Sommet international des coopératives - Marois plaide pour plus d’équité fiscale

La première ministre Pauline Marois entourée de Pauline Green, présidente de l’Alliance coopérative internationale, et de Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, lundi soir, à Québec, lors de l’ouverture du Sommet international des coopératives.
Photo: Clément Allard La première ministre Pauline Marois entourée de Pauline Green, présidente de l’Alliance coopérative internationale, et de Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, lundi soir, à Québec, lors de l’ouverture du Sommet international des coopératives.

La première ministre Pauline Marois a profité lundi de la cérémonie d’ouverture du premier Sommet international des coopératives pour réitérer sa volonté de s’assurer que, sur le plan fiscal, tous les contribuables contribuent en fonction de leurs revenus, une allusion à son projet critiqué de hausser les impôts payés par les citoyens québécois les mieux nantis. La chef péquiste a aussi tenu à associer les valeurs défendues par le modèle coopératif à celles de son gouvernement.

« Nous avons le devoir de garder le contrôle de nos budgets pour faire face à nos responsabilités sociales. Mais cette obligation de rigueur serait privée de sens sans l’objectif de bâtir une société plus équitable, plus respectueuse de ses citoyens. Ainsi, nous devons nous montrer justes, demander à chacun de faire sa part en proportion de ses moyens, tout en nous montrant disciplinés dans notre gestion budgétaire et en contrôlant rigoureusement nos dépenses », a fait valoir Mme Marois devant un parterre de délégués issus du mouvement coopératif réunis au Centre des congrès de Québec.


La première ministre, qui a refusé de répondre aux questions des journalistes après son allocution, a subi des attaques répétées au cours des dernières semaines en raison de sa volonté d’augmenter les contributions fiscales des Québécois qui gagnent chaque année plus de 130 000 $. Sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, l’ex-ministre des Finances Raymond Bachand a de nouveau attaqué le projet du Parti québécois dimanche. « Depuis quelques semaines, diviser la classe moyenne contre la classe des plus aisés, diviser les Anglais des Français, c’est une politique, actuellement, qui nous mène à un désastre économique », a dit M. Bachand, qui souhaite succéder à Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec.


Fait à noter, au Québec, les mieux nantis ont eu droit à des baisses d’impôt totalisant plusieurs milliers de dollars au cours de la dernière décennie. La mesure du nouveau gouvernement signifierait une augmentation, en moyenne, de quelques centaines de dollars. Les impôts des entreprises ont également reculé depuis dix ans au Québec.


Pauline Marois a par ailleurs profité de sa tribune lundi pour associer les valeurs de son parti à celles du mouvement coopératif. « Dans le même esprit que [le Mouvement] Desjardins, nous devons contrôler et dépenser et scrupuleusement chaque dollar qui nous est confié par les contribuables. Justice, solidarité, rigueur. Ce sont les valeurs du mouvement coopératif et ce sont celles de mon gouvernement. »


Elle a aussi rappelé que le Québec compte un bassin important de coopératives et que celles-ci permettent de « faire grandir notre prospérité de manière durable ». Il existe plus de 2000 coopératives au Québec. Dans la seule Capitale-Nationale, elles sont plus de 350, a rappelé le maire Régis Labeaume lundi. Leur chiffre d’affaires total avoisine les 350 millions. Au Canada, on compte plus de 10 000 coopératives qui emploient 155 000 personnes et produisent un chiffre d’affaires de plus de 200 milliards.


Mais malgré leur importance économique, les coopératives ne bénéficieraient pas de toute la reconnaissance nécessaire, selon Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins. « Nous voulons que les gouvernements reconnaissent la pleine valeur du modèle coopératif, notamment en adoptant des lois en ce sens. » Elle a par la même occasion invité Québec et Ottawa à prendre acte des recommandations qui seront formulées en conclusion du sommet.


Mme Leroux espère que cette première rencontre internationale, qui réunit 2800 délégués provenant de 91 pays, sera suivie d’autres sommets du même genre. Elle estime en fait qu’il serait souhaitable d’en faire un rendez-vous annuel, à l’image du Forum économique mondial de Davos.

