Gentilly-2: le syndicat d'Hydro juge la fermeture «précipitée»

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), section Québec, a déclaré que l'arrêt des activités de la centrale affectera plusieurs milliers de personnes de la région.<br />
Photo: Source: Hydro-Québec Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), section Québec, a déclaré que l'arrêt des activités de la centrale affectera plusieurs milliers de personnes de la région.

L'annonce, jeudi, par le Parti québécois, de la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2 est loin de plaire aux représentants syndicaux des travailleurs d'Hydro-Québec, qui ont dénoncé une décision qualifiée de «précipitée et prématurée».

La présidente du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), section Québec, Lucie Levasseur, a déclaré vendredi lors d'une conférence de presse que l'arrêt des activités de la centrale affectera plusieurs milliers de personnes de la région.

Mme Levasseur s'est par ailleurs dite surprise de la rapidité du nouveau gouvernement à agir sur cette question, faisant valoir que Mme Marois avait promis, lors de la campagne électorale, de consulter les syndicats et l'ensemble des acteurs économiques de la région avant de prendre une décision.

Le SCFP estime par ailleurs que Gentilly-2 est plus sécuritaire «en fonction que fermée», surtout en ce qui touche à la gestion des déchets nucléaires et à la sécurité autour de la centrale.

Le syndicat déplore également les disparités entre les plus de 2 milliards prévus pour la réfection de la centrale et le fonds de diversification économique de 200 millions annoncé jeudi par le gouvernement péquiste.

Le SCFP-Québec a d'ailleurs rappelé que plus de 800 personnes travaillent à la centrale, et que sa fermeture aura un impact économique «majeur» à Bécancour, Nicolet et Trois-Rivières.

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27 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 21 septembre 2012 14 h 06

    Imprudence

    Avec tous les bouleversements climatiques, il serait préférable de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier. Si les sécheresses se poursuivent comme cet été, qui dit qu'elles ne deviendront récurentes pendant 5, 10, 20 ans ? Les réservoirs d'eau seront à sec et les barrages hors service. Il en de même des éoliennes. Rien n'est plus aléatoire que le vent. Une centrale nucléaire est en sorte une police d'assurance, au cas où.

    • m. valade - Inscrit 21 septembre 2012 15 h 12

      Tout qu'un scientifique ce Jean-Marie!!!

    • Djosef Bouteu - Inscrit 21 septembre 2012 15 h 14

      Encore faudrait-il argumenter en connaissance de cause.

      Les projection climatiques actuelles nous indiquent une légère baisse des précipitations moyennes voir pas de différence dans l'extrême sud du Québec.

      Dans le centre et le nord du Québec, c'est une augmentation substancielle qui est attendue. Jusqu'à plus de 20%.
      (Voir rapports du GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.)

      Vous savez, là où sont nos réservoirs servant à la production hydro-électrique?

      L'éolien et le solaire sont des sources rigides qui sont complétés par une source élastique, comme les barrages hydro-électriques munis d'un réservoir. (Les centrales au fil de l'eau n'ont pas de marge de manoeuvre par contre.)

      Alors oui ne mettons pas tous nos oeufs dans le même panier : Hydro-électrique, solaire, géothermie, éolien, force marée-motrice, etc.

      Le nucléaire est vraiment injustifiable au Québec.

    • Gilles Daoust - Inscrit 21 septembre 2012 15 h 40

      Je suis d'accord avec votre propos. Le ralentissement du courant jet observé avec le réchauffement de l'artique fait que les systèmes dépressionnaires deviennent stationnaires sous nos latitudes et cela s'accompagne d'une baisse des précipitations. C'est arrivé 5 années consécutives dans les années 90 et c'est ce phénomène qui explique la situation actuelle.

