Marois garde le cap sur le déficit zéro

Devant les critiques formulées par des gens d'affaires, Pauline Marois a tenu à se faire rassurante, en clamant que son gouvernement serait celui du développement économique et de la saine gestion des finances publiques.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Devant les critiques formulées par des gens d'affaires, Pauline Marois a tenu à se faire rassurante, en clamant que son gouvernement serait celui du développement économique et de la saine gestion des finances publiques.

Québec — La situation budgétaire du Québec est pire que ce qu'elle avait anticipé, mais Pauline Marois est bien décidée malgré tout à maintenir le cap sur le déficit zéro en 2013.

En conférence de presse — sa première à titre de première ministre du Québec — Mme Marois a semblé bien déterminée, jeudi, à prendre les bouchées doubles pour réaliser ses principales priorités durant les 100 premiers jours de son administration.

Devant les critiques formulées par des gens d'affaires, elle a tenu à se faire rassurante, en clamant que son gouvernement serait celui du développement économique et de la saine gestion des finances publiques.

L'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2013 est «non négociable», a affirmé Mme Marois, tout en se montrant inquiète quant au trou laissé par les libéraux dans les coffres de l'État.

Elle doit d'ailleurs faire le point d'ici quelques semaines, en donnant l'heure juste sur l'état des finances publiques, au moment où elle a pris le pouvoir.

Chose certaine, à première vue, la situation ne lui paraît «pas aussi bonne que ce que disait M. Bachand».

En matinée, son ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait entonné un refrain semblable. «Il y a eu un relâchement de la part de l'ancien gouvernement ces derniers mois, un relâchement plus grand que ce que j'espérais», et ce, dans plusieurs ministères, selon lui.

Juste avant de quitter ses fonctions, l'ex-ministre des Finances Raymond Bachand révélait l'existence d'un manque à gagner de 800 millions dans les coffres, au 30 juin, par rapport aux prévisions budgétaires.

Marois rassurante

Mais quelle que soit la situation budgétaire, il n'est pas question de déroger du plan, a dit Mme Marois, qui cherchait particulièrement à calmer les appréhensions du milieu des affaires.

«Rassurez la communauté des affaires: nous serons au rendez-vous», a-t-elle assuré.

Elle estime que sous les libéraux de Jean Charest, certains ministres «n'avaient pas le quart de la compétence du ministre actuel qui est aux Finances et de sa ministre déléguée».

Le ministre Marceau possède un doctorat en économie et la ministre déléguée, Élaine Zakaïb, a obtenu un MBA. Mme Marois a rappelé qu'elle-même était détentrice d'un MBA et avait été ministre des Finances.

Elle a défendu son choix de regrouper sous un même chapeau les finances, le développement économique, le revenu et le tourisme.

«L'action gouvernementale gagnera en cohérence et en efficacité», a-t-elle fait valoir.

La période des 100 premiers jours, qui mène à l'ajournement des Fêtes, devrait aussi donner lieu à plusieurs autres initiatives: l'annulation de la hausse des droits de scolarité, le dépôt d'une nouvelle loi 101, l'abolition de la taxe santé de 200 $, de même que l'amorce du processus de fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 à Bécancour.

Pour assurer la diversification de la région touchée par cette fermeture, un fonds de 200 millions sera mis à la disposition de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Et la Mauricie?

Cette région est d'ailleurs la grande laissée pour compte du nouveau cabinet Marois, selon la députée péquiste de Champlain, Noëlla Champagne, qui a reproché publiquement à Mme Marois de n'avoir nommé aucun ministre de la Mauricie.

La première ministre a répliqué «qu'aucune région du Québec ne sera oubliée» sous sa gouverne et que sa porte était toujours ouverte pour entendre les doléances de sa députée.

Comme c'est le cas lors d'un changement de gouvernement, le conseil des ministres a procédé par ailleurs à un jeu de chaises musicales chez les sous-ministres. Plusieurs d'entre eux, incluant certains associés de près aux libéraux, se sont vu confier de nouvelles fonctions.
11 commentaires
  • Alain Hebert - Inscrit 20 septembre 2012 20 h 36

    ne touchez pas au fond des générations!

    Les décisions prises à date sont quelque peu douteuses: gel des frais de scolarité avec maintien des bourses mises en place pour compenser les augmentations, fermeture de G2, abolition de la taxe santé, fixation sur les méchants "riches", nomination de J.F. Lisée pour amadouer les anglais (ça ne s'invente pas), etc.

    Lorsque Mme Marois dir qu'elle équilibrera le budget en 2013, il me vient un scénario catastrophe en tête. Le PQ pourrait vider le fond des générations pour payer ses dépenses courantes et ainsi équilibrer le budget.

    Le fond des générations ne nous appartient pas; il appartient à nos enfants. SVP, n'y touchez pas!

    • Louka Paradis - Inscrit 20 septembre 2012 20 h 58

      Les épouvantails à moineaux ne font pas partie du nouveau conseil des ministres...

      Louka Paradis, Gatineau

    • Djosef Bouteu - Inscrit 20 septembre 2012 21 h 37

      La fermeture de Gentilly-2 épargnera une fortune aux contribuables. Ce n'est pas en empêchant nos enfants d'accéder à l'éducation supérieure qu'on les aide.

