Commission Charbonneau - Un surveillant de chantier rapporte une tentative de corruption

Un sous-traitant en céramique de Québec, Martin Carrier, de Céramiques Lindo, a répété jeudi à la commission Charbonneau qu’il avait reçu des menaces de mort parce qu’il avait obtenu un contrat à Montréal. Il a aussi révélé avoir reçu des années plus tard une carte de condoléances et savoir qu’un autre entrepreneur de Québec aurait reçu un appel similaire. La présidente de la commission, la juge France Charbonneau, a félicité l’entrepreneur pour son courage.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz Un sous-traitant en céramique de Québec, Martin Carrier, de Céramiques Lindo, a répété jeudi à la commission Charbonneau qu’il avait reçu des menaces de mort parce qu’il avait obtenu un contrat à Montréal. Il a aussi révélé avoir reçu des années plus tard une carte de condoléances et savoir qu’un autre entrepreneur de Québec aurait reçu un appel similaire. La présidente de la commission, la juge France Charbonneau, a félicité l’entrepreneur pour son courage.

Un surveillant de chantier à la Ville de Montréal, Michel Paquette, a indiqué jeudi à la commission Charbonneau avoir reçu une offre d’argent, une invitation à faire partie d’un système de corruption. Il assure avoir refusé cette offre.


En 2002, l’entrepreneur Tony Conte, de Conex Construction, aujourd’hui décédé, lui aurait demandé s’il « voulait faire plus d’argent », a relaté le témoin, qui est agent technique et qui surveille les chantiers de construction.


M. Paquette affirme qu’il a dit à l’entrepreneur qu’il ne voulait pas participer à un tel système. « Catégoriquement, j’ai dit : non, j’embarque pas là-dedans », a-t-il rapporté à la commission.


Il n’a parlé à personne de cet incident, disant avoir craint de perdre son emploi s’il révélait avoir été victime d’une tentative de corruption. « J’ai préféré garder ça pour moi. »


À partir de ce moment, a-t-il admis, il a commencé à se douter que quelqu’un de plus élevé que lui dans la hiérarchie de son département pouvait avoir accepté pareille offre d’argent. Mais il n’en avait aucune preuve, n’a vu aucun échange d’argent, n’a remarqué aucune hausse de train de vie chez ses collègues, a-t-il soutenu.


M. Paquette, un technicien en génie civil de formation, a déjà reconnu avoir reçu des billets de hockey de la part d’entrepreneurs, des bouteilles de vin à Noël, avoir participé à des parties de golf avec des entrepreneurs et ses patrons, avoir lunché avec des représentants d’entreprises de construction.


Il a avoué qu’il ressentait un certain malaise à recevoir ces bouteilles de vin au bureau et qu’il a spécifiquement demandé à les recevoir plutôt à la maison. Il craignait que cela « fasse jaser les gens » dans son département de la voirie, a-t-il témoigné. « Je pouvais deviner que ce n’était pas tout à fait éthique. »

 

Un autre surveillant


Un autre surveillant de chantier qui effectuait le même travail, François Thériault, a affirmé n’avoir reçu que peu d’avantages, soit encore moins de bouteilles de vin que son collègue Michel Paquette et quelques billets de hockey. Il a aussi joué au golf une fois avec l’entrepreneur Tony Conte, mais assure qu’il a payé son voyage de golf.


Pourtant, le 1er octobre, l’ex-dirigeant d’Infrabec Lino Zambito avait affirmé que François Thériault « chargeait 15 % sur les faux extras » réclamés à la Ville par les ingénieurs au profit des entrepreneurs.


M. Thériault a soutenu avoir été « choqué » en entendant le témoignage de l’ingénieur Luc Leclerc, qui a avoué avoir touché des centaines de milliers de dollars en faux extras. Ç’a été « une surprise totale » pour lui, même si 70 % de ses contrats étaient réalisés avec Luc Leclerc. Contrairement à M. Paquette, il a affirmé ne pas avoir été approché par un entrepreneur qui voulait le corrompre.


