Budget - Marceau promet une gestion des dépenses «serrée»

Tradition oblige, Nicolas Marceau a chaussé de nouveaux souliers lundi à la veille du dépôt du premier budget du gouvernement Marois.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Tradition oblige, Nicolas Marceau a chaussé de nouveaux souliers lundi à la veille du dépôt du premier budget du gouvernement Marois.

Le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a prévenu lundi que l’effort que déploiera le gouvernement pour contenir ses dépenses sera le plus important des dernières années.

« Cette année, c’est le plus grand effort sur le plan du contrôle des dépenses », a affirmé Nicolas Marceau, à l’occasion de la traditionnelle photo où le ministre des Finances montre les souliers neufs qu’il enfile à la veille de la présentation de son budget.


« C’est l’année la plus difficile, a-t-il souligné. C’est celle où on atteint l’équilibre budgétaire. »


Tous les ministères devront se serrer la ceinture, y compris les ministères de la Santé et de l’Éducation. Les contribuables n’auront toutefois pas à subir de nouvelles hausses de taxes en dehors des augmentations d’impôt pour les mieux nantis prévues pour financer la diminution de la taxe santé. « Les contribuables ont déjà fait un très, très gros effort. Je vous rappelle que, les dernières années, dans le cadre du retour à l’équilibre budgétaire, avec le gouvernement précédent, les contribuables ont eu à subir des hausses importantes de taxes et de tarifs », a-t-il souligné.


Nicolas Marceau a confirmé que le gouvernement Marois ne sera pas en mesure de remplir tous les engagements pris par le Parti québécois lors de la campagne électorale. « Évidemment, on ne peut pas tout faire la première année, on ne peut pas réaliser tout ce qu’on voudrait », a-t-il reconnu. « Cela étant, en faisant des choix, on arrive à de bons résultats. »


« On est des gens qui posent des gestes équilibrés dans l’intérêt des Québécois », a fait valoir le ministre.


Parmi les engagements qui ne pourront être respectés avant longtemps figure l’abolition complète de la taxe santé. Dans une entrevue accordée au Globe and Mail à la fin de la semaine dernière, la première ministre Pauline Marois a affirmé qu’elle ne voyait pas comment il serait possible de tenir cette promesse au cours des deux ou trois prochaines années.


De même, alors que le cadre financier dévoilé par le PQ en campagne électorale prévoyait une croissance des dépenses du gouvernement de 2,4 %, il semble que ce chiffre sera abaissé à 2 %.


En matière de santé, il faudrait que le gouvernement consente 1,5 milliard de plus s’il veut augmenter de 4,8 % - la prévision du gouvernement libéral - les dépenses liées à cette mission de l’État. La taxe santé, dont l’application a été répartie sur quatre ans, donnera sa pleine mesure en 2013-2014, ce qui procurera 400 millions de plus que lors de la présente année. On est loin du compte d’autant plus que les hôpitaux cumulent un déficit de 130 millions cette année. Selon La Presse, le budget mettra fin à la protection de 15 ans sur les brevets pharmaceutiques, ce qui permettra au réseau de la santé de réaliser des économies.


Nicolas Marceau a nié que les agences de crédit aient exercé des pressions exceptionnelles sur le gouvernement Marois pour qu’il atteigne l’équilibre budgétaire comme prévu en 2013-2014. « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil », a-t-il assuré. De son côté, Pauline Marois a confié au quotidien torontois que les agences de crédit n’avaient pas fait de menaces. « Elles ne nous causeront pas de problème si nous atteignons l’objectif [du déficit zéro]. Mais si ce n’est pas le cas, elles vont cogner à notre porte pour nous rencontrer », a-t-elle toutefois reconnu.


On s’attend à ce que le dépôt du budget soit accompagné, comme c’est l’usage ces dernières années, par celui des crédits budgétaires des ministères. L’étude des crédits pourrait se faire en commission parlementaire en janvier.

4 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 20 novembre 2012 09 h 17

    Mépris pour Aussant

    M. Aussant et l'ON ont été exclus du huit clos du budget.
    « Il est coutume pour les groupes d’intérêts et les partis politiques d’assister au huis clos du budget pour en prendre connaissance avant sa lecture en chambre par le ministre. Cet accès aux documents permet à tous de réagir rapidement suite à la publication dite officielle du budget en fin de journée. Ceux qui n’ont pas le privilège d’être au huis clos se voient donc dans l’obligation de publier leurs commentaires beaucoup plus tard et leur voix se fait plus difficilement entendre »,
    Seul économiste parmi les chefs des cinq principaux partis au Québec, Jean-Martin Aussant n'est pas invité.
    Pourtant l'ON et M. Aussant auraient pu apporter des suggestions et une critique constructive au budget Marceau.

    • jacques lecuyer - Inscrit 20 novembre 2012 13 h 48

      Il y a plus d'une vingtaine de partis politique au Québec. Les autres partis sans députés non pas eux aussi été invités au huit-clos.

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 novembre 2012 16 h 40

      Bien sûr qu'il aurait pu. S'il était resté au PQ, il serait sans doute ministre, non? Il faut vivre avec la conséquences de ses choix.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 21 novembre 2012 07 h 29

      Si M. Aussant apporterait une critique constructive, il se sentirait bien seul ! C'est peut-être une bonne idée de passer le dernier cette fois-ci, après ceux qui font les fous devant les caméras depuis hier.