Couillard mettra l’accent sur le «contenu»


	Philippe Couillard devrait annoncer officiellement qu’il se lancera dans la course à la succession de Jean Charest le 2 ou le 3 octobre.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Philippe Couillard devrait annoncer officiellement qu’il se lancera dans la course à la succession de Jean Charest le 2 ou le 3 octobre.

Québec – Dans la course à la direction du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard compte mettre l’accent sur le «contenu», a appris Le Devoir. Cela a l’heur de plaire à des « vieux de la vieille » comme l’ancien président de la formation politique et ancien député d’Orford, Robert Benoît, devenu rebelle sous Jean Charest.


Plusieurs sources ont confirmé mardi que Philippe Couillard annoncera officiellement qu’il se lancera dans la course à la succession de Jean Charest le 2 ou le 3 octobre. Actuellement, le neurochirurgien mettrait beaucoup l’accent sur « la définition du contenu » et sur les raisons de son retour. Une équipe l’assiste dans la préparation de l’annonce officielle. L’ancien chef de cabinet de Michelle Courchesne, Jean-Pascal Bernier, entre autres, ainsi que l’organisateur Alex Bibeau, le fils de Pierre Bibeau, ancien organisateur sous Bourassa.


Robert Benoît, entré au PLQ sous Claude Ryan, fut président de la formation politique sous Bourassa, est en délicatesse avec « son » parti depuis la querelle sur le mont Orford. Il estime qu’il faut « rebâtir le parti comme à l’époque de Ryan » et que M. Couillard est le bon candidat pour y arriver.


Parmi les trois candidats putatifs, l’avantage de M. Couillard, insiste-t-il, est qu’il n’a pas participé à l’adoption de la loi spéciale sur le conflit étudiant. Une loi avec laquelle M. Benoît dit avoir « ben de la misère » comme libéral. M. Benoît a agi comme conférencier principal lors de l’assemblée d’investiture du député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, son vieil ami (ce dernier s’était absenté au moment du vote sur le projet de loi 78).


« Il y a eu une coupure évidente entre la population et le Parti libéral dans les derniers mois. Il faut rebâtir le lien. Ce parti, ce n’est pas qu’une machine à ramasser de l’argent! Ça doit être une machine à réfléchir et regarder par en avant », affirme-t-il. À ses yeux, la course doit donc être l’occasion d’une réelle réflexion : « J’espère que le parti va prendre son temps ; le feu est pas pris », coupe-t-il contre ceux qui, comme Raymond Bachand, souhaitent une course rapide. Lorsqu’il a quitté la politique en 2003, M. Benoît avait rencontré M. Couillard, lequel se cherchait une circonscription. « On avait été très impressionné par lui. » Mais le médecin avait préféré une circonscription urbaine, Mont-Royal.

 

Appui pour Bachand


Quant au député d’Outremont, Raymond Bachand, il ne se cache plus depuis une semaine pour dire qu’il sera « très probablement » de la course. C’est toutefois lorsque les règles seront précisées par l’exécutif du parti qu’il plongera officiellement. Le Devoir a appris que l’ancien ministre des Finances pourra compter sur l’appui de la députée de Trois-Rivières, Danielle Saint-Amand. Jointe hier, elle l’a présenté comme le candidat idéal « dans le contexte économique actuel », fait d’incertitude. Mme Saint-Amand qualifie l’ancien ministre des Finances comme son « parrain politique ». « C’est lui qui m’a amenée en politique. »

 

Retour surprenant


Pour plusieurs au PLQ, le retour de Philippe Couillard est surprenant. Le jour de sa démission, le 25 juin 2008, il notait avoir « rarement marché dans les mêmes empreintes ». Le ton de son allocution avait quelque chose de définitif : « Si je suis venu en politique […] c’est […] pour apporter une contribution au Québec après en avoir beaucoup reçu. J’estime que cette contribution est faite. » Certes, il avait entrebâillé la porte à un retour : « Celui qui dit “ jamais ” n’est pas un sage. » D’anciens collègues de M. Couillard estiment qu’il devra s’expliquer sur ce départ de la politique en 2008. On s’interroge sur ses négociations pour un emploi avec Persistence Capital Partners alors qu’il était encore ministre.


Quant au troisième homme, Pierre Moreau, il a fait dire qu’il était «toujours en réflexion». Lors du caucus libéral mercredi et jeudi, d’autres élus prendront officiellement position.

À voir en vidéo