Grève étudiante - QS demande une enquête publique sur le travail des policiers

La coporte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La coporte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds

Québec solidaire (QS) exhorte le nouveau gouvernement péquiste à mettre sur pied une enquête publique sur le travail des policiers pendant les manifestations étudiantes du printemps dernier.

La coporte-parole du parti, Françoise David, a formulé cette requête alors qu’elle participait, samedi à Montréal, à la manifestation nationale pour la gratuité scolaire organisée par la CLASSE.


Il s’agit d’une nécessité démocratique, indique-t-elle.


QS joint sa voix à celle d’un collectif de 131 enseignants qui ont signé une lettre publiée dans le quotidien Le Devoir, le 19 septembre, réclamant une enquête indépendante. Ils s’interrogeaient notamment sur les arrestations de masse, les arrestations et détentions arbitraires, la présence possible d’agents provocateurs, etc.


Mme David soutient que trop de manifestations ont connu des arrestations arbitraires. La députée de Gouin souligne d’ailleurs l’ouverture « encourageante » manifestée par le nouveau ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron.


Au cours d’un point de presse, la semaine dernière, M. Bergeron a déclaré que si « les policiers, lors des événements du printemps dernier, ont agi avec tout le professionnalisme requis dans les circonstances […], on a eu vent de quelques cas particuliers, alors il faudra voir quels gestes on posera pour aller au fond des choses dans ce dossier-là », ajoutant qu’il n’écartait rien.


Reste à savoir si le politicien passera de la parole aux actes, ajoute Mme David.


La manifestation de samedi a rassemblé des centaines de participants selon Radio-Canada. Elle a été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Montréal puisque l’itinéraire de la marche n’avait pas été divulgué. Deux manifestants ont été arrêtés.

 

Plan d’action


La Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) entend maintenant élaborer son plan d’action pour les prochains mois. L’association tiendra d’ailleurs un congrès à la fin du mois pour faire le point sur la mobilisation étudiante.


La nouvelle première ministre, Pauline Marois, a déjà rempli sa promesse électorale d’abolir la hausse des droits de scolarité décrétée par l’ancien gouvernement libéral. Elle propose maintenant une indexation en fonction de l’inflation, ce qui sera notamment discuté et débattu dans un prochain sommet sur l’enseignement supérieur.


Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSE, explique que son organisation attend de connaître les détails entourant ce sommet avant de confirmer sa participation et de formuler des recommandations. Elle sollicite d’ailleurs une rencontre avec le ministre responsable de l’enseignement supérieur, Pierre Duchesne.


Entre-temps, la CLASSE exige la gratuité scolaire qui, selon Mme Reynolds, est un « choix politique facile à financer ».


Mais selon la députée Françoise David, de Québec solidaire, il est peu probable que l’abolition pure et simple des droits de scolarité soit réalisée dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.

20 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 24 septembre 2012 03 h 07

    La dynamique provocation/répression : un élément incontournable d’une «enquête publique» !

    L’observation de la manifestation de la CLASSE, qui s’est tenue le 22 septembre à Montréal, une activité se signalant par une quasi absence du milieu étudiant… et une hostilité non retenue à l’égard du député Bureau-Blouin, a mis en évidence, encore une fois, s’il était nécessaire, la présence d’un groupe de provocateurs cagoulés qui s’est employé à faire déraper cette mobilisation.

    De ce fait, une enquête sur le travail des policiers doit nécessairement prendre en compte la dynamique provocation/répression en tant que stratégie utilisée par des individus qui se prétendent “anarchistes”, mais qui font plus pour discréditer les idées libertaires que tous les chroniqueurs de droite réunis. On ne peut analyser le travail des policiers en faisant abstraction du contexte de leurs interventions, et ceci d’autant plus que des manipulations de toutes sortes de ce mythique “Black Bloc” par diverses instances et services, policiers et autres, de l’État québécois et de l’État canadien, sont non seulement possibles, mais hautement probables.

    La lâche stratégie des provocateurs cagoulés, rémunérés ou non, consiste principalement à lancer des offensives ciblées sur les forces policières, pour ensuite se retirer en utilisant les autres manifestants comme boucliers humains.

