Legault va assurer la survie du gouvernement Marois

Québec — La Coalition avenir Québec (CAQ) permettra au gouvernement péquiste de survivre à son premier vote de confiance qui porte sur le discours d’ouverture qu’a prononcé mercredi la première ministre Pauline Marois.

 

« On n’ira pas défaire un gouvernement sur un discours ; c’est des intentions », a affirmé le chef de la CAQ, François Legault,en point de presse jeudi.
 

En revanche, au regard du budget ou de l’énoncé budgétaire, François Legault affiche une tout autre volonté. « On va voter contre, mais […] je m’attends à ce que le gouvernement recule, qu’il fasse une troisième proposition ou que le Parti libéral avale les couleuvres parce qu’ils n’ont pas de chef », a-t-il dit. La CAQ s’oppose fermement aux hausses d’impôt pour les mieux nantis que veut introduire le gouvernement Marois afin de financer l’abolition ou la réduction de la taxe santé pour trois millions de Québécois.
 

Cette mesure sera au centre du budget ou de l’énoncé budgétaire que présentera d’ici quelques semaines le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau. Celui-ci a indiqué qu’il précisera d’ici quelques jours quelle forme prendra cet exercice budgétaire.
 

Lors de la première période de questions de la 40e législature, le chef libéral par intérim et chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, a choisi le thème des finances publiques pour ses premières salves à l’endroit du gouvernement Marois.
 

L’opposition officielle a brandi le spectre d’une décote de la dette du Québec. « Après l’angoisse fiscale, est-ce qu’elle [la première ministre] veut nous faire vivre l’angoisse de la décote ? », a lancé Jean-Marc Fournier. « Angoisse fiscale », c’était la formule que les libéraux avaient trouvée pour qualifier les réactions aux hausses d’impôt rétroactives que souhaitait appliquer le gouvernement Marois afin d’abolir la taxe santé, comme le Parti québécois l’avait promis en campagne électorale.
 

Les libéraux s’opposent à la volonté du gouvernement péquiste d’abolir la hausse de 50 % en cinq ans du tarif du bloc patrimonial d’électricité que le gouvernement Charest a programmée à compter de 2014. Cette hausse, qui permet d’alimenter le Fonds des générations de 13 milliards d’ici 2025, selon Jean-Marc Fournier, contribue à l’atteinte de l’objectif de réduire à 45 % le poids de la dette du Québec par rapport à son produit intérieur brut (PIB).
 

« Nous gardons exactement les mêmes objectifs, l’ordre des moyens viendra plus tard », a répliqué Pauline Marois. La première ministre a fait valoir que chaque fois que le PQ a pris le pouvoir, les finances publiques étaient mal en point. « Et chaque fois, nous avons redressé cette situation », a-t-elle avancé.
 

Le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a, pour sa part, soutenu que les investisseurs avaient toujours confiance dans les finances du Québec ; il en veut pour preuve que, depuis la prise de pouvoir du gouvernement Marois, le 19 septembre dernier, le ministère des Finances a procédé à cinq émissions d’obligations « à des conditions tout à fait favorables ».

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