      Ce n'est pas en abaissant le nombre de futurs contribuables ayant un revenu plus élevé (les diplômés universitaires) en réduisant l'accès à l'éducation supérieure que l'on améliore l'état des finances publiques non plus.

      Personne ne fait une fixation sur les «méchants riches», mais les congés fiscaux des libéraux à la seule tranche de revenu ayant cru plus vite que l'inflation ces dernières décennies doivent être abolis.

      Logiquement, les impôts des richissimes doivent être augmentés vu la forte hausse de leur pouvoir d'achat alors que l'écart entre les mieux nantis et les classes moyennes et pauvres ne cesse de se creuser. On se demande où va toute cette «création de richesse» alors que le PIB augmente mais que tout le monde perd à part 0,5% ou 1,5% de la population.

      La priorité devrait être la fin des congés fiscaux des banques, championnes de l'évasion fiscale.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 20 septembre 2012 21 h 41

      Pauvre monsieur Hébert, vous croyez vraiment qu'il y a un fond des générations. Sortez de votre rêve, ce n'est qu'une mauvaise blague des libéraux. Point besoin d'un fond pour rembourser sa dette.

    • Pierre Gouin - Inscrit 20 septembre 2012 22 h 07

      Le gouvernement n'a pas fait de surplus budgétaire depuis plusieurs années. Le fond des générations a été constitué avec de l'argent emprunté, nous laisssons à nos enfants la dette additionelle créee par le fond des générations.

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 septembre 2012 22 h 09

      Je crois que le PQ a comme programme de baisser la dette avec le fonds des générations, qui a bien porté son nom et a plutôt fondu ces dernières années.

    • Nicolas Morin - Inscrit 20 septembre 2012 23 h 30

      Non seulement le marché financier est instable et très peu rentable (avec des taux d'intérêt très bas), mais le fond des générations est un non-sens économique. En période de déficit, s'il est réellement avantageux de placer de l'argent, pourquoi ne pas emprunter des milliards pour les placer et les faire fructifier?

      Si à la fin de l'année, après avoir fait votre budget, il vous manque 10 000$ pour payer vos comptes et factures, est-ce que vous allez placer de l'argent?

    • Alain Hebert - Inscrit 21 septembre 2012 09 h 50

      @tous
      Vous m'avez convaincu: Le fond des générations a été constitué avec de l'argent emprunté. Donc, si j'ai bien compris, équilibrer un budget avec le fond des générations équivaut à emprunter de l'argent. Cela ne s'appelle pas équilibrer un budget.

    • Samuel Batoche - Inscrit 21 septembre 2012 23 h 09

      Vingt-six ministres tiré d'un caucus de cinquante-quatre ou cinq députés. Voila ce qui explique tout. Pauline joue au Monopolie.

  • Louis Palardy - Inscrit 20 septembre 2012 23 h 59

    La cohabitation et l'écoute et c'est parti

    Bravo Mme Marois,
    Premiere Premier-Ministre du Québec
    Elle veut montrer qu'elle tient ses engagements, qu'elle sera à l'écoute de la population.
    Bien Ca commence mal.
    Elle a été élue Miniritaire, avec 32% des votes. Super Score!
    Super légitimité.
    Bon Passons sur notre systèeme électoral qui ne nous permet pas d'éliere notre chef du gouvernement...
    Elle Annule la Hausse des frais de Scolarité. Si j'ai bien compris, elle écoute la population ? 66% des Québécois on votés pour des partis en faveur de l'augmentation des Frais de scolarité! C'est Ca l'écoute de la population?
    Ah J'oubliais, la Population c'est Martine, La Classe, la Feuq, la ...
    Eh bien, Bravo, Maintenant qu'ils ont "temporairement" ce qu'ils voulaient, les étudiants vont continuer a Manifester "Quand Même"
    Non à l'indexation....
    Eh Bien, elle va se retrouver avec le même problème que M.Charest, mais elle a déjà plié les genoux. Beau travail.

    Je ne suis pas pour le Nucléaire, mais Mme Marois, travail comme dans le passé en mode Improvisation. Les Garderies à 5$, je me souviens, ça a pris plus d'un an et demi pour trouver une place... Grace à l'improvisation et la "popularité".
    La retraite des Médecins et Infirmières 10 ans et c'est pas réglé.
    Est-ce que l'on pourrait mettre un Plan de remplacement avant d'annoncer la Fermeture? Est-ce que le Québec à voté à 50% + 1 pour la fermeture de la Centrale?
    Ah j'oubliais, pas besoin de demander a qui que ce soit, La démocratie ca fonctionne par décret!!!
    Vive l'écoute et le respect du résultat des élections, ou le gouvernement de 32% des Québécois impose aux 66% qui a voté contre!
    Je ne serais pas Surpris, si le jour 1 en chambre ca commence par une vote de Censure contre le gouvernement!
    Ca serait peut être mérité...
    Madame la député de Mauricie, va claquer la porte bientôt, alors 53 vs 50, on aure un gouvernement Libéral Minoritaire avec M. Bachand comme chef!
    J'aurais peut-être du voté libéral...

    • Alain Hebert - Inscrit 21 septembre 2012 09 h 53

      @Louis Palardy
      Un vote de censure au 1er jour est ce qui pourrait arriver de mieux pour le Québec.