Gentilly-2: l’opposition réclame le rapport

Hydro-Québec évalue à 4,3 milliards le coût de la réfection de Gentilly-2.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Hydro-Québec évalue à 4,3 milliards le coût de la réfection de Gentilly-2.

Samedi, Le Devoir révélait l’existence d’un rapport préliminaire remis à la ministre Ouellet et daté du 26 septembre. Il concluait que « la fermeture [de la centrale nucléaire] est préférable au niveau financier » puisque la réfection risquerait de coûter beaucoup plus cher que prévu, soit 4,3 milliards de dollars.


« Moi, comme députée, je ne peux travailler avec des suppositions faites dans un supposé rapport qui a été coulé et dans lequel il n’y a aucun intervenant ministériel, ni gouvernemental, ni d’Hydro-Québec », a déclaré Danielle Saint-Amand, élue libérale de Trois-Rivières. Mme Saint-Amand souligne que Mme Ouellet a affirmé vendredi en entrevue ne pas avoir les « données suffisantes » pour aller rencontrer les gens. « C’est un peu particulier qu’elle dise ça et que, le lendemain, il y ait un rapport qui coule dans le journal. » Mme Saint-Amand note que le gouvernement a peut-être le rapport d’Hydro-Québec, mais n’a pas encore « un autre document essentiel à une bonne prise de décision », le rapport de la Commission canadienne sécurité nucléaire. Elle estime que la ministre devrait attendre celui-ci avant de trancher. Au reste, elle déplore que les gens de Bécancour, y compris la mairesse, n’aient pas eu « un seul appel de la ministre ni de son cabinet». « Ça, c’est manquer d’égard et de considération pour les gens, c’est fort déplorable. […] On se sent abandonnés ; on se sent mis de côté ; on ne se sent pas considérés. »

 

Commission parlementaire


Pour la Coalition avenir Québec, c’est le porte-parole François Bonnardel qui a exigé de voir le rapport en question. « L’impact de la décision du gouvernement péquiste sur l’avenir de la centrale est trop grand pour qu’on garde secrète l’information qui s’y retrouve », a soutenu le député de Granby dans un communiqué. M. Bonnardel a réitéré une demande formulée la semaine dernière, soit qu’une commission parlementaire sur l’avenir de la centrale se tienne dès la rentrée de la fin octobre. Il faudrait s’y pencher aussi sur Gentilly-1, a-t-il ajouté. M. Bonnardel précise que la CAQ n’est ni en faveur de la réfection ni en faveur du déclassement. Toutefois, le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a participé à la marche pour la survie de Gentilly-2 en fin de semaine.


Dans les rangs des écologistes, on souhaite que le gouvernement garde le cap sur la fermeture, et on soutient que « la grande majorité de la population locale et régionale ne partage pas l’avis de ses élites économiques ». À preuve, selon André Bélisle, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, « à peine quelques centaines de marcheurs sont venus les appuyer ». M. Bélisle y voit un indice du fait que « la majorité de la population locale et régionale, à l’instar de celle du Québec, veut la fermeture de Gentilly-2 ».

 

Avec la collaboration de Louis-Gilles Francoeur

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