Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Le budget Marceau passe la rampe… sans plus

Le taux de réception du budget du ministre Nicolas Marceau est en fait très semblable au taux de satisfaction global que récolte le gouvernement Marois.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le taux de réception du budget du ministre Nicolas Marceau est en fait très semblable au taux de satisfaction global que récolte le gouvernement Marois.

Sans soulever d’enthousiasme particulier ou susciter de grands espoirs, le budget présenté mardi par Nicolas Marceau « passe la rampe » du jugement populaire, suggère un sondage Léger Marketing préparé pour Le Devoir et The Gazette.

Le coup de sonde accorde un taux de satisfaction de 33 % au budget, contre 54 % d’insatisfaits. C’est peu, comme appui ? C’est plutôt pas mal pour un budget, estime Christian Bourque, vice-président chez Léger. « Ça passe la barre, dit-il. Un budget est toujours l’élément le plus impopulaire d’un gouvernement. » En mars 2011, le budget Bachand avait par exemple obtenu 20 % de satisfaction dans les jours suivant son dépôt. « Un tiers d’approbation, c’est bon », juge donc M. Bourque.
 
Reste que sur le fond, les Québécois ne s’attendent pas à des miracles : à peine un peu plus d’un Québécois sur dix (12 %) croit que le gouvernement va effectivement atteindre l’équilibre budgétaire en 2013-2014… Même les péquistes en doutent (28 % pensent que Québec atteindra l’objectif).
 
Le taux de réception du budget Marceau est en fait très semblable au taux de satisfaction global que récolte le gouvernement Marois selon le sondage : 37 %, contre 54 % d’insatisfaits — un résultat en reflet de l’élection du 4 septembre. Les intentions de vote n’ont d’ailleurs pas changé non plus depuis ce moment, le Parti québécois étant à 33 % et le Parti libéral à 31 %. Seule la Coalition avenir Québec a perdu des plumes, à 22 % (contre 27 % à l’élection).
 
Concernant le budget, les électeurs péquistes en sont satisfaits à 73 % (ce qui laisse 21 % d’insatisfaits — « l’aile gauche », selon Christian Bourque), alors qu’un tiers des électeurs de Québec solidaire ou d’Option nationale l’approuvent. Plusieurs ont dit que le document présenté par Nicolas Marceau aurait pu être écrit par les libéraux ou les caquistes, mais les répondants du sondage identifiés comme des électeurs de ces deux partis le jugent sévèrement : les trois quarts d’entre eux en sont insatisfaits. Un libéral sur dix et un caquiste sur cinq l’ont tout de même trouvé intéressant.
 
Pas question de déclencher des élections sur cette question, indiquent aussi les résultats. Les deux tiers des Québécois estiment que les partis d’opposition doivent s’assurer que le budget passe, alors que 22 % croient au contraire que libéraux et caquistes devraient saisir l’opportunité pour déclencher une campagne électorale hivernale.
 
Dans le détail, quatre mesures du budget obtiennent un très fort appui (Léger Marketing a questionné les électeurs sur dix mesures) : l’augmentation de la taxe sur le tabac (4 $ la cartouche), l’augmentation du taux d’imposition pour les contribuables ayant un revenu individuel de 100 000 $ et plus, l’augmentation de la taxe sur l’alcool et la hausse de 4,8 % du budget du ministère de la Santé sont qualifiées de « bonnes mesures » par au moins 72 % des répondants.
 
« Ce sont des mesures qui touchent peu la classe moyenne, explique Christian Bourque. Ce n’est pas la majorité qui fume, ce n’est pas la majorité qui gagne plus de 100 000 $, la hausse sur l’alcool représente juste 17 cents la bouteille de vin, et personne ne va se plaindre d’une hausse de budget à la santé quand la population vieillit. »
 
Deux autres mesures passent le cap des 50 % d’approbation, soit l’abolition de 2000 postes à Hydro-Québec (53 %) et le maintien de la taxe santé pour les contribuables qui gagnent plus de 42 000 $. Dans ce dernier cas, l’analyste Bourque remarque que la taxe santé est plus populaire chez ceux qui gagnent peu ou beaucoup d’argent.
 