    Rappelons que durant la mobilisation étudiante, en jouant le rôle qui leur était prescrit dans un scénario de tension qui avait été planifié par le PLQ, les provocateurs se sont comportés comme d’indéfectibles alliés des forces socioéconomiques dominantes de la société.

    L’enquête devrait aussi prendre en considération les appels répétés de Québec solidaire et de ses dirigeants à la «désobéissance civile», appels qui n’ont pas été sans conséquences sur la dynamique provocation/répression, et qui ont aussi malheureusement généré des actions antisociales, contre les travailleurs en particulier, tout en suscitant des interventions policières.

    Yves Claudé - sociologue

    • André Michaud - Inscrit 24 septembre 2012 09 h 09

      Les provocateurs vont PRIORITAIREMENT dans les manifs de type anarchiste, comme celles de la CLASSE,sans système d'ordre, qui ne donnent pas leur itinéraire aux policiers mais au contraire s'amuse à jouer au chat et à la souris contre les policiers à ytravers les rues de Montréal.

      Dans les manifs bien organisées et avec collaboration avec les policiers ils se feraient ramasser rapidement et ne pourrait faire leur actes de violence...

      La Classe attire directement les casseurs et se prononcant pour la violence en autant qu'elle n'est pas contre les personnes..et en ne collaborant pas avec les policiers pour faire arrêter les adeptes de la violence. Elle doit en porter l'entière responsabilité.

      Je le sais pertinement pour avoir partcicipé à plein de manifs organisées par des gens compétents et responsables ; syndicats, groupes marxistes, regroupements de citoyens..une manif bien organisée est sans violence. Mais il faut dire que toutes ces organisations, contrairement à la Classe, n'appuyaient AUCUNE forme de violence.

    • Patrick Boulanger - Inscrit 24 septembre 2012 09 h 31

      J'étais présent durant une bonne partie de la manifestation de 22 septembre et il y avait beaucoup de jeunes de 18 à 25 ans. Étaient-ils en majorité des «décrocheurs»? Je l'ignore! Mais vous, sur quoi vous vous basez pour affirmer que cette manifestation s'est signalée par une «quasi absence du milieu étudiant»?

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 septembre 2012 10 h 51


      «L’enquête devrait aussi prendre en considération les appels répétés de Québec solidaire et de ses dirigeants à la «désobéissance civile.»-Yves Claudé

      Si le PQ avait fait ce qu'il dit, au lieu que de se comporter en manipulateur électoraliste, la gratuité scolaire aurait été instaurée depuis longtemps et il n'y en aurait pas eu du tout de manifs, point barre.

      Et en ce qui concerne la désobéissance civile, le Québec n'aurait peut-être jamais eu de systèmes de santé et d'éducation publiques s'il n'y avait jamais eu de désobéissance civile et nous parlerions probablement tous anglais avec un salaire minimum de deux piasses de l'heure.

      Alors Monsieur Claudé,

      Seriez-vous prêts à reculer jusque-là, en autant qu'on respecte les décrets arbitraires d'une société injuste, inégalitaire et arriérée, préférant courber l'échine face à la rigidité des règles au détriment progrès social ? Ou appréciez-vous vous aussi, ces acquis sociaux gagnés des hautes luttes de la société civiles ?

      Et ne tentez-pas de mêler les cartes.

      Québec Solidaire appuie la désobéissance civile quand elle est «pacifique» et justifiée.

      Se battre contre l'injustice, loin d'être une preuve d’anarchie, est une lutte «contre» l'anarchie gouvernementale institutionalisée.

      Christian Montmarquette
      Montréal

      .

  • Carole Dionne - Inscrite 24 septembre 2012 06 h 25

    Désespoir qu'ils sont fatiguants

    On as-tu le droit de dire cela au Québec sur un blog? Aussitôt que ça ne fait plus l'affaire de QS, ces derniers demande une enquête publique. Et dire qu'il y en a qui les suivent. Je veux bien mais quand même. On accuse les autres à tout bout de champs.