      Il reste les centrales à gaz qui se construisent rapidement, et alimenté au gaz de Schiste, c'est la technologie la plus économique pour faire de l'électricité. C'est l'approche qu'à pris l'Allemagne et le Japon, alors suivont les traces de ces pays parmis les plus développés au monde et exploitation notre richesse naturelle.
      Salutations,

    • Simon Chamberland - Inscrit 21 septembre 2012 15 h 49

      Ce n'est pas bête. L'avantage de Gentilly II, c'est aussi son effet stabilisateur sur toute la grille de transport au sud du Saint-Laurent. Quoique l'on peut toujours arguer que la centrale est fermée depuis des mois sans que cela ne paraisse trop, mais si on augmente la part de l'éolien dans le réseau, une source instable, faudra bien trouver un autre moyen de stabiliser le tout.

    • Alain Hebert - Inscrit 21 septembre 2012 16 h 23

      @Simon Chamberland
      C'est l'argument que je tente de défendre, avec plus ou moins de succès. Ma thèse est que HQ va démarrer la centrale au gaz de Bécancour (en fait sur le terrain de G2) pour stabiliser le réseau, et ce dès janvier.

      L'action de nos écologistes sociaux aura été de faire remplacer une source non-émettrice de GES (G2) par une autre émettrice de GES (la centrale au gaz). Bravo!

    • Claude Boucher - Abonné 21 septembre 2012 17 h 47

      M. Hébert.

      La centrale TCE ne partira pas cet hiver. HQ a demandé et obtenu de la Régie de l'énergie le renouvellement de la fermeture pour une sixième année consécutive le 12 septembre dernier (décision D-2012-118, dans le dossier R-3803-2012).

      Or, dans n'importe quel cas de figure, Gentilly-2 aurait été fermée à l'hiver 2013, qu'il s'agisse d'une réfection ou de son déclassement. Votre argument ne tient donc pas.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 21 septembre 2012 18 h 17

      Gentilly-2 est souvent arrêtée, parfois pendant des mois. Il faut donc se garder une petite gêne avant de parler de «stabilité» apportée par Gentilly-2. C'est plutôt le contraire.

    • Simon Chamberland - Inscrit 21 septembre 2012 19 h 33

      M. Bouteu,

      Avant de parler de petite gêne, expliquez comment le courant triphasé provenant du nord, surtout lors de périodes de froid prolongée, sera remis en ordre sans une centrale sur la rive-sud servant de centre de conduit de réseau pouvant aussi augmenter la puissance disponible.

      Présentement les besoins excédentaires peuvent êtres comblés, lors des périodes de pointe ou de forte de demande prolongées, par les achats massifs sur le marché spot avec de l'énergie produite par des centrales thermiques au charbon et parfois, des centrales thermiques à cycle combiné.

      Depuis quelques années nous avons un CCR près de Cornwall qui assure un peu mais sans le CCR de Gentilly, il ne faudrait pas avoir un autre hiver très rigoureux, comme janvier et février 2004.

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 septembre 2012 10 h 45

      À monsieur Daoust:
      Donc, pour vous, la solution aux changements climatiques causés par la production de gaz à effet de serre est de produire encore davantage de gaz à effet de serre?

  • Djosef Bouteu - Inscrit 21 septembre 2012 14 h 10

    Le statu le plus sécuritaire de la centrale Gentilly est celui ci : démantelée.

    Produire davantage de déchets nucléaires permanents à toutes fins pratiques n'est pas une solution d'avenir ni de sécurité.

    C'est comme arguer que, pour contrer le réchauffement climatique, il faut brûler davantage de charbon car les particules fines émises ont l'effet très temporaire de bloquer une partie des rayons du soleil.

    Complètement loufoque.

    Enfin, plus que voir le verre à moitié vide, les démagogues se lamentant du «famélique 200 millions en diversification», veulent faire semblant que l'eau de la moitié du verre n'existe pas. En effet, ce sont des centaines d'emplois qui seront gardés sur place lors du démantellement de la centrale nucléaire. C'est un investissement de combien? 2 milliards?

    Un total de 2200 millions investis dans la région, c'est un maudit bon début.

    • Carole Dionne - Inscrite 21 septembre 2012 17 h 51

      D'accord à 100%

  • France Marcotte - Abonnée 21 septembre 2012 14 h 32

    Jamais trop tôt pour bien faire

    Au contraire, ça fait assez longtemps que ça niaise!

  • Arthur Desgagnés - Inscrit 21 septembre 2012 15 h 42

    Pourquoi attendre ?