Quatre autres mesures sont finalement mal accueillies. Le maintien du gel des droits de scolarité (54 % estiment qu’il s’agit d’une mauvaise mesure, contre 42 % d’appui) divise de la même manière que l’enjeu divisait le printemps dernier, note Christian Bourque. La réduction du budget des infrastructures de 12 à 9,5 milliards suscite aussi le mécontement (46 % en défaveur, 41 % pour). 
 
On retrouve tout en bas de la liste la hausse de la facture d’électricité, jugée mauvaise par 76 % des répondants, alors que 21 % estiment qu’il s’agit au contraire d’une bonne mesure. Cette hausse est moins élevée que celle prévue par les libéraux (le bloc patrimonial devait passer de 2,79 à 3,79 cents le kilowattheure entre 2014 et 2018 — une augmentation annulée et remplacée par une indexation annuelle de ce tarif au coût de la vie). 
 
Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1014 personnes les 21 et 22 novembre. Ce type de sondage est non probabiliste et ne comporte donc pas de marge d’erreur officielle. Mais Léger Marketing estime qu’un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.

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Couillard en tête
 
La course au leadership du Parti libéral du Québec passe plutôt sous le radar depuis son lancement, il y a un mois. Mais l’ancien ministre Philippe Couillard demeure bien en tête comme « candidat qui ferait le meilleur chef » du PLQ : 31 % des répondants lui accordent leur faveur. Raymond Bachand suit avec 13 %, alors que Pierre Moreau est à 6 %. La course est toutefois loin d’être jouée : 42 % des électeurs ne savent pas encore qui ils privilégient. L’élection du prochain chef du PLQ se fera par un vote des délégués, et non pas au suffrage universel des membres du PLQ.

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Applebaum bien accueilli
 
Dans le contexte, c’est un score « énorme », dit Christian Bourque : l’élection de Michael Applebaum comme maire intérimaire de Montréal est accueillie favorablement par 53 % des répondants au sondage Léger Marketing. Moins d’une personne sur cinq se dit insatisfaite du résultat. À noter : 69 % des répondants dont la langue maternelle n’est pas le français approuvent la nomination de M. Applebaum. « S’il est aussi populaire parmi les anglophones et les allophones, il pourrait bien jouer le king maker comme colistier de Denis Coderre lors de la prochaine élection », suggère M. Bourque.
28 commentaires
  • Normand Carrier - Abonné 24 novembre 2012 07 h 19

    S'il y avait des élections aujourd'hui !

    Le PQ serait probablement majoritaire et le PLQ perdrait une dizaine de députés et la CAQ quelques uns malgré une perte importante du vote populaire ....La CAQ peut toujours compter sur une concentration de vote dans la région de Québec mais perdrait la plupart de ses sièges dans la couronne nord et en montérégie ... Il y aurait danger pour Legault , Rathée et Duchesneau .... Le PLQ pourra éternellement compter sur le vote anglophone et allophone ce qui lui assure 30 sièges minimalement ....
    Il serait temps pour ces partis d'opposition d'arrêter de faire les matamores et de regarder les sondages avant de menacer pour tout et pour rien de faire tomber le gouvernement ..... Jean-Marc Fournier est mieux d'avoir une garde-robe bien garnie au nombres de chemises qu'il déchire sur la place publique depuis septembre .....

    • Louis Palardy - Inscrit 24 novembre 2012 14 h 59

      "Les intentions de vote n’ont d’ailleurs pas changé non plus depuis ce moment, le Parti québécois étant à 33 % et le Parti libéral à 31 %. Seule la Coalition avenir Québec a perdu des plumes, à 22 % (contre 27 % à l’élection)."

      Alors cela donne une gouvernement Majoritaire au PQ ?
      Les sonadages donnaient 27-8% Au libéraux avant les élection et ils ont finit à 32% avec un chef détesté de tous. Imaginez avec un nouveau chef, le PLQ qui aura 2-3 point de plus au réel sondage. Moi je donne un PLQ majoritaire. De toute Façon Mme Marois est déjà détestée par 54% de la population après 2 mois d'improvisation et de girouette...