 

Sortir de l’économie des marchés


Ce sommet, qui se poursuit jusqu’à jeudi, accueille plusieurs personnalités bien connues, dont l’ex-secrétaire d’État des États-Unis, Madeleine Albright, le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, ou encore l’économiste et altermondialiste Riccardo Petrella. C’est ce dernier qui a prononcé la première conférence, lundi, en soirée. Il a invité le secteur coopératif à contribuer à sortir le monde de « l’économie capitaliste des marchés ». « C’est possible, a-t-il affirmé, parce que l’économie capitaliste de marché n’est pas définitive. Ce n’est pas une création divine, c’est nous qui l’avons créée. »


« Plus de gens ont accès aux téléphones mobiles qu’à l’eau et les installations sanitaires de base, a-t-il illustré. Mais on ne peut pas accepter la pauvreté. C’est ça la coopération. C’est dire : “ton avenir est aussi le mien”. Trois milliards de citoyens sont pauvres dans une économie qui se dit globale, performante et efficace. Que veut-on faire pour lutter contre la pauvreté extrême et l’exclusion ? »

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Avec la collaboration de Geneviève Tremblay

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Le président des jeunes du PQ prend du galon

Le président du Comité national des jeunes du Parti québécois, Alexandre Banville, obtient une promotion. Il quitte son poste pour aller travailler au sein du cabinet du nouveau ministre des Transports et des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault. Alexandre Banville avait été élu président de l’aile jeunesse du PQ le 28 janvier dernier. Il y militait depuis cinq ans. Il est originaire du secteur Jonquière, à Saguenay, tout comme le ministre Gaudreault.

 

La Presse canadienne

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57 commentaires
  • Gilles St-Pierre - Abonné 9 octobre 2012 01 h 49

    Quelle bonne idée...

    ce Sommet international des coopératives et en plus plusieurs femmes y font bonne figure; alors bravo et bon courage à tous. Il est essentiel que les différentes coopératives puissent s'organiser et faire face aux différentes sociétés qui gravitent dans les sphères majeures et qui achètent sans cesse la compétition pour ne jamais en finir de devenir gros. Nous connaissons depuis les années 70-80 une concentration incessante des pouvoirs de production au point qu'aujourd'hui une poignée d'individus contrôlent le monde et sont au-dessus des gouvernements. Ce sont des sociétés qui contribuent grandement à déshumaniser le monde et les seules règles qui les gèrent c'est le profit; peu importe les conséquences. . C'est ce que je comprend quand j'entend M. Petrella demandé au secteur coopératif de contribuer à sortir le monde de « l’économie capitaliste des marchés »
    Ces sociétés sont devenues des monstres infernaux et plus rien ne les arrêtent; les requins de la finance qui idolâtrent le profit et détruisent le tissus sociale dans lequel nous vivons. Ceux qui possèdent ces entreprises sont bien à l'abri des phares et des fiscalités, leur coffres bien remplis ne servent pas au développement des peuples qui les font vivre et leur permettent d'exister.
    Alors je suis tout à fait d'accord avec Mme Marois de rétablir au mieux une imposition aux riches que le parti Libéral a très fortement déséquilibrer mais il y a aussi tous ces échappatoires dont profitent plusieurs pour se soustraire à l'impôt. On pourrait récupérer beaucoup si on réussissait cette taxation etde plus regarder les crédits accordés aux banques par notre ex premier ministre. Il ne faudrait pas compter sur M. Bachand pour faire cet exercice car ce sont ses amis qui contribuent à le mettre au pouvoir.
    Il ne faudra jamais oublié que ce qui fait la force d'un peuple c'est la force de ses travailleurs et non celle des compagnies ou sociétés qui en font parti; l'un peut vivre sans l'autre mais jamais l'inverse.

    • Dany Tanguay - Inscrit 9 octobre 2012 10 h 36

      Je suis pleinemennt en accord avec votre commentaire. Il ne faut pas oublier que le gouvernement libéral qui, à son entrée au pouvoir en 2003, a immédiatement baissé les impôts d'un milliard de dollars et ce de façon récurente et la classe moyenne n'a rien vu sur son chèque de paye, par contre les riches et les grandes entreprises ont senti cette baisse d'impôt. Ce milliard qui manque année après année fait mal aux revenus du Québec ainsi qu'au maintien des différents programmes sociaux. C'est donc à ceux qui ont profité de cet allégement fiscal de faire leur part maintenant même s'ils se servent de leurs grands moyens financiers pour tenter de nous faire peur, nous faire croire qu'ils vont quitter le Québec si leur juste part est augmenté....

