Jean-François Lisée monte au front

Le ministre Jean-François Lisée réaffirme devant les journalistes son appui à son secrétaire général adjoint, André Lavallée.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre Jean-François Lisée réaffirme devant les journalistes son appui à son secrétaire général adjoint, André Lavallée.

Il se joue, autour de la commission Charbonneau, des drames personnels et politiques qui soulèvent des questions éthiques. Mardi, par exemple, le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, a jugé bon de défendre son secrétaire général adjoint et bras droit, André Lavallée, une façon de faire inhabituelle, semble-t-il.


La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éthique et de déontologie, Lise Thériault, avait demandé, jeudi dernier, que soit examinée la probité d’André Lavallée, qui était présent au conseil municipal de Montréal au moment où ont été octroyés certains contrats dont on sait désormais qu’ils sont entachés. La CAQ a fait de même lundi.


M. Lisée, qui appuie inconditionnellement son secrétaire général adjoint, semble faire des allégations autour de M. Lavallée une question de principe et une occasion d’établir la base sur laquelle le gouvernement péquiste entend défendre l’intégrité de ses gens de confiance. « Je suis au combat pour l’intégrité et la défense des gens intègres. Et il n’est pas vrai que des chasses aux sorcières vont faire en sorte que l’administration publique québécoise va se passer de gens compétents et intègres qui ont été parmi les premiers à sonner l’alarme [dans le dossier des compteurs d’eau]. S’il faut que je défende [M. Lavallée] pendant un mois, je vais le défendre pendant un mois, parce qu’il ne faut pas succomber à ce genre de partisanerie crasse qui nuit au Québec. [Il faut] que les honnêtes gens puissent travailler pour le bien de Montréal. »


C’est de l’obfuscation, a par ailleurs déclaré le ministre, qui refuse de faire dans les « culpabilités par association rétroactive ».


S’il faut applaudir la démarche du ministre, son usage créatif d’un vocabulaire étranger et sa volonté de faire cesser les sacrifices de personnes honnêtes pour des raisons d’image et de communication publique, la situation laisse songeuse. Qui croire ? Interrogé sur les raisons qui ont pu faire en sorte que André Lavallée n’ait pas été mis au courant de l’existence d’un rapport datant de 2004 qui révélait notamment que Montréal payait ses travaux d’infrastructure de jusqu’à 40 % trop chers et sur l’identité des personnes qui ont eu intérêt à camoufler des informations lors de l’octroi de contrats lors des conseils municipaux, André Lavallée n’a pu que répondre qu’il ne savait pas.


Et le contrat avec la firme Macogep que M. Lavallée aurait contribué à ne pas faire renouveler ? « Certains m’ont imputé d’avoir participé à une décision visant à ne pas poursuivre un contrat avec une firme. […] Dans la mesure où je suis concerné, il n’y a jamais eu de décision pour mettre fin à son contrat. Son contrat est arrivé au bout des crédits qui étaient disponibles et la décision du comité exécutif a été de le renouveler contrat par contrat. C’est arrivé plusieurs fois par la suite. »


Ces types de réponse « à la Tremblay » ne satisfont tout simplement pas l’intelligence des citoyennes et des citoyens. Si Lavallée ne constitue qu’un bouc émissaire dans cette affaire et s’il est l’homme responsable qu’il désire faire valoir, comment expliquer qu’il n’ait pas senti la nécessité de scruter les explications des fonctionnaires à propos de certains dossiers ? « Mes filles m’ont appelé ce matin après avoir vu circuler des allégations sans aucun fondement depuis deux jours », a raconté M. Lavallée. Doit-on compatir ou, au contraire, se méfier de ce type d’évocation sentimentale qui constitue trop souvent un faux-fuyant de dernier recours ?

 

Un vérificateur à Laval


Le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, impose un vérificateur à la Ville de Laval pour la prochaine année. À un an des élections municipales de novembre 2013, le ministre désire que la population reprenne confiance envers les institutions et les élus. À François Legault, qui lui a demandé pourquoi la même procédure n’était pas appliquée à Montréal, le ministre a rappelé qu’un comité exécutif temporaire allait être nommé vendredi. Si cela devait s’avérer insuffisant, d’autres mesures n’étaient pas exclues. En point de presse, M. Gaudreault a aussi rappelé que contrairement à celui de Montréal, le conseil de ville de Laval n’a pas d’opposition.


 
26 commentaires
  • Michel Benoit - Inscrit 14 novembre 2012 05 h 00

    Aveuglement volontaire et non-transparence

    Le bras droit du maire Gérald Tremblay a vu tous les dossiers qui passaient au Comité Exécutif. De plus, André Lavallée faisait partie du Comité Exécutif aavant novembre 2009.

    On donne un contrat externe de 500 000 $ à des ingénieurs pour étudier la problématique des gonflements de coûts et on dit que personne n'a vu et lu les conclusions et les recommandations....mon oeil....

    Depuis le début, le bras droit du maire aurait fermé les yeux sur le financement occulte d'Union Montréal....