      Au final on aurait encore un autre gouvernement majoritaire représentant le tiers de la population! Super système.
      Quand à Mme Marois, le meilleur s'en vient avec le Sommet des Étudiants. Comme ils seront contre la Hausse au cout de la vie, ca va casseroller!!!!
      :-)

    • Patrick Boulanger - Abonné 24 novembre 2012 15 h 06

      Le PQ probablement majoritaire avec 33 % des voix ?

      Peut-être, mais je vous trouve bien optimiste avec votre « probablement ».

    • Frédéric La Brie - Inscrit 24 novembre 2012 22 h 17

      En fait la girouette c'était notre bon Charest qui apres 8 de règne n'avait rien a son actif a part des plans futurs pour ses amis italiens... Le PQ se doit de faire le ménage dans les finances comme ils le font a chaque fois apres le magouillage libéral! Ensuite ils pourront annoncer de nouveaux programmes! Mais une chose est sure il faut remettre en question tous les contrat accordés par les libéraux si on veut récuperer l'argent prévu pour la mafia....

    • J-F Garneau - Inscrit 25 novembre 2012 05 h 09

      Les "matamores de l'opposition" ont la mémoire courte!

      Radio-Canada, 7 février 2008: "Le PQ menace de faire tomber le gouvernement Charest au prochain budget s'il ne met pas en place un plan de relance économique substantiel. La chef Pauline Marois réclame aussi un ménage à l'Office québécois de la langue française. 'Nous serons prêts à aller en élection si le gouvernement ne propose pas de mesures significatives et si le budget ne nous satisfait pas' , a déclaré la chef du PQ, Pauline Marois."

      Le Devoir, 13 octobre 2007: "Crise forestière: Marois menace de faire tomber le gouvernement
      La chef du Parti québécois réclame une action plus énergique"

      Canoe, 17 mai 2010 : "Au lendemain des déclarations de Pauline Marois qui s’est dite fin prête à faire tomber le gouvernement à la première occasion, les troupes péquistes soutiennent lundi qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air et que l’opposition officielle envisage très sérieusement de se débarrasser de Jean Charest et de son équipe."

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 24 novembre 2012 07 h 34

    Accueil au budget

    Malgré tout le battage (bashing?) par Radio-Canada et LaPresse, c'est une bonne nouvelle.
    J'apprécie parce qu'on dirait qu'on a compris la stratégie derrière ce budget : mieux vaut garder le meilleur pour le dessert.

  • Claude Smith - Abonné 24 novembre 2012 08 h 44

    C'est connu

    Dans la plupart des cas, le résultat obtenu au sondage est directement proportionnel au fait que les sondés sont touchés ou non par la décision. C'est à se demander si, pour avoir un résultat très favorable, il faudrait que le gouvernement touche une infime partie de la population.

    Claude Smith

  • Bernard Gervais - Inscrit 24 novembre 2012 09 h 55

    Pourquoi un tel sondage ?

    Franchement, je me demande parfois à quoi servent les sondages !

    Comme si les gens allaient trépigner de joie en prenant connaissance du budget présenté par le ministre Marceau !

    Pensez-vous qu'ils s'attendaient vraiment, par exemple, à des réductions importantes de taxes et d'impôt, surtout compte tenu de l'état plus que critique dans lequel les libéraux ont laissé les finances publiques au moment du déclenchement des élections ?

    • Louis Palardy - Inscrit 24 novembre 2012 15 h 03

      A noter, Surtout avec les promesses Marois de gel de scolarité et de Hausses des Bourses d'études et de demi dégel du bloc patrimonial d'électricité.
      Elle a encore dépensé de l'argent qu'elle n'avait pas!
      De plus, avait-elle promis des hausses d'impôts en campagne électorale? Il me semble que je n'avais pas voté pour cela et encore moins pour la fermeture de Gentilly sans attendre les résultats des études.

    • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 24 novembre 2012 19 h 32

      C'est un sondage superficiel qui n'aboutit pas à un véritable résultat tout comme le budget Marceau qui capitule devant les exigences économiques du PLQ et de la CAQ. Lorsqu'un gouvernement dit progressif capitule ou fait presque sien les objectifs de l'opposition de droite c'est qu'il veut donner raison aux militants solidaires qui disent que le PQ est un parti de droite.

      Un gouvernement minoritaire en début de mandat lutte pour faire adopter ses mesures propres au moins les plus urgentes. Voir le gouvernement péquiste plier l'échine à ce point parce que minoritaire semble indiquer toujours ce que vaut le leadership de la première ministre.

      Mme Marois veut t-elle faire autre chose que remplacer platement J.Charest au poste de premier ministre sans imagination sans audace en faisant au mieux le ménage contre la corruption et pas plus?

    • Djosef Bouteu - Inscrit 24 novembre 2012 20 h 55

      Les Québécois n'avaient pas élu les libéraux pour doubler la dette du Québec, et pourtant ils l'ont fait.

      En parlant de dépenser l'argent qu'on a pas, vous le prenez où le 4,3 milliards + dépassements de coûts pour la réfection du citron CANDU-6?

  • Solange Bolduc - Abonnée 24 novembre 2012 10 h 24

    La panique chez nos commerçants ! Et les considérations humaines ?

    Le discours sur le budget n'était pas aussitôt terminé que les petits et gros commerçants, dès l'aube, n'avait pas d'autre choix que celui de se familiariser à toute vitesse avec les hausses de taxes sur la bière, le vin, le tabac, etc...

    Le Journal de Montréal ouvert sur le comptoir, mon dépanneur suivait les instructions...

    Je ne sais si le Ministre Marceau a une idée de ce que cette hausse représente pour les commerçants ? : Il leur faut tout chambarder (comptabilité, étiquettes...) en un espace de temps trop court, c'est-à-dire, le temps d'une nuit d'insomnie, afin de répondre aux impératifs du Ministre des Finances.

    Tout simplement inhumain!!

    Sans compter que la plupart des commerçants doivent se farcir les doléances de leurs clients qui, pour la plupart, sont très mécontents !

    Avant que mon dépanneur du coin n'ait eu le temps de se familiariser avec le montant à ajouter à chaque item, il lui faut faire face aussi à son train train quotidien !

    Le Gouvernement Marois aurait-il mieux fait d'accorder une ou deux semaines pour qu'ils aient le temps de se familiariser avec cette nouvelle politique ? J'aurais cru tout au moins que le Gouvernement aurait eu des considérations plus humaines envers nos petites entreprises !

    Mon dépanneur Chinois n'aura certainement pas le goût de voter pour le PQ à la prochaine élection ! Il était indigné devant la précipitation du Gouvernement Marois ! On dit que "Celui qui précipite ses pas tombe!"

    Cela m'a énormément dérangé de les voir en situation de panique, car j'aime ces Asiatiques, si polis et honnêtes avec leurs clients !

    • Louis Palardy - Inscrit 24 novembre 2012 15 h 14

      M Marceau dans son bureau change des chiffres sur papiers. La vraie vie, il ne connait pas, il n'a jamais été à la barre d'un commerce. De toute façon le gouvernement s'en fout, il veut le $$$$ et c'est pas son problème comment vous le collectez. On a bien vue sa très grande vision avec l'impôt rétroactif.

      Un homme a dit un jour : "
      Gouverner, c'est prévoir et décider, c'est se faire des ennemis.

      Je préfère savoir d'où souffle le vent que de tourner comme une girouette.

      Vous eussiez fait un bien piètre général, mon ami.

      Après tergiversations et 4 jours de discussions fort animées, j'ai tranché.

      J'assume toujours mes décisions; si c'était à refaire, je le referais sans hésiter. Les intérêts supérieurs de la nation ont seuls guider mes ordres. Il n'y a aucun plaisir à ordonner la mort d'hommes, fussent-ils ennemis. Et il y en a encore moins à périr sous le glaive de ceux qu'on épargne."
      Napoléon Bonaparte.
      http://www.dialogus2.org/BON/jaffa.html

    • Solange Bolduc - Abonnée 24 novembre 2012 20 h 58

      Merci, M. Parlardy pour cette référence. Texte émouvant, mais surtout révoltant !

    • Micheline Gagnon - Abonnée 25 novembre 2012 08 h 52

      Tous les partis au pouvoir ont agi de la sorte, à part la CAQ pcq elle n'en a pas encore eu l'occasion. Je me souviens même que des dépanneurs ont dû retourner tous leurs paquets de cigarettes non vendus qui n'étaient pas emballés selon les nouvelles normes (2 fois) à une date fixée par le gouvernement.