  • Claude Paradis - Abonné 9 octobre 2012 06 h 44

    Pauline Marois prône l'équité

    Le discours de Pauline Marois est beaucoup plus teinté d'espoir que celui de Raymond Bachand. Il faut faire du Québec un État plus juste, un État qui vise davantage l'équité entre les citoyens. Le gouvernement du Parti québécois ne monte pas la classe moyenne contre celle des mieux nantis, il favorise simpement enfin un peu la répartition. Le modèle américain vers lequel tendent les Libéraux au Québec et les Conservateurs à Ottawa est un véritable cauchemar d'injustices sociales; ce n'est justement pas ce que que nous espérons pour le Québec de demain.

  • France Labelle - Inscrite 9 octobre 2012 07 h 09

    Ressources humaines Can est d'accord

    À partir de 1997, les revenus des 100,000 et + (et probablement des 80,000 et +) décollent.
    http://www4.rhdcc.gc.ca/.3nd.3c.1t.4r@-fra.jsp?ind

    Commence aussi la période des bulles, puisque les investisseurs ont du cash et ne peuvent l'investir puisque la consommation de la classe moyenne ne suit plus. On joue à la bourse (techno, produits dérivés, paris sur les réserves de pays ou de cies).

  • François Dugal - Inscrit 9 octobre 2012 07 h 47

    «La juste part»

    «La juste part»: mais qui donc a dit ça?

    • Daniel Bérubé - Abonné 9 octobre 2012 11 h 05

      Peut-être prendre conscience que "juste part" peut avoir une signification bien différente... tout dépend de "quelle bouche" il est dit...

  • Roger Gagnon - Inscrit 9 octobre 2012 08 h 15

    CO-OP

    Roger Gagnon.
    je n'ai pas voté pour Pauline;mais de plus en plus,par ses propos et décision,elle est en train de me faire virer mon capot de bord!!!Je la voyais comme une REINE,du haut de son Trône,toisant le peuple avec arrogance;je me trompais,si réellement elle continue dans ce sens???

    • Pierrette Boulianne - Inscrite 9 octobre 2012 09 h 47

      Bravo monsieur Gagnon et je suis certaine que vous ne serez pas seul à changer d'idée. Donnons lui le temps et nous verrons le Québec avancer. Surtout, ne croyons pas les prophètes de malheur qui prédisent qu'elle ne fera pas 100 jours...
      Pierrette Boulianne,
      Alma, Lac St-Jean, Qc

    • Gilles Théberge - Abonné 9 octobre 2012 10 h 30

      Bravo en effet.

      C'est bien connu, une meilleure connaissance réduit les préjugés.

    • Edgar Djemy - Inscrit 9 octobre 2012 16 h 49

      @ Pierrette Boulianne

      Les prohetes de malheure seront toujours la malheureusement,remplis d'amertune et de jalousie ils feront leur possible pour mettre les batons dans les roue de Pauline. je me demande s'ils aiment vraiment le Quebec ou servent leur propre interes

    • Jonathan Prud'homme - Abonné 9 octobre 2012 18 h 34

      M. Gagnon, merci de ce commentaire. Il en faut plus des comme vous. On a caricaturé Pauline Marois en richarde sur son trône, mais Charest et Legault, eux, ont bien le droit d'être riches : ils ont réussi dans la vie.

      Plus elle gèrera, plus vous serez fier d'elle. Moi, jusqu'à présent, je trouve qu'elle fait un sans faute. On parle d'improvisation et de haine des riches, mais je n'en crois simplement rien.

      Baisser les impôts de 95% des québécois et hausser un peu ceux des plus aisés (moins que le niveau qu'ils avaient il y a dix ans).

      Fermer Gentilly 2.

      Annuler la hausse des frais de scolarité.

      3/3 si vous me demandez.

      Que ça fait du bien, cette brise de changement qu'on essaie de monter en conflits sociaux du côté de l'opposition, mais sérieusement, pour la division sociale, les champions ont perdu aux dernières élections.

    • Edgar Djemy - Inscrit 9 octobre 2012 22 h 39

      @ Jonathan Prud homme

      Bien dis, on est sur le meme bateau la
      pour moi aussi c'est 3/3 jusuq'a present