    Et si au cours du prochain mois, on ouvrait les livres de Bixi,
    Triple comptabilité ( Société de vélo en libre-service, Stationnement Montréal, Agglomération Montréal ) pour camoufler la réalité financière de l'aventure Bixi avec un déficit accumulé de plus de 36 millions en date du 31 décembre 2011.

    Comptabilité créative et sous-évaluation du coût réel du système de vélo. Les vérificateurs Price Waterhouse ont redressé le derneir rapport finacier suite aux recommandations du vérificateur général.

    L'exclusivité du marché américain Bixi a été accordée à l'américaine Alison Cohen (Alta Bicycle Share, Portland ) en échange d'une liste de 45 clients potentiels. André Lavallée pourrait nous informer qu'aucun de ces clients potentiela n'a acheté des bixi.

    Et s'il nous disait aujourd'hui que Mme Cohen avait un
    plan B ( fabrication du système aux États-Unis ).

    Les fournisseurs de Bixi ont rajouté 35 % au coût ( informations confirmées au dossier de la poursuite de 26 millions de 8D Technologies ).

    Avec un coût réel de plus de 4 710 $ par vélo, on vend les derniers 10 000 bixi à 5 000 $. Le profit sera nul.

    Et si on décortiquait le contrat de sous-traitance (JFG Logistique) pour la redistribution des vélos ...et la facturation des extras...

    André Lavallée aura été le parrain et le fossoyeur de Bixi....

    Qui a profité des bixidollars ?

    • André Martineau - Abonné 14 novembre 2012 10 h 02

      Ouais, le dossier Bixi est vraiment nébuleux. Qui a la volonté politique de faire toute la lumière là-dessus ? On invoquera sans doute la confidentialité de certains contrats.....comme Petrolia à Anticosti. Misère !
      Encore une fois, nous sommes spoliés et pas moyen de savoir
      Après les casseroles, je crois qu'il va falloir sortir les poêles de fonte et peut-être plus....
      André Martineau

    • Michel philibert - Inscrit 14 novembre 2012 10 h 53

      Depuis maintenant plus d’un an, Monsieur Benoît entretien toutes sortes d’allégations contre BIXI. Des allégations qui se sont avérées fausses et sans fondement.

      Il faut savoir les motivations de Monsieur Benoît qui en 2010, a enregistré les compagnies BIXI Vélo libre-service et BIXI bike self-service dans le but de nuire à BIXI et de tenter de s’enrichir personnellement à ses dépends.

      Il a soutenu que le nom BIXI lui appartenait et il nous a signifié par mise en demeure en juin 2010, que nous devions cesser d’utiliser le nom BIXI.

      Il a entrepris des procédures administratives contre BIXI le 9 décembre 2010, au registraire des entreprises. Il allègue qu’il possède le nom de BIXI Vélo.

      BIXI répliqué en demandant au registraire de demander la radiation des raisons sociales enregistrées par Michel Benoît. Le registraire a décidé de traiter les deux dossiers simultanément.

      Monsieur Benoît a offert en mars 2011 à nos procureurs une demande de règlement hors cours de 50 000 $ et 2% du chiffre d’affaire ce qui équivaut à plus de 1 500 000 $. BIXI a refusé.

      Monsieur Benoît a perdu ses deux causes. Il les a portées en appel à la cours d’appel. Le juge a refusé d’entendre l’appel en ajoutant que monsieur Benoît abusait des tribunaux pour mettre de l’avant ses intérêts politiques.

      Il nous apparaît assez ironique que Monsieur Benoît invoque sur la place publique le caractère excessif des dépenses liées au projet BIXI, alors que le but de ses démarches semblent être accroître celles-ci d’un montant substantiel à son bénéfice personnel.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 novembre 2012 05 h 57

    Qui croire ?

    Ben... Évidemment ceux qui nous mentent en pleine face depuis 9 ans, c'est clair !

    Ceux qui s'égosillent à la chambre index accusateur réclâmant une réponse simple à une question toute simple :« Comment allez-vous nous sortir du marasme dans lequel nous vous avons plongé ?» C'est évident !

    Ceux qui crient à tue tête bord en bord de la chambre qu'il y a maintenant au gouvernement que des amateurs et des incompétants. Mais qui occultent le fait que leur expertise à eux c'était la magouille. C'est certain, voyons donc !

  • Florence Péloquin - Abonnée 14 novembre 2012 06 h 00

    Merci, M. Benoit

    Il y a longtemps que "l'aventure Bixi" me scandalise. J'ai l'impression, au vu des coûts faramineux de ladite aventure, qu'il y en a qui se sont graissés, c'est le cas de le dire. Vous posez de forts intéressantes questions.

