, si l'on considère que 13% des Québécois sont anglophones. Je ne pense pas que l'on peut dire que la nature du travail commande d'utiliser à ce point l'anglais dans des échanges, peut-être le lire, mais le parler?

    On voit souvent dans des milieux de travail les anglophones imposer leur langue et les francophones plier devant l'anglais dès qu'un mot anglais est prononcé, sans que cela soit justifié par une situation de travail. On sait aussi qu'au gouvernement, on laisse choisir à l'immigrant la langue d'interaction avec l'état. Il y a bien le contexte, mais il n'explique nullement une telle bilinguisation.

    On la voit en art où chaque programme, chaque annonce est dans les deux langues. Montréal, métropole culturelle francophone du Québec? Montréal, première ville francophone après Paris ? Vraiment ? On n'y croit pas. Montréal, Metropole culturelle de quelle culture au juste? D'une « diversité » culturelle qui commande une bilinguisation constante? C'est plutôt : Montréal, métropole culturelle bilingue d'une grosse province bilingue. Beaucoup de travail à faire.