Anticosti - L’entente secrète entre Hydro-Québec et Pétrolia bientôt dévoilée?

Petrolia effectue notamment des forages en Gaspésie à la recherche de l’or noir.
Photo: Pétrolia Petrolia effectue notamment des forages en Gaspésie à la recherche de l’or noir.

Québec — Le gouvernement Marois a réussi à obtenir copie de l’entente secrète liant Hydro-Québec et Pétrolia pour la cessation des droits d’exploration et d’exploitation de pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti, mais il refuse de la rendre publique.


Alors qu’il était dans l’opposition, le gouvernement Marois réclamait à hauts cris le dévoilement, par le gouvernement, de la fameuse entente secrète signée en 2007. « Ce n’est pas la question de confidentialité dont il est question ici, c’est la question de la propriété de nos ressources », avait lancé, en mars 2011, le député péquiste Sylvain Gaudreault, attaquant la ministre des Ressources naturelles de l’époque, Nathalie Normandeau, qui refusait de publier l’entente en raison du refus de Pétrolia de lever la clause de confidentialité. Sylvain Gaudreault soutenait que les ressources appartenaient à tous les Québécois et que « les Québécois ont le droit de savoir quels seront les revenus qu’ils pourront tirer de cette ressource ».


Un an et demi plus tard, la nouvelle ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a réussi à mettre la main sur cette entente.


Questionnée par le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de ressources naturelles, François Bonnardel, la ministre a pourtant refusé de s’engager à la rendre publique.


« Nous souhaitons rendre publique le plus rapidement possible cette entente. Toutefois, à cause des clauses de confidentialité qui ont été acceptées par l’ancien gouvernement, nous devrons avoir des discussions et nous allons agir. Nous voulons avoir des discussions avec les signataires de l’entente pour avoir leur consentement. »


Le député François Bonnardel n’a pas manqué de commenter l’ironie d’une telle réponse, qui a déclenché rires et stupeurs du côté libéral.


Interrogée à ce sujet en point de presse, la ministre a soutenu qu’au contraire de l’ancien gouvernement, elle était « en démarche pour essayer de convaincre les parties » et que son gouvernement n’était donc « pas en inaction ».


Elle refuse par ailleurs de commenter la nature de la transaction, à savoir si celle-ci lui paraît acceptable et au bénéfice des Québécois. « Nous analysons les implications de l’entente. Ça prend une analyse. On ne peut pas, à la simple lecture, pouvoir tirer une conclusion. »

9 commentaires
  • Gilles Bousquet - Abonné 9 novembre 2012 07 h 45

    Confidentialité

    Quand une compagnie demande LA CONFIDENTIALITÉ dans ses transactions avec notre provincial gouvernement LIBÉRAL CHAREST, ça ne donne pas bonne bouche. Elle va résister à donner son accord et si le gouvernement du PQ sort les renseignements, sans son autorisation, elle va probablement NOUS poursuivre pour un paquet de millions de beaux dollars canadiens. Ce qui devrait nous couter une beurrée.

    • Georges Washington - Inscrit 9 novembre 2012 14 h 30

      Nathalie Normandeau voulait aussi rendre publique l'entente. Martine Ouellet se frappe simplement au même problème que Nathalie Normandeau que certains n'ont pas hésité à traîner dans la boue pour cette raison.

      Il y a décidément beaucoup de gens qui ont la mémoire très courte et très sélective.

      Il est normal que Petrolia ne veuille pas que les clauses de l'entente soient rendues publiques avant d'avoir terminé ses négociations avec des partenaires éventuels. Autrement, Petrolia se trouverait grandement désavantagées dans ses négociations. S'il faut que tout soit rendu public tout le temps et immédiatement, il est certain que cela doit être sû dès le départ, Petrolia aurait probablement négocié ses droits avec HQ à un prix encore plus bas puisqu'elle n'aurait pu tirer aucun avantage de leur acquisition face à des partenaires.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 novembre 2012 03 h 02

      Je suis pas mal sûr que Martine va forcer un peu plus que Natalie.

  • François Dugal - Inscrit 9 novembre 2012 08 h 16

    «Rires et stupeur»

    «Ce qui a déclenché rire et stupeur du côté libéral».
    Avons-nous atteint le niveau zéro de l'éthique démocratique?

    • André Le Belge - Inscrit 9 novembre 2012 10 h 59

      Effectivement, niveau 0 côté éthique. Nos institutions oubliques nécessitent un renouveau au point de vue gouvernance. Le comportement de nos élus laissent de plus en plus à désirer. La démocratie n'est pas acquise, c'est quelque chose de fragile qui, et nous le voyons, peut nous être enlevée à tout moment face à un gouvernement arrogant. Espérons que le PQ osera ne pas plier l'échine devant les corporations.

  • François Laforest - Abonné 9 novembre 2012 11 h 03

    La gestion d'Hydro-Québec échappe à toute enquête.

    L'ancien patron de la ministre, M. Vandal, qui lui doit bien sa discrète reconduction à la tête de la société d'État après les élections, va collaborer avec son nouveau patron, Mme Ouellet.
    Tout baigne... dans le pétrole quoi!

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 9 novembre 2012 13 h 35

      Le vérificateur général doit avoir accès aux livres d'Hydro. Point.

  • Richard Laroche - Inscrit 9 novembre 2012 12 h 49

    C'est louche

    Pendant que des gouvernements se prévalent du droit d'assassiner des civils sous présomption et de torturer des présumés terroristes, notre gouvernement n'a aucun moyen face à une simple clause de confidentialité?

    Il suffit de passer une loi toute simple et logique: interdire toute forme de confidentialité dans les affaires PUBLIQUES.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 9 novembre 2012 13 h 36

    Erreur

    L'auteure veut sans doute dire "cession des droits" et non cessation, qui signifie fin d'une chose.