  • Georges Washington - Inscrit 14 novembre 2012 07 h 59

    Deux poids, deux mesures

    Donc, le ministre Jean-François Lisée était parfaitement au courant que Gérald Tremblay, lui non plus, n'était pas au courant du fameux rapport de 2004. C'est son sous-ministre, André Lavallée qui l'a lui-même affirmé hier en disant que les élus n'étaient pas au courant. Pas plus qu'ils n'étaient au courant des liens que des fonctionnaires entretenaient avec la mafia.

    En conséquence, pourquoi le ministre Lisée a-t-il harcelé Gérald Tremblay pour qu'il démissionne pendant deux semaines? Sachant ce qu'il savait n'aurait-il pas dû plutôt calmer les gens en tant que ministre responsable de la métropole? N'aurait-il pas dû rappeler que rien ne laissait supposer que Gérald Tremblay était coupable de quoique ce soit, pas plus que son sous-ministre.

    A quoi rime cette vendetta du PQ contre Montréal? On veut donner un coup de pouce à Louise Harel? Québec est-il en train de s'ingérer dans les prochaines élections municipales à Montréal?

    • Kevin Charron - Inscrit 14 novembre 2012 10 h 44

      Votre raisonnement ne tient pas la route.

      Au Québec et au Canada, les élus sont responsables des actions de leurs fonctionnaires. Lorsqu'un fonctionnaire fait l'erreur, c'est les député qui prend les coups.

      C'est ainsi que fonctionne notre système politique et administratif.

      Donc, même si Gérald Tremblay était blanc comme neige, sa démission était nécessaire, car il avait perdu le contrôle de ses fonctionnaires et n'avait donc plus la capacité et la légitimité de gérer l'administration montréalaise.

      Remarquez que JAMAIS, mais jamais, Jean-François Lisée et le PQ a accusé Gérald Tremblay de manque d'éthique ou de corruption.

      Remarquez que depuis un mois, le PQ, comme la CAQ, le PLQ et QS donne le bénéfice du doute à Gérald Tremblay malgré qu'ils aient tous demandé sa démission.

      Et remarquez surtout que la Commission Charbonneau a remis directement en cause l'intégrité de Tremblay. Si la commissaire a accepté qu'un témoin dévoile que Tremblay a participé à une séance où il était question de collusion, il y a de fortes chances que la Commission en est la preuve.

      Malgré tout, Gérald Tremblay reçoit tout de même le bénéfice du doute.

      Pour l'instant, Lavallée n'a pas été entaché par la Commission Charbonneau, ni par des reportages journalistiques. En fait, tout porte à croire qu'il faisait office de chevalier blanc à l'éxecutif d'Union Montréal.

      Aucune comparaison possible entre Tremblay et Lavallée. Laissez les théories du complot à Hollywood.

    • Solange Bolduc - Inscrite 14 novembre 2012 11 h 31

      Votre réponse tient lieu de raisonnement claire , sans bavures inutiles...Attendons la suite de la Commission Charbonneau, et faisons confiance à J.F. Lisée, et s'il s'est trompé sur M. Lavallée, nous le saurons bien un jour!

      En attendant, la Ville de Montréal est en feu, pourrait-on tenter au moins de l'éteindre au lieu de l'attiser avec ces calembredaines qui n'ont que pour but de nous faire perdre notre temps, juste pour rire ! Ou pour se faire du capital politique ?

    • Georges Washington - Inscrit 14 novembre 2012 21 h 05

      M. Charron,

      si le ministre Lisée croit effectivement son sous-ministre, il faudrait conclure que tout ce beau monde des élus n'est au courant de rien. En conséquence, si le ministre Lisée considère que André Lavallée est apte à occuper le siège de sous-ministre, il faudrait conclure aussi que Gérald Tremblay est apte à occuper son siège de maire, au moins jusqu'aux élections qui étaient prévues dans un horizon d'un an.

      L'imputabilité n'impliquait absolument pas la démission de Tremblay. Nous ne savons même pas encore qui a dit vrai à la CEIC. Il s'agit toujours d'allégations à ce stade-ci de la commission d'enquête. Et nous commençons à voir des témoignage contradictoires cette semaine.

      Le ministre Lisée poussait Gérald Tremblay dans le fossé pendant qu'il embauchait son bras droit. C'est franchement rocambolesque et grandguignolesque.

      Et il ne s'agit nullement d'une théorie du complot, n'essayez pas de noyer le poisson. Un calcul politique est un calcul politique et nous parlons de politiciens. Si vous croyez qu'ils ne font pas de calculs politiques, c'est vous qui êtes naïf.

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 14 novembre 2012 08 h 28

    Simple raisonnement

    1) Monsieur Lisée est un grand intellectuel;
    2) Un grand intellectuel a toujours raison;
    3) Donc monsieur Lavallée est parfaitement intègre. CQFD

    Desrosiers
    Val David

    • Gilles Théberge - Abonné 14 novembre 2012 13 h 05

      Dans quelle case doit-on placer votre commentaire monsieur desrosiers? Raisonnement ou sophisme?

    • Georges Washington - Inscrit 14 novembre 2012 21 h 06

      M. Théberge,

      je pense que c'est du sarcasme.