Raymond Bachand juge hypocrite une hausse d'impôt rétroactive

Raymond Bachand
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Raymond Bachand

Le Parti Québécois (PQ) est hypocrite ou incompétent, estime l'ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, qui va jusqu'à brandir la possibilité d'un exode des Québécois vers l'Ontario, au lendemain des révélations du quotidien Le Soleil au sujet d'une possible hausse rétroactive d'impôts pour les plus fortunés.

Pour celui qui siège désormais dans l'opposition à titre de député libéral dans la circonscription d'Outremont, le choix du PQ — qui souhaiterait ajouter deux paliers d'imposition pour combler le manque à gagner causé par l'annulation de la taxe santé — s'explique par l'un des deux scénarios suivants:
 
Soit les péquistes n'ont pas conscience du «trou» d'un milliard de dollars que va créer l'abolition de la taxe santé, soit ils en sont conscients depuis le début de la campagne, mais ont choisi de le cacher.
 
C'est donc «l'incompétence et l'improvisation» ou «l'hypocrisie et de la dissimulation», résume M. Bachand.
 
La directrice des communications de Pauline Marois, Shirley Bishop, a laissé entendre samedi que le PQ prévoit hausser les impôts des Québécois qui gagnent 130 000 $ et plus afin de compenser pour les cinq millions de personnes qui ne paieront pas la taxe santé de 200$, que le PQ a décidé d'annuler.
 
Or la hausse d'impôts serait rétroactive, c'est-à-dire qu'elle s'appliquerait sur les sommes gagnées en 2012. Ainsi les Québécois pourraient remarquer l'entrée de deux nouveaux paliers d'imposition dès l'arrivée de leurs feuillets d'impôts au printemps 2013. L'un des paliers viserait les contribuables qui gagnent 130 000 $ et plus, et l'autre, ceux qui gagnent 250 000 $ et plus.
 
Aux yeux de M. Bachand, cette mesure divise davantage qu'elle unit, car 3 % des Québécois «paient déjà 30 % de tous les impôts». Il serait facile et, à entendre l'ex-ministre, peu surprenant de voir «quelqu'un de Gatineau aller se prendre une résidence à Ottawa» afin de payer des impôts chez nos voisins de l'Ouest.
 
Marie-Michèle Sioui et Louis Cloutier, La Presse canadienne
36 commentaires
  • Djosef Bouteu - Inscrit 23 septembre 2012 14 h 57

    Les Québécois jugent hypocrite de critiquer les décisions du gouvernement actuel après avoir laissé un trou de 800 millions dans le budget de cette année et ajouté 70 milliards de dollars à la dette du Québec en trois mandats.

    Alors les trous dans le budget, monsieur Bachand, c'est votre spécialité.

    Enfin ça devient pathétique cette rengaine de «vous allez faire fuir les riches» dès que le Québec quitte à position «à genoux». Les richissimes qui veulent fuir l'impôt et les lois le font déjà. Par exemple, les minières quittaient déjà le Québec. Elles quittaient avec les profits et laissaient les factures à la collectivité.

    C'est fini, ça ne marche plus.

    • Simon Chamberland - Inscrit 23 septembre 2012 15 h 31

      Le 70 milliards est surtout dû à un calcul plus rigoureux des dépenses publiques, une méthode de calcul que tous tendent à appliquer sur cette planète, et à une crise économique majeure.

      Pour parler du trou de 800 millions, il faut le comparer à l'erreur de 4,37 milliiards du budget Marois en 2003.

      Faut se garder une petite gêne avant de critiquer Bachand pour 800 000 000 en 2012 alors que 9 ans auparavant, il y avait un trou de 4 370 000 000 $, qui en dollar actualisés vaut aujourd'hui environ 4,65 milliards de dollars.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 23 septembre 2012 21 h 18

      On compare avec le trou de 40 milliards+ des libéraux engendré par la réorientation style casino-risque-maximal de la caisse de dépôt et placement du Québec si vous voulez. ;)

    • Guthreau Michel - Inscrit 23 septembre 2012 21 h 25

      @Simon Chamberland
      70 milliards - 4,37 milliards il reste quand même 65,73 milliards de déficit. La cause est la crise mondiale..celle que les Libéraux n'Avaient pas vu venir malgré l'avertissement de nombreux spécialistes. M. Bachanc lorsque l'on a un maison de verre on ne lance pas des roches aux autres.

    • Simon Chamberland - Inscrit 24 septembre 2012 17 h 09

      M. Guthreau Michel

      L'essentiel du 70 milliards provient de changements à la méthode comptable. L'état Québécois, et le mérite ne revient pas aux libéraux mais aux hauts fonctionnaires, a adopté depuis 2003 des méthodes comptables plus rigoureuses, ce qui proscrit la comptabilité créatrice des péquistes.

      Avoir vu venir ou non la crise mondiale ne change pas grand chose. La plupart des états, des banques, assureurs, économistes et autres ne l'ont pas venu venir cette crise. Et même s'ils l'avaient venu venir, qu'auraient-ils pu changer ? Rien, ou presque. La CDPQ aurait pu commencer à échanger pour quelques millions de PCAA, ce qui aurait réduit les pertes de 39 milliards à peut-être 38 milliards, mais si elle avait liquidé le tout, elle aurait créé la panique sur le marché, ce qui aurait accentué les pertes. Notons d'ailleurs que le PCAA a depuis repris une bonne partie de sa valeur.