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 septembre 2012 10 h 30

      Je ne suis pas membre de QS, mais je suis persuadé que la police a joué un rôle de provocation lors des manifs. En fait, je crois que, pour la police, tous les manifestants sont d'emblée des criminels qui ne méritent aucune considération; il suffit d'entendre comment ils les appelaient pour s'en convaincre, et de savoir comment ils les traitaient après les avoir arrêtés, le plus souvent pour des broutilles (comme avoir entravé la circulation).

      D'ailleurs, si la police sorte l'arsenal anti-émeute lors de manifs pacifiques, je me demande bien ce qu'elle ferait si elle était confrontée à un véritable soulèvement.

    • Carole Dionne - Inscrite 24 septembre 2012 13 h 53

      Mon cher Sylvain Auclair


      Vous faites exactement la même réflexion que vous reprochez aux policiers: " je crois, pour la police..."

      Moi, j'abolirais complètenment la police. Quand à demander des commissions à toutes les fois que cela ne fait pas notre affaire, aussi sauver l'argent immédiatement.

    • Raymond Lutz - Inscrit 24 septembre 2012 20 h 55

      La police, ce qu'elle fera lors de véritable soulèvement? Il n'y aura pas de véritablement soulèvement mais une gangrène sournoise et pernicieuse... En Grèce, la police est du côté de l'Aube Dorée, le parti néo-nazi paramilitaire qui a gagné quelques sièges aux dernières élections cet été. Résolument xénophobe, homophobe et pour la restoration et le maintien de l'ordre. Googlez "laube grigoriou" et suivez le 1er lien pour le témoignage d'un historien et ethnologue athénien sur la résurgence du fascisme et la crise en Grèce.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 24 septembre 2012 07 h 45

    Une autre chose m'inquiète...

    Qu'est-il arrivé des automobilistes fortunés, si on se fie à leur bagnole, qui ont foncé volontairement sur des manifestants? Il me semble qu'on en a jamais entendu parler par la suite: pourtant il s'agissait d'agressions armées, non?

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 septembre 2012 11 h 54

      Très bonne question.

    • Carole Dionne - Inscrite 24 septembre 2012 14 h 37

      Une chose qui m'inquiète aussi:

      Certains étudiants qui barraient le passages à des automobilistes sous prétexte d'une manifestation( illégale). Ah, oui, j'imagine que le collectif (quel beaux mots de la gauche) des profs vont dire que cela n'est pas pareil: eux avaient le droit de la rue.


      Deux poids, deux mesures...

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 septembre 2012 17 h 26

      Madame Dionne,
      il y a toujours la rue voisine.

  • François Genest - Inscrit 24 septembre 2012 08 h 10

    Mondialisation de la police

    Nul besoin de faire une enquête publique : le SPVM ne fait que suivre la mode. Avec la mondialisation financière suit une mondialisation des techniques de contrôle des foules d'indignés. Les entreprises qui fabriquent du matériel de répression trouvent un marché très réceptif chez les services policiers municipaux. Tout un chacun veut avoir l'équipement dernier cri. Et après ça, on veut les essayer! Et comment les blâmer quand on voit les profits éhontés des services de sécurité privés? Pour aller chercher les fonds nécessaires à la modernisation de son équipement, le SPVM suit le courant et démarche ses services auprès des milieux d'affaires avec son programme GARPS. Allez lire le dépliant : on se sert de la menace terroriste pour vendre des services aux commerçants et aux propriétaires d'immeubles du Centre-Ville.

  • Franklin Bernard - Inscrit 24 septembre 2012 08 h 35

    Une vraie enquête indépendante au plus vite

    On en a ras-le-bol de ces enquêtes sur la police menées par la police qui, ô surprise, dédouanent tout le temps la police.

    On veut la vérité sur ces abus honteux, sur ces graves atteintes à la démocratie, aux droits de la personne et aux libertés individuelle, et on veut que les responsables soient traînés devant les tribunaux. Jusqu'au sommet de la hiérarchie, s'il le faut.

    Pas besoin d'être majoritaire à l'Assemblée Nationale pour faire ça. Le PQ n'aura aucune excuse s'il ne fait rien.