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Absence (trop ?) prolongée

Le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, a montré des signes d’impatience jeudi devant l’absence prolongée d’un des commissaires assignés à la commission Charbonneau. Roderick A. Macdonald, qui devait siéger aux côtés de Renaud Lachance et de la présidente France Charbonneau, est absent depuis le début des travaux en raison d’ennuis de santé. Il souffre d’un cancer à la gorge. À cause de ses traitements et de son état de santé, M. Macdonald n’a pu exécuter jusqu’ici que des mandats restreints pour le compte de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction. Lors d’un court point de presse à l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice a exprimé son malaise devant cette absence temporaire qui se prolonge. Le siège du commissaire Macdonald ne pourra pas rester vacant indéfiniment, a-t-il lâché. « Je constate que la commission fonctionne depuis plusieurs mois, je constate qu’elle en est à son quatrième mois de séances publiques. Pour la suite des choses, on verra, mais c’est une situation qui ne peut durer éternellement », a déclaré M. St-Arnaud.

3 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 novembre 2012 05 h 27

    Le point de départ

    Nous avons la preuve sur papier maintenant du point de départ de la magouille à Mtl. par Luc Leclerc, mais personne ne relève celle-ci. Elle a passée dans le beurre ! À aucun poste, dans aucune article, rien ! Étions-nous et eux endormi par les retours sur les bouteilles, les tickets et le golf ? Et c'est l'avocat de la ville qui l'a démontré et même lui n'en a pas fait grand cas. Des milliers de dollars disparu et quand on trouve la preuve, pas de réaction, même du commissaire qui est supposé être une flèche, mut ! C'est plus des oui-dires, des à peut-près ou du vague bitchage de bureau, c'est écrit noir sur blanc !

    De quoi je parle ? L'avez pas vu passé non plus ? C'est aussi évident que le téléphone du mafieu au blus brave contracteur au monde (dont on voit la photo au début le l'article).

    Bon, je vais arrêter de vous faire languir. C'est - les calculs de quantitées du surveillant de chantier Paquette et les rapports de Leclerc truqués. - Les chiffres ne concordent pas, ils sont gonflés à ce point-là précis ! Voilà la preuve cléricale indéniable et inattaquable ! Ce n'est plus des on-dits, c'est factuel ! Et ça passe sous le radar, sans réaction aucune. Ça fait des mois qu'on nous parle de procédures cachées et quand elle nous saute dans le visage, elle passe tout droit ! C'est encore plus fort que le plan à Surprenant avec le roc qui dépasse la rue. C'est la seule preuve à date qui ne peut pas être qualifiée d'allégation et elle sera perdue dans le dédale du fouilli des pièces codées -P xxxx- comme l'arche de Moïse dans une caisse à l'intérieur d'un grand entrepôt comme dans le film. Vous l'avez échappé celle-là Mme. Charbonneau.

    • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 16 novembre 2012 08 h 16

      J'ai l'impression, en effet, que le départ de deux avocats expérimentés, à commencer par Me Lussier, fait grand tort à la Commission. Les jeunes qui les remplacent ne me semblent pas à la hauteur et sont manifestement mal préparés. On ne voit plus beaucoup Me Gallant, le seul qui semble savoir où il va.

      Entendre les avocats interroger les témoins sur leur sens éthique ou sur leurs remords est une pure perte de temps. Nous ne sommes pas dans un procès criminel mais dans une commission d'enquête. Nous ne cherchons pas à convaincre des coupables mais à mettre à jour un système. Madame Charbonneau en est-elle consciente?

      Desrosiers
      Val David

  • Henrick Guillemette - Inscrit 16 novembre 2012 11 h 40

    Bastarache-Charbonneau

    Bastarache a perdu sa crédibilité et sa réputation avec sa Commission trafiquée. En sera-t-il ainsi pour Charbonneau?

    C'est Charest qui doit s'en réjouir, avec tout ce temps écoulé et perdu à des peccadilles, des démissions, la maladie, on ne montera pas haut dans la hiérarchie.