    Je comprends les syndiqués d'être inquiets mais la décision s'imposait. Même pour ceux qui n'ont pas suivi le dossier, la logique la plus élémentaire exigeait la fermeture de Gentilly-2. Le Québec n'a pas besoin de l'électricité fourni par cette centrale; il achète déjà de l'électricité des mini centrales parce qu'il y est obligé à cause d'ententes signées dans le passé. Il est en surplus de capacité même sans la Romaine.
    Les gens susceptibles d'être affectés ne sont pas en perdition. Ce démantellement va s'échelonner sur plusieurs années, Hydro Québec pouvant ainsi développer le savoir faire nécessaire. Il n'y a pas à en faire une crise nationale. Les pays qui n'ont pas le choix, y compris le reste du Canada, nous jalousent probablement en silence, et avec raison, de pouvoir nous débarrasser du nucléaire.
    Il y a évidemment ceux qui trouvent que le gouvernement Marois va trop vite. Personnellement le dossier m'inquiétait sous le gouvernement Charest qui ne semblait pas pressé, qui réfléchissait beaucoup. Je craignais qu'il nous fasse la surprise de nous annoncer la réfection de la centrale au coût de milliards. Dieu merci...

  • Alain Hebert - Inscrit 21 septembre 2012 16 h 28

    Les trifluviens et le mépris

    Des milliers de pertes d'emplois dans la région économiquement sinistrée de Trois-Rivières. Une perte de plus de 850 millions de $ en frais déja engagés pour rénover la centrale. Voila le résultat de nos activistes du plateau. Tout ce gachis pour les récompenser d'avoir voté PQ. Tout ce gachis pour une peur irrationnelle du nucléaire. Tout ce gachis pour défendre un dogme fondateur de l'écologie sociale.

    Vivement que ce parti politique soit renversé!

    • France Marcotte - Abonnée 21 septembre 2012 17 h 32

      Cela vous fait beaucoup d'affirmations à démontrer...

    • Colette Pagé - Inscrite 21 septembre 2012 17 h 32

      Peu irrationnelle dites-vous ! Que pensez-vous du désastre nucléaire à Chernobyl, au Japon, de la fermeture de plusieurs centrales en Allemagne et en France, des remises en question dans les pays scandinaves. Étant donné que la filière nucléaire n'est pas nécessaire pour assurer notre sécurité en énergie le principe de précaution exige que nous mettions le couvercle sur la marmite. D'aucuns émettent l'avis que le Québec pourrait à l'occasion du démantélement de Gentilly 2 développé une expertise dans le démantélement des centrales nucléaires dans le monde.

      Désormais, dans un monde en changement il serait temps de comprendre que nous sommes entrés dans une ère ou les projets ne seront plus évalués uniquement en vertu des critères financiers ou d'emplois créés mais aussi en fonction de leurs impacts sociaux et environnementaux.

      Quant à votre référence aux activites du Plateau elle n'est pas pertinente puisque les personnes opposées au nucléaire se retrouvent dans toutes les régions du Québec.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 21 septembre 2012 18 h 22

      Faut croire qu'une fois tous vos arguments bancaux réfutés, il ne reste que la réthorique méprisante.

      Ah et chapeau d'avoir inséré une petite stimulation de la haine anti-montréal et les pas fins «du plateau».

      Les Québécois ne veulent pas du nucléaire. Après avoir failli se le faire enfoncer dans la gorge, pour produire à perte une électricité invendable (gros surplus sans compter La Romaine), enfin nous voilà engagé dans la voie des énergies renouvelables.

    • Christiane Campagna - Inscrite 21 septembre 2012 18 h 38

      Le Plateau n'a pas voté PQ.

    • Arthur Desgagnés - Inscrit 22 septembre 2012 14 h 35

      Il est évident que tu n'as pas lu mon commentaire et, si tu l'as lu, c'est comme si tu n'y a rien compris. Même mon texte était incomplet en ce qu'il ne mentionnait pas les dangers que le nuclléaire présente. Si on peut s'en passer, et c'est bien le cas, il faut s'en débarrasser.