Québec congédie le président du BAPE

Le nouveau ministre de l'Environnement, Daniel Breton, avec Pauline Marois lors de la campagne électorale. Les relations entre Me Renaud et Breton étaient tendues.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le nouveau ministre de l'Environnement, Daniel Breton, avec Pauline Marois lors de la campagne électorale. Les relations entre Me Renaud et Breton étaient tendues.

Le cabinet Marois a décidé de limoger le président du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), Me Pierre Renaud, dont le mandat venait à peine d'être renouvelé en juin dernier pour cinq ans.

Le départ de M. Renaud a été officialisé par décret à la suite de la réunion du conseil des ministres, mercredi dernier.

Les relations entre Me Renaud et le nouveau ministre de l'Environnement, Daniel Breton, étaient tendues. Alors qu'il était toujours porte-parole du mouvement Maîtres chez nous 21e siècle, M. Breton avait dénoncé le rapport du BAPE qui suggérait d'encadrer l'industrie du gaz de schiste sans proposer de moratoire sur l'exploration ou l'exploitation de cette source d'énergie.

M. Breton avait notamment mis en doute l'indépendance du président du BAPE, qui avait été vice-président de l'organisme Conservation de la nature, de 2001 à 2007, un organisme financé notamment par des grandes pétrolières et des entreprises ayant des intérêts dans les sables bitumineux albertains.

En réaction, le président de l'Association québécoise pour la lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), André Bélisle, a dit n'être nullement surpris de cette décision, surtout à la lumière des liens de M. Renaud avec Conservation de la nature.

«Sa nomination a alimenté beaucoup les inquiétudes dans le dossier de Rabaska, dans le dossier des gaz de schiste encore plus. C'était apparu comme une nomination politique. Malheureusement c'est quelque chose qu'on ne devrait pas accepter.»

M. Bélisle a dit espérer que ce genre de situation ne se reproduise plus afin de préserver la crédibilité des organisations touchées.

«Ça fait des années que l'AQLPA dit que, dans des postes-clé d'organismes-conseil du gouvernement il ne faudrait pas permettre les nominations politiques partisanes. C'est la compétence et l'indépendance qui doivent primer.»

Me Renaud, un avocat spécialisé en droit de l'environnement et détenteur d'une maîtrise en administration publique, avait été nommé à la direction du BAPE le 9 octobre 2007 par le gouvernement de Jean Charest.

Son successeur à la direction du BAPE n'est pas encore connu.
4 commentaires
  • Robert Devault - Inscrit 9 octobre 2012 18 h 05

    Bravo Madame !

    Un ''tinami''libéral dehors,l'air ne peut qu'être plus sain.
    Espérons que ce départ ne nous coûtera pas trop cher collectivement en prime de départ et de bris de contrat !Ce serait vraiment dommage pour les québécois.

  • Stanislas Vézina - Inscrit 9 octobre 2012 18 h 11

    Changement de vision.......

    Ainsi va la vie politique : changement de vision équivaut à changement de soldats.

  • Richard Coulombe - Inscrit 9 octobre 2012 18 h 27

    Plus ça change, plus c'est pareil ....

    M. Belisle sera déçu. Le prochain président sera, je vous l'annonce en primeur, un collaborateur du PQ. Avec deux salaires à absorber pour les 5 prochaines années. Pas grave, on augmentera les impôts ....

  • Jacques Morissette - Inscrit 9 octobre 2012 18 h 45

    Attention, idéologie libérale recherche caméléon domestiqué dans un but déterminé d'avance.

    C'est ce qui arrive quand on met des pantins pour faire un travail soi-disant objectuf alors que le but est décidé d'avance quant aux résultats des conclusions. Il faut croire que Jean Charest protègeait son idéologie au détriment de la population.