Le cabinet de Pauline Marois - 2

Voici la suite de composition du conseil des ministres que la première ministre Paule Marois a présenté mercredi au salon rouge du Parlement.

Bertrand St-Arnaud
Ministre de la Justice

54 ans, député de Chambly

 

Avocat et maître en science politique, ce Montréalais a travaillé dans les années 80 à l’Assemblée nationale et fait un passage éclair au cabinet du premier ministre Pierre Marc Johnson. Dans les années 2000, il a été chef de cabinet de Louise Beaudoin lorsque cette dernière était ministre des Relations internationales. Ancien chargé de cours au Département de science politique de l’Université du Québec à Montréal, il a oeuvré comme avocat en pratique privée, notamment dans le cabinet Mondor Rougeau Lambert et Leborgne (2005-2008). Depuis son élection en 2008, M. St-Arnaud s’est montré fidèle à Pauline Marois et a occupé plusieurs postes-clés de l’opposition: leader parlementaire adjoint, porte-parole en matière de sécurité publique et porte-parole en matière d’éthique et d’accès à l’information, entre autres. Il est un de ceux en Chambre qui ont réclamé le plus souvent une commission d’enquête publique sur le milieu de la construction. Peu après la commission Bastarache sur le processus de nomination des juges, M. St-Arnaud avait lancé ce qui suit : « Les seuls gagnants de ce gaspillage d’argent […], ce ne sont pas les Québécois, mais les avocats. »

 

Réjean Hébert

Ministre de la Santé; ministre responsable  de la région de l’Estrie

57 ans, député de Saint-François

 

Choix naturel - et attendu - que celui de ce médecin de famille comme ministre de la Santé. Spécialisé en gériatrie, Réjean Hébert a pratiqué auprès des personnes âgées à Sherbrooke. Au moment de son élection (après une tentative infructueuse en 2008), il enseignait à l’Université de Sherbrooke et était chercheur au Centre de recherche sur le vieillissement (qu’il a fondé en 1988). Ses recherches lui ont d’ailleurs valu une solide réputation dans le milieu universitaire médical. M. Hébert s’est notamment intéressé aux solutions permettant d’améliorer l’efficience du système de santé en prévenant la perte d’autonomie des aînés. Il a agi comme coprésident de la consultation publique sur les conditions de vie des personnes âgées mise en place par le gouvernement Charest. Son passage comme doyen de la Faculté de médecine de l’UdeS (2004-2010) a été marqué par une controverse, alors qu’il avait tenté de convaincre les professeurs de cette faculté de ne pas se syndiquer.

 

Yves-François Blanchet
Ministre du Développement durable et de l'Environnement et responsable des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec
47 ans, député de Johnson

Yves-François Blanchet est parfois surnommé le «goon» de Pauline Marois — parce qu'il n'a pas la langue dans sa poche, non plus qu'un style particulièrement lisse, mais qu'il est un fidèle lieutenant de sa chef. M. Blanchet s'est fait connaître comme gérant du chanteur Éric Lapointe et comme président de l'Association québécois de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) entre 2003 et 2006. Il a siégé dans les années 2000 sur plusieurs conseils d'administration d'organismes artistiques. Formé en anthropologie, il est actif sur les médias sociaux. M. Blanchet a été critique en matière de culture, d'immigration et de langue.
 

 

Martine Ouellet
Ministre des Ressources naturelles

43 ans, députée de Vachon

 

Employée d'Hydro-Québec pendant 18 ans, la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet n'a plus de lien d'emploi avec la société d'État dont elle se trouve à être la grande patronne. Elle l'a confirmé mercredi: «Ma démission a été envoyée et reçue avant même ma nomination. […] L'après-midi même avant ma nomination comme ministre.» Au sein d’Hydro-Québec, Mme Ouellet a travaillé entre autres au réseau de distribution, elle a été conseillère en matière de coûts ; conseillère en recherche et développement ; chef des services techniques aux grandes entreprises ; chef de l’efficacité énergétique aux grandes entreprises ; responsable des ventes Mines, métallurgie et fabrication ; chef des projets spéciaux pour Hydro-Québec Production.

 

Gaétan Lelièvre
Ministre délégué aux Régions; ministre responsable de la région de la Gaspésie-Île-de-la-Madeleine

Député de Gaspé

Élu en 2012, M. Lelièvre a notamment été directeur général de la Ville de Gaspé (2001-2010), de la MRC du Rocher-Percé et du Centre local de développement de La-Côte-de-Gaspé.

 

Diane de Courcy
Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles; ministre responsable de la Charte de la langue française
Députée de Crémazie
 
Issue du milieu de l’éducation, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (depuis 12 ans) et du Mouvement pour une école moderne et ouverte (17 ans) était pressentie depuis longtemps pour faire le saut en politique. Elle hérite d’un mandat délicat où son expérience de la communication publique sera utile: le Parti québécois a promis de déposer d’ici trois mois une nouvelle Charte de la langue française, projet qui prévoit notamment l’assujettissement des cégeps à la loi 101.
 
 
Alexandre Cloutier
Ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste; ministre responsable de la région de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec
35 ans, député de Lac-Saint-Jean

Ce fort en thème détient deux maîtrises, la première en droit constitutionnel de l’Université de Montréal et la seconde, en droit international public de l’Université de Cambridge. Il a été élu pour la première fois aux élections du 26 mars 2007 dans une circonscription considérée comme une forteresse péquiste. Aux yeux de Pauline Marois, Alexandre Cloutier a le mérite de ne pas avoir joué de rôle dans la contestation larvée de son leadership, se rangeant sans équivoque aux côtés de la chef péquiste. Parlementaire qui a affiché beaucoup d’aplomb dès son entrée à l’Assemblée nationale, il a été pendant trois ans porte-parole en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes. Après un passage de sept ans aux relations avec les Premières Nations, il est devenu critique pour les relations internationales et la francophonie, responsabilité qu’il a assumée pendant deux ans jusqu’au déclenchement des élections. Il s’est intéressé aux relations du Québec avec les États-Unis au sein du Council of State Governments.
 
 
Jean-François Lisée
Ministre des Relations internationales, du Commerce; ministre responsable de la région de Montréal et de la Francophonie
54 ans, député de Rosemont
 
Grosse vedette dans les milieux