    • Simon Chamberland - Inscrit 24 septembre 2012 17 h 13

      Durant les années de déficit 0 du PQ, la dette a tout de même augmenté de 6 milliards, même si officiellement on a écrit 0. C'est presque une farce.

  • Patrick Boulanger - Inscrit 23 septembre 2012 15 h 10

    Étonnant!

    «Aux yeux de M. Bachand, cette mesure divise davantage qu'elle unit»?

    Comme ça, pour M. Bachand, réduire les inégalités sociales par l'intermédiaire d'un impôt plus progressif divise la population. Je présume qu'il considère l'agrandissement des inégalités sociales comme quelque chose qui renforce le lien social entre les Québécois. Étonnant!

    • Louka Paradis - Inscrit 23 septembre 2012 18 h 03

      Holà ! tout de suite les gros mots... Et qui parlait de changer le ton à l'Assemblée nationale. ? M. Bachand devrait respecter le choix des électeurs : le PLQ est dans l'Opposition et il doit demeurer poli envers ceux qui sont au pouvoir. Il peut critiquer leur choix et donner ses arguments, mais ne pas proférer d'insultes, c'est indigne et nous en avons assez de ce niveau vulgaire d''échange.

      Louka Paradis, Gatineau

  • Pascal Idez - Abonné 23 septembre 2012 15 h 30

    Hypocrite? Vous avez dit hypocrite?

    La crise estudiantine de ce printemps avait été entièrement orchestrée par le gouvernement libéral dans le but de semer la confusion et afin d'éluder la question de la corruption.

    Qui est vraiment hypocrite?

    vous souvenez-vous du fameux accord qui comme par hasard avait été obtenu le jour où commençait la grande messe libérale à Drummondville. Ce même accord qui une fois la messe finie avait été remis en question par le gouvernement lui-même. Entre temps M. Charest a été encensé par ses troupes.

    Qui est vraiment hypocrite?

    Et cette loi 78, qui comme par hasard a changé de numéro en cours de route de son adoption. Et plus est, pondre une loi aussi volumineuse, n'est-ce pas le fruit d'une planification bien antérieure?

    Qui est vraiment hypocrite?

    De plus, ce même gouvernement s'était offusqué de ce que les associations d'étudiants avaient suggéré de regarder du côté des crédits d'impôts. Charest était même allé dire sur les chaînes publiques que c'était l'argent de la classe moyenne, cependant peu lui en chaut de prendre 400$ dans les poches de tous.

    Qui est vraiment hypocrite?

    Alors, franchement, si les gens qui se font de l'argent bien souvent sur le dos des moins nantis (ex: qui paie des frais bancaires, pas ceux qui ont de l'argent, mais ceux qui en ont pas) veulent partir parce qu'on leur demande de payer leur dû, alors qu'ils partent. Ce ne sont que des hypocrites qui veulent faire de l'argent et non pas vivre dans notre société. Bref, ce sont des hypocrites.

  • Steeve Michaud - Inscrit 23 septembre 2012 15 h 35

    Bon, il parle pour lui.

    Ce qui dérange M. Bachand, c'est que la décision de Mme la PM est une décision hautement démocratique et qui touche une forte et forte majorité de gens au Québec.

    M. Bachand n'a de yeux que pour les plus riches, il est aussi extrêmiste que la gauche communiste sauf de l'autre côté, il est un extrêmiste-égo-capitaliste qui défend le 3% de la population. Bref, les extrêmes ne dépassent jamais le 5%, hors Bachand est dans ce 5%.

    ET, et, si les gens qui gagnent plus de 130 000$ par année trouvent qui paient trop et s'en allent comme vous dites (ce que je ne crois pas), bien la personne part M. Bachand, mais la job de 130 000$ reste elle... donc, un de parti, un autre qui trouve une job payante ou un néo-Québécois bien content de venir habité ici.

    Ceux qui veulent partir n'ont qu'à partir, car nous savons tous et toutes pour chacun qui veut partir, au moins 10, si ce n'est pas 100, veulent venir.

    SOUMIS VOUS ETES, DEBOUT ELLE EST !!!

    La technique de peur du PLQ est dépassé et psychologiquement dépressive et, par conséquent, une psychologie populaire dépressive finit M. Bachand par tuer l'activité dont celle économique...

    Au prochaines élections, les 3% voteront pour vous alors que le 70% appuiront les idées du bien général de l'ensemble de la population. Et, le PQ, avec d'autres aussi, fait parti de cette vision.

    • Louka Paradis - Inscrit 23 septembre 2012 18 h 09

      J'habite à Gatineau, et je peux vous dire que les gens de l'Ontario sont nombreux à débarquer chez nous, car tout est moins cher au Québec. Ils apprécient le prix des maisons, nos garderies à 7$, nos congés parentaux, et notre bonne bouffe (avec le sourire, rarissime de l'autre côté de la rivière). Alors les histoires de Bonhomme Sept-heures, Bachand peut les ranger dans son grenier avec les épouvantails à moineaux...
      Louka Paradis, Gatineau

  • Gilles St-Pierre - Abonné 23 septembre 2012 16 h 07

    Les cachettes du PLQ

    Tout à fait d'accord avec vous M. Bouteu d'autant plus que ces cachettes du PLQ servaient davantage à enrichir les mieux nantis.
    J'ai compris avec le temps qu'à chaque fois que notre ancien premier ministre parlait de relancer l'économie qu'il parlait en fait d'enrichir cette même classe sociale; une fois mon décodeur bien ajusté j'ai cessé de croire à ses balivernes.