Le ministre Réjean Hébert dévoile son plan pour les soins de première ligne

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, garde le cap et réitère l'intention du gouvernement Marois d'offrir d'ici deux ans un accès à un médecin de famille à 750 000 Québécois qui n'en ont pas.

Le ministre a présenté dimanche son plan pour y arriver, dévoilant une série de mesures qui visent à renforcer la première ligne de soins de santé.

M. Hébert prévoit notamment favoriser la mise en place de nouveaux groupes de médecine de famille (GMF), qui sont, pour l'heure, au nombre de 250 sur le territoire du Québec. Il aimerait que 75 pour cent des médecins de famille adhèrent à un GMF. Il veut également accroître le soutien professionnel dont ces groupes bénéficient.

Ce souhait devrait se traduire par l'embauche de professionnels supplémentaires, dont des infirmières, des nutritionnistes et des travailleurs sociaux, oeuvrant auprès des médecins en GMF. Ces ajouts en ressources humaines permettront une meilleure prise en charge des patients, a indiqué M. Hébert.

Son ministère débloquera 10,5 millions $ pour l'embauche de deux professionnels pour chaque GMF qui aura «atteint sa vitesse de croisière».

Le ministre a aussi annoncé la mise sur pied du Programme québécois d'adoption des dossiers médicaux électroniques, qui doit entrer en vigueur à la mi-novembre. Le programme a pour but l'accélération de l'informatisation des cliniques médicales. Les médecins perdront ainsi moins de temps avec la gestion des dossiers et les suivis.

M. Hébert avance que le programme diminuera le nombre d'erreurs de médication grâce à l'adoption de l'ordonnance électronique et réduira le nombre d'examens prescrits en double.

«On met le bouton à «on» le 15 novembre. Là c'est vrai, les cliniques médicales vont pouvoir passer au 21e siècle», a-t-il lancé.

Le ministre péquiste soutient que, depuis les dix dernières années, on a voulu régler les problèmes d'engorgement des urgences et des lits d'hôpitaux en apportant des changements à même les centres hospitaliers.

«Les solutions se trouvent plutôt dans l'extérieur avant que le patient arrive, puis après l'hôpital, avec les soins à domicile», a-t-il résumé.

Par ailleurs, il est d'avis que les stratégies mises de l'avant amélioreront l'attrait de la médecine de famille auprès des étudiants. M. Hébert espère ainsi charmer 50 pour cent de tous les finissants en médecine.

Il croit que les ressources dont disposent les médecins spécialistes comptent pour beaucoup dans le choix de carrière des futurs médecins. «Pour un étudiant qui regarde son choix de pratique, c'est sûr que la médecine spécialisée est une médecine mieux organisée. Dans les hôpitaux, les médecins spécialistes ont accès à l'informatique, à d'autres professionnels de la santé et à une organisation efficace», a-t-il affirmé. Il veut uniformiser l'environnement de travail pour l'ensemble du réseau.

Les initiatives proposées par M. Hébert ont été saluées par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Son président, Louis Godin, s'est dit réjoui par cette bonification du soutien professionnel offert aux médecins de famille.

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3 commentaires
  • - Inscrit 4 novembre 2012 15 h 17

    En amont aussi

    Les mesures annoncées semblent encore viser l'organisation des services en aval. Il est temps de travailler en amont : information santé, orientation vers les clsc, éducation populaire, valorisation de la bouffe santé, gratification des programmes d'exercice physique (crédits d'impôt), augmentation des heures d'activité physique dans les écoles, programme santé pour le 3e âge, surtaxe du fastfood et de la malbouffe, ... etc.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 novembre 2012 18 h 11

    Les CLSC doivent être accessibles!

    Il faudrait commencer par rendre les CLSC accessibles, quelques-uns 24 heures par jour, dans les grandes villes.

    Des CLSC devraient aussi être situés près des hôpitaux, pour être un filtre à l’entrée des hôpitaux, sauf pour les grandes urgences.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 novembre 2012 05 h 56

    La pyramide

    La Caq n'était peut-être pas complètement dans le champ non plus en voulant diminuer la pyramide immence des infrastructures internes de la gestion de la santé. Ça prend combien de monde pour brasser toujours les mêmes dossiers ? On va finir par manquer de malades pour les tenir occupé. Je suis certain que déjà y en a quelques uns qui se tournent les pouces ou qui ne font juste que de brasser de l'air. Y a peut-être trop de dirigeants et pas assez de rameurs dans ce bateau-là ! Notre système de santé à peut-être besoin d'une cure d'amégrissement, non ? L'efficacité, connaissez ? Savez pourquoi les cliniques privées fonctionnent mieux ? Moins de chefs plus d'indiens !