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Commission Charbonneau - Plusieurs cadeaux, mais pas de passe-droits

Un cadre intermédiaire au service des travaux publics de la Ville de Montréal, Gilles Vézina, a à son tour admis, lundi, devant la Commission Charbonneau, avoir reçu divers cadeaux de la part d’entrepreneurs en construction, comme des billets de hockey, des repas au restaurant et des tournois de golf. Mais il a juré que cela n’a jamais influé sur son impartialité.

Cet ingénieur chef d’équipe a aussi admis avoir participé à une fête d’anniversaire dans la famille des entrepreneurs en construction Frank et Paolo Catania, chez ce dernier à Piedmont. Il s’est aussi rendu à un mariage de la fille de l’entrepreneur Nicolo Milioto, où il lui a offert un cadeau de 300 $.


Il a également admis s’être rendu à plusieurs reprises à une épluchette de blé d’Inde chez Frank Catania à Brossard. Cet entrepreneur était le voisin de Luc Leclerc, un ingénieur chargé de projets sous l’autorité de M. Vézina, et qui a déjà admis, devant la commission, avoir touché au moins 500 000 $ en pots-de-vin d’entrepreneurs.


Et malgré toutes ces admissions quant à ses relations avec les entrepreneurs en construction, M. Vézina a assuré qu’il n’y avait là qu’une « relation d’affaires » normale dans les circonstances. Il n’a donc vu aucun problème dans le fait qu’il soit le cadre qui affecte à des projets de construction les ingénieurs et les surveillants de chantiers.


C’est lui qui désignait Luc Leclerc, par exemple, et son surveillant de chantier pour tel chantier mené par tel entrepreneur.


Et c’est aussi lui qui devait arbitrer en cas de différend entre son ingénieur surveillant de chantier et un entrepreneur en construction. Il arrivait qu’un entrepreneur lui dise : « J’ai un problème avec tel ingénieur ; il y a un montant qu’il ne veut pas me payer. » Et lui arbitrait pour régler le tout à la satisfaction de tous, a-t-il témoigné. « En aucun temps, avec tous ces avantages-là qu’on a eus, ça n’a changé mon opinion ou ma décision sur quelque dossier que ce soit pour avantager un entrepreneur. Moi, je n’ai jamais fait ça », a-t-il assuré à la nouvelle procureure de la commission, Claudine Roy.


Fait à noter, M. Vézina, un ingénieur chef d’équipe, a été suspendu par la Ville de Montréal, d’abord avec solde, puis sans solde, après que de précédents témoins l’eurent mis en cause dans le stratagème de corruption. Il a 50 ans d’expérience.


Malgré son statut de patron, M. Vézina a cherché, dès le début de son témoignage lundi, à atténuer son rôle de supervision des ingénieurs. Il a ainsi soutenu que s’il n’avait pas approuvé une réclamation qui lui était présentée par un ingénieur, ce dernier aurait pu court-circuiter la voie hiérarchique et obtenir l’approbation d’un autre supérieur. Interrogé par le commissaire Renaud Lachance, il n’a toutefois pu citer qu’un seul cas où il a refusé de signer une réclamation présentée.


Mais en 2009, les choses ont changé après que des « Directives pour autorisation de changement » eurent été émises. Celles-ci stipulaient qu’à partir d’un certain montant, les réclamations de paiements nécessitaient d’autres signatures de chefs de section ou de chefs de division. M. Vézina n’était plus seul à autoriser ces changements.


De plus, en juillet 2009, un code de conduite a été imposé et les employés du département de la voirie ont dû désormais refuser tous les « à-côtés » - tournois de golf, billets de hockey, repas au restaurant et autres cadeaux. « Marcil a dit : “on arrête tout ça là” », a témoigné M. Vézina.


Robert Marcil était à l’époque le chef de la division de la voirie, le grand patron du service. « J’imagine qu’ils ont dû voir de l’abus », a lancé M. Vézina, pour expliquer candidement l’adoption de ce code de conduite.


M. Vézina poursuit son témoignage ce mardi.


***

Une autre démission

À la surprise générale, une autre démission est survenue lundi matin à la commission Charbonneau, celle du procureur en chef adjoint, Me Claude Chartrand. Elle suit celle du procureur en chef, Me Sylvain Lussier, le 16 octobre dernier. Il importe de souligner qu’après le départ du procureur en chef Lussier, c’est Me Sonia Lebel, membre de l’équipe des procureurs, qui avait été nommée pour le remplacer, et non Me Chartrand. La Commission n’a pas donné les motifs de son départ. Dans sa lettre de démission, dont Radio-Canada a obtenu copie, Me Chartrand exprime sa frustration quant au rôle qui était limité à des tâches administratives depuis quelques semaines.

4 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 13 novembre 2012 00 h 55

    J'ai une "pogné" dans le dos M Vézina

    Je suis une ex-fonctionnaire qui a trvaillé sur la route, avec le public. Oui on reçoit des offres mais on doit les refuser. On N'erst pas en affaires. On travaille pour la population avec un job garantie à vie. J'en connais pas des cadres au privé qui ont un job garanti. Mme Charbonneau, posez lui une question sur ce fait, sautadit.

    Il est en train de nous embarquer bin raide.

  • Francois Gagnon - Inscrit 13 novembre 2012 04 h 56

    Où est l'OIQ ?

    C'est vrai, ce manque d'éthique et de professionalisme de l'industrie du génie conseil évoluant sur des contrats avec l'État et ses Sociétés est de notoriété publique ds la profession. C'est aussi bien connu par l'Association des Ingénieurs Conseil du Québec et par l'Ordre des Ingénieurs du Québec dont le personnel est essentiellement formé par des transfuges de ces sociétés de génie conseil.

    Néanmoins, il est aussi de notoriété publique que ces mêmes problématiques existent de façons toutes aussi importantes ds TOUTES les autres professions.

  • Guy Desjardins - Inscrit 13 novembre 2012 08 h 07

    Une belle démonstration.

    Hier à l'enquête Charbonneau, nous avons eu droit à, ce qu'est un petit boss payer pour se fermer les yeux. Ce même petit ingénieur à mémoire sélective a tenter de nous faire avaler qu'il n'était pas au courant de rien. Erreur, mal lui en pri, lorsque Me Côté est venu par lui faire avouer qu'il avait déjà été au chic club 350. Évidemment, en général, lorsqu'un ingénieur parle, il ne ment jamais et c'est toujours la faute des autres, il ne faut pas les mettre tous dans le même bateau, mais trouvez moi une responsabilité et punition de leurs erreurs et ça depuis depuis 15 ans? Une qui me vient à l'esprit, l'effondrement du pont de la concorde ou il y a eu des victimes et aucune responsabilité des entrepreneurs et des ingénieurs. Ce M. Vézina qui avait un très bon salaire était en charge de quoi? Peut être l'aiguisement de crayons, je ne sais quoi mais... a t'il reçu des primes au rendement et une prime de départ pour service vraiement rendu? Une belle démonstration d'argent gaspillé par un homme d'ingénierie . En attendant payons CONtribuables pour services non rendus.

  • Yves Archambault - Inscrit 13 novembre 2012 10 h 43

    bisbille?

    non ces la commission qui nous embarque la bisbille est pognée et on nous cache la lutte de pouvoir qui s'y joue. organisé à la va-vite par un gouvernement corrompue la commission n'a pa su nommer les procureurs adéquats pour faire le travail. la juge à faillit a sa tâche dès le départ en nommant un procureur chef inadéquat et maintenant un autre qui révèle la chicane interne entre les procureurs.