Gentilly-2 - Bécancour réclame une commission parlementaire

Un vent de fronde souffle sur la grande région de Trois-Rivières au lendemain du dépôt d’un rapport défavorable à la réfection de Gentilly-2. Le débat sur l’avenir de la centrale nucléaire n’est pas clos comme le désirerait le gouvernement péquiste, a fait valoir la mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, jeudi.

Furieuse de la décision du Parti québécois de fermer Gentilly-2, l’élue a exhorté la première ministre, Pauline Marois, de convoquer une commission parlementaire chargée de débattre de l’avenir de la centrale nucléaire ainsi que de fournir des précisions sur le plan de diversification économique de la région de 200 millions de dollars qu’elle a promis. « Ce qu’on veut, c’est qu’elle [Pauline Marois] soit cohérente et [qu’elle tienne] une commission parlementaire pour faire la lueur sur tous les chiffres. Alors, politiquement parlant, c’est d’une commission parlementaire qu’on a besoin », a déclaré Mme Désilets à la sortie d’une rencontre du comité d’actions stratégiques. « Et l’autre grande question : sur quoi sont basés les 200 millions ? », a-t-elle poursuivi.


Si le gouvernement se refuse à emprunter cette voie, Gaétane Désilets presse le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) — détenant ensemble 69 des 125 sièges de l’Assemblée nationale —, de lui forcer la main.


Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a fait valoir qu’une commission parlementaire pourrait notamment éclaircir ses doutes sur le coût de la réfection de la centrale projeté par Hydro-Québec, c’est-à-dire 4,3 milliards de dollars. Il s’agit d’une estimation exagérée à ses yeux. « C’est ce qu’on entend comme information, même de l’interne : les chiffres sont bons, mais vous avez mis tellement de poids dans cette balance pour en arriver à 4,5 milliards », a dit M. Lévesque à Radio-Canada. « Si vous faites la même chose avec les autres projets, on va arrêter de les faire », a-t-il ajouté.


«Beaucoup de travaux à faire»


Les « faits sont durs », a indiqué jeudi soir le président-directeur général d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, répétant que 4,3 milliards seraient bel et bien nécessaires afin de donner 30 années de vie supplémentaires à Gentilly-2. « Les délais sont beaucoup plus longs pour réaliser les travaux […] et ça prend beaucoup plus de main-d’oeuvre pour [les] réaliser », a-t-il affirmé sur le plateau de TVA Nouvelles, montrant du doigt les réfections des centrales nucléaires à Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick et à Wonlsong en Corée du Sud.


Plus tôt, le grand patron d’Hydro-Québec s’était assis avec les représentants syndicaux des employés de Gentilly-2, leur réitérant notamment l’intention de la société d’État de fermer les portes de la centrale avant la fin de l’année. « Après ça, il y a beaucoup de travaux à faire pour préparer la centrale à une très longue période de dormance avant qu’on fasse le démantèlement. Et ça, ça va employer plusieurs centaines de nos travailleurs », a-t-il fait remarquer.


Par ailleurs, M. Vandal a balayé du revers de la main la proposition du président-directeur général de CANDU Énergie inc., Kevin Wallace, vouant que la société d’État conclue « un bail afin que [la filiale de SNC-Lavalin] en assure la réfection, l’opération et, potentiellement, le déclassement ».


« Ce n’est certainement pas la firme à qui je confierais beaucoup, beaucoup de responsabilités », a rétorqué Thierry Vandal après avoir rappelé que « la firme » a accumulé les retards dans la réfection de la centrale à Pointe Lepreau.


«Mme Marois sème le chaos au Québec»


Le gouvernement du Parti québécois ne doit pas perdre de vue la perte de « 800 employés directs » et de « combien d’emplois indirects », a averti le chef intérimaire de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier. « Ils ont le droit d’être traités avec respect par le gouvernement », a-t-il dit.


Estimant qu’« il n’y a rien qui tient la route », la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amant, juge que « Mme Marois est en train de mettre le chaos au Québec et particulièrement chez nous ». L’élue libérale a appelé à « mettre fin » à « cette improvisation-là » sur les ondes de RDI.


Les dividendes versés par Hydro-Québec au gouvernement pourraient être tirés vers le bas de 1,275 milliard de dollars dans la foulée de l’arrêt des activités de Gentilly-2.


Devant cette diminution des dividendes dans les coffres de l’État et aux coûts importants nécessaires à la fermeture de Gentilly-2, la CAQ sommait jeudi le ministre des Finances et de l’Économie de présenter une mise à jour économique et financière. « Moi, là, Nicolas Marceau, je ne l’ai pas vu se déguiser en magicien d’Oz encore. […] Il faut savoir où on va prendre l’argent. Le retour de l’équilibre budgétaire en 2013-2014, selon moi, ça va être extrêmement difficile de l’atteindre si on continue à improviser comme ça », a dit le porte-parole en matière de finances de la formation politique, François Bonnardel.

25 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 5 octobre 2012 06 h 22

    Où étaient les libéraux?

    Quand la papetière Kruger a mis plus de mille employés à pied, quelles protestations M. Fournier, Mme St-Amand, M Lévesque ont-ils faites? Ont-ils seulement réclamé une commission parlementaire?
    Quand Electrux s'est expatriée aux USA, quelles protestations le PLQ a-t-il faites?
    Il est bien évident que le PLQ veut retarder indûment la fermeture de Gentilly-2 afin de permettre aux amis SNC-Lavalin de nous lester avec une technologie (Candu) dont plus personne ne vbeut dans le monde et qu'on leur a laissé pour une bouchée de pain.
    C'est l'Action de Grâces et le PLQ et SNC-Lavalin prennent le Québec pour une dinde à farcir.
    Un jour viendra où il faudra démanteler Gentilly. Plus nous attendons, plus la facture sera élévée. En plus des risques quji iront se multipliant.
    La bonne décision a été prise. Restons fermes.

    • Georges Washington - Inscrit 5 octobre 2012 12 h 23

      Kruger et Electrolux n'appartiennent pas au gouvernement, ni à une société d'Etat. Ça m'apparaît une distinction d'importance ici.

    • Georges Washington - Inscrit 5 octobre 2012 12 h 40

      Et quand Abitibi-Consolidated a fermé Gaspésia, Bernard Landry était là. On connaît la suite. Une perte sèche de 800 millions pour le trésor québécois et une entrée forcée de HQ dans l'éolien qui a coûté et coûtera pour au moins encore 25 ans plusieurs milliards de dollars aux clients d'HQ et aux actionnaires de HQ.

    • jean laplante - Inscrit 5 octobre 2012 20 h 49



      Pas certain de ce que vous avancez!| le démantellement sera au frais de H.Q. ce qui veut dire moins de redevance au gouv, ou une augmentation substentielle des tarifs , êtes vous prêt à payer davantage, moi pas!

  • François Dugal - Inscrit 5 octobre 2012 07 h 57

    Le nucléaire

    Le nucléaire est un gouffre sans fonds et garant d'une pollution plusieurs fois millénaire.
    En a-t-on besoin? Non.
    Et on passe à autre chose.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 5 octobre 2012 08 h 59

    Très bonne idée

    Très bonne idée. Ne répétons pas l’erreur des Libéraux qui n’ont laissé que la rue comme lieu de protestation aux opposants à la hausse des frais de scolarité.

    Dès l’ouverture de la session, donnons au peuple tous les moyens de s’exprimer. Que ce soit par le biais de ses élus (à l’Assemblée nationale et en commission parlementaire) ou mieux, par le biais d’un nouveau mécanisme, plus direct, soit celui des « Consultations à la demande du peuple ».

  • Carole Dionne - Inscrite 5 octobre 2012 13 h 36

    Une commission parlementaire? C'est un minimum

    N'oublions pas qu'en 2008, le PQ lui-même en demandait une. Maintenant qu'ils sont au pouvoir, ce n'est plus nécessaires? J'ai une poignée dans le dos

  • Jacques Adams-Robenhymer - Abonné 5 octobre 2012 13 h 39

    Peut contenir des isotopes radioactifs

    Les gens insistent pour que l'étiquetage des produits alimentaires indique la présence d'OGM. On devrait peut-être aussi insister pour que les aliments en provenance d'une zone de 50 km autour d'une centrale nucléaire et susptibles de contenir des isotopes radioactifs soient étiquetés en conséquences.

    Une telle politique pourrait refroidir les ardeurs des élus régionaux qui défendent sans nuance la présence du nucléaire dans leur région.

    • Georges Washington - Inscrit 5 octobre 2012 14 h 37

      Je ne crois pas que ça refroidisse quiconque. Il n'y a pas d'isotopes radioactifs dans les aliments cultivés à proximité des centrales nucléaires.

      Les seuls cas de contamination connus sont ceux subséquents à des accidents nucléaires graves. Aucune centrale Candu n'a jamais connu ce type d'accidents. La conception même isole le coeur nucléaire du circuit caloporteur produisant la chaleur pour alimenter la génératrice de courant.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 5 octobre 2012 16 h 23

      Encore des mentries, monsieur Savard?

      Gentilly-2 émmet beaucoup d'isotopes radioactifs dans l'environnement. Son type de réacteur est l'un des plus polluants et émmet continuellement du tritium. Il est donc faux de prétendre qu'il n'y a pas d'isotopes radioactifs.

      En plus de ses émissions régulières de tritium dans l'air et dans l'eau, Gentilly-2 fuit parfois, relâchant de l'eau tritiée directement dans l'environnement. C'est arrivé l'année passée (2011).

      Enfin le tritium est particulièrment nocif pour la santé.
      Une simple goute d'eau tritiée suffit à rendre non potable des dizaines de mètres cubes d'eau.

    • Georges Washington - Inscrit 5 octobre 2012 17 h 07

      M. Bouteu,

      montrez-moi votre étude qui démontre qu'il y a du tritium dans les aliments cultivés autour de Gentilly-2.

      Après nous parlerons de qui ment.

    • Jacques Adams-Robenhymer - Abonné 5 octobre 2012 17 h 52

      M. Savard
      Tout comme dans le cas des OGM ou dans celui de compteurs RF d'HQ, il n'y a pas besoin de preuves de nocivité. L'étiquetage permet seulement aux consommateurs de décider (au nom du principe de précaution) de choisir s'ils veulent des légumes de Gentilly ou d'ailleurs.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 5 octobre 2012 19 h 37

      Avec plaisir, pour 2011 :
      http://www.hydroquebec.com/production/centrale-nuc
      pour 2010 :
      http://www.hydroquebec.com/production/centrale-nuc

      Par exemple en 2010, dans le lait, jusqu'à :
      34Bq/L de tritium,

      En 2011, toujours dans le lait, jusqu'à :
      43Bq/L de tritium

      En général les taux sont inférieurs à ces chiffres. Il y a donc du tritium dans les aliments cultivés autour de Gentilly-2. Vous clâmiez qu'il n'y en avait pas.

      L'exposition aux rejets des centrales nucléaires (pas uniquement le tritium) par les aliments, l'eau, l'air, etc, contaminés, chaque facteur à une dose généralement faible, sur des années, tout ça se cumule.

      Plusieurs études démontrent une forte sur-représentation des cas de cancer, particulièrement des leucémies infantiles, près des centrales. Autour de Gentilly-2, le bassin de population n'est pas assez important pour permettre de tirer de conclusions.

      Aux risques d'accidents et de santé s'ajoute la totale inutilité (grosse surproduction) et à la non-rentabilité du nucléaire au Québec.

    • Georges Washington - Inscrit 5 octobre 2012 21 h 34

      Je vous concède qu'ils ont mesuré quelque chose dans le lait, mais nous sommes à la limite du mesurable. On parle de doses mille fois inférieures aux limites acceptables. Absolument rien pour alarmer quiconque.

      Quand au cumul, ces mesures tiennent compte du cumul puisqu'elles mesurent les doses accumulées dans l'environnement.

      Quant aux prétentions d'occurrence de cancer, le rapport de 2007 de la centrale de Bruce démontre qu'il n'y a aucune incidence mesurable. Produisez des rapports pertinents pour appuyer vos affirmations SVP.

      Un individu normal de 70kg émet 8000 Bq. Et une banane contient de façon naturelle 14 Bq. Et c'est le cas de bien d'autres aliments, en particulier ceux riches en potassium.

    • Georges Washington - Inscrit 5 octobre 2012 21 h 39

      M. Adams-Robenhymer,

      vous voulez l'étiquetage pour refroidir l'ardeur des élus. Pas pour informer la population véritablement, c'est juste pour que les agriculteurs se soulèvent inutilement.

      Comme je l'ai écrit plus haut, de nombreux aliments cultivés bien loin de Gentilly-2 contiennent naturellement de la radioactivité dans les doses dont M. Bouteu nous fait part. Il n'y a là rien d'alarmant. D'ailleurs, lisez-vous même ce rapport. Rien de mesurable dans les cultures maraîchères autour de Gentilly.

      C'est totalement irrationnel cet alarmisme.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 6 octobre 2012 13 h 34

      Étude allemande de 2007 KiKK, étude française GEOCAP, etc. Échantillonnages significatifs, durées significatives.

      Dans un rayon de 5 km, forte hausse de l'incidence des cancers, surtout chez les enfants. Le double des leucémies infantiles, relation significative entre la proximité de la centrale et le taux de cancer détectable jusqu'à 50km de la centrale.

      C'est ça, le résultat du cumul. Le nucléaire est indéfendable.

      Inutile de continuer de jouer à l'autruche comme les compagnies de tabac dans les années 1970.

    • Georges Washington - Inscrit 6 octobre 2012 16 h 53

      Aucune de ces études n'est pertiente aux réacteurs canadiens. Toutes les études épidémiologiques au Canada ont démontré un taux d'occurrence sous le bruit statistique.

    • Georges Washington - Inscrit 6 octobre 2012 16 h 55

      Il est impossible d'observer des taux d'occurrences anormaux là où les mesures de la radioactivité environnementale sont dans la normale. C'est ça qui est indéfendable.

      Je parierais que les vaches qui broutent autour du mont St-Hilaire ont un taux de radioactivité plus élevé que la moyenne.

      Les taux dont vous parlez sont moindre que ceux d'une radiographie chez le dentiste. C'est d'un ridicule consommé.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 6 octobre 2012 22 h 59

      Ah le déni, j'ai vu ça ailleurs si j'ai bonne mémoire. Ah mais oui, vous avez la même foi inébranlable pour les gaz de schiste.

      Je vous laisse à votre foi dans le nucléaire qui vous pousse à nier tous ses problèmes démontrés scientifiquement.

      L'aventure du nucléaire au Québec se termine en 2012 de toute façon.

    • Georges Washington - Inscrit 7 octobre 2012 16 h 29

      Vous n'avez fait aucune démonstration scientifique. Au contraire, tous les rapports cités ne prouvent que l'innocuité. Nous sommes à des niveaux où l'environnement de Gentilly-2 est impossible à distinguer d'une autre région du Québec.

      Vous parlez de doses bananesques de radioactivité. Vous même émettez plus de radioactivité que ce dont vous parlez.

      Maintenant, j'aimerais savoir pourquoi vous parlez de gaz de schiste? A court d'arguments?

    • Alain Hebert - Inscrit 8 octobre 2012 14 h 05

      @Daniel Savard
      Il ne faut pas trop en vouloir à Djosef Bouteu. Au moyen-age, on croyait que la terre était plate et que le soleil tournait autour. Plus près de nous, un ministre de la science croit que les Pierrafeux ont vraiement existés. De tous temps les pires hérésies ont été déclarées vérité.

      Avec le PQ, le dogmatisme, le sectarisme et la démagogie atteignent des sommets. Nous en payeront tous le prix.