Santé - Un milliard de plus dans le réseau

Le gouvernement Marois entend améliorer les soins à domicile.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le gouvernement Marois entend améliorer les soins à domicile.

Dans un contexte de restriction budgétaire, c’est encore la santé qui bénéficie de la plus importante - et presque unique - hausse du nouveau budget Marceau.


Avec une croissance d’un peu plus d’un milliard de dollars, le ministère de la Santé et des Services sociaux hérite de la part principale de la croissance totale des dépenses de tous les programmes, qui cumule à 1,149 milliard, ce qui équivaut à une hausse de 4,8 % pour ce ministère.


Le gouvernement Marois entend améliorer les soins à domicile, une mesure qui coûtera, pour la prochaine année, 110 millions. « Du point de vue des finances publiques, prendre ce virage au moment où notre population vieillit est devenu une nécessité, soutient le ministre des Finances, Nicolas Marceau. Prodiguer des soins à domicile est plus humain et beaucoup moins coûteux qu’en établissement. » Pour répondre à une autre promesse électorale, Québec entend déployer davantage de groupes de médecins de famille dans l’objectif ultime de donner, d’ici 2016, un médecin de famille à tous les Québécois.


Le gouvernement se garde une marge de manoeuvre supplémentaire grâce à une révision du régime d’assurance médicaments, qui devrait générer des économies de 336 millions. Il abolit ainsi la fameuse règle des 15 ans, instaurée en 1994 pour favoriser l’essor du secteur biopharmaceutique, qui prévoyait qu’un médicament est remboursé à son plein prix pendant 15 ans, et ce, même lorsque des médicaments génériques existent à moindre coût. Or, avec le nouveau modèle d’affaire des grandes sociétés qui a entraîné des pertes d’emplois importantes ces dernières années, la règle de 15 ans « ne répond plus à son objectif », explique Nicolas Marceau.


Comme annoncé précédemment, le gouvernement conserve la taxe santé qu’il modifie pour permettre « d’améliorer la situation du plus grand nombre ». Ainsi, ce sont, selon Québec, plus des deux tiers des contribuables qui paieront moins ou qui en seront exemptés d’ici 2013. Les revenus provenant de cette contribution, de même que la hausse d’impôts pour les revenus excédants 100 000 $, seront versés au Fonds de financement des établissements de santé et de services sociaux.


Le gouvernement affirme avoir les moyens d’investir en santé pour cette année, mais laisse planer le doute sur les années subséquentes. « À compter de 2014-2015, un écart de 430 millions de dollars restera à identifier afin d’assurer une croissance annuelle du financement de la santé à 4,8 %. »


À l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESS), la directrice générale Lise Denis confirme qu’elle avait de grosses inquiétudes à la suite des coupes annoncées sur les chirurgies la semaine dernière. Mais elle se dit « satisfaite » de la hausse annoncée et des nouveaux services aux aînés, bien qu’elle émette certaines réserves sur l’application de la hausse aux établissements de santé qui écopent toujours des dépassements des autres secteurs.

2 commentaires
  • Franklin Bernard - Inscrit 21 novembre 2012 09 h 01

    Et le gaspillage?

    On va finir par s'y attaquer, au gaspillage en santé, oui ou non? Particulièrement du côté administration des hôpitaux?

  • Christian Montmarquette - Abonné 21 novembre 2012 11 h 07

    Pauvreté : Six milliards de moins dans les coffres de l'État


    La pauvreté coûte plus de six milliards annuellement en frais de santé à l'État.

    - Pourquoi le gouvernement laisse-t-il tant de monde crever de misère au Québec, qui engorgent par la suite nos services de santé?

    Réponse : Parce que nos bons gouvernements néolibéraux , et ce, qu'ils soient libéral ou péquiste, préfèrent engraisser leurs petits amis des multinationales pharmaceutiques plutôt que de régler le problème à sa source par une simple prévention sociale; les plus pauvres étant une excellente pâture pour le «marché de la maladie».

    Tout ce cirque délibérément préfabriqué est encore plus ridicule quand on sait que la proposition de «Pharma-Québec» de Québec Solidaire aurait pu faire épargner plus 2 milliards par année en couts des médicaments pour l'État; une proposition que le Ministre Réjean Hébert a traité d'«extrémiste», alors que le Québec paye ses médicaments «38%» plus chers que dans la plupart des pays développés.


    Christian Montmarquette
    Québec Solidaire
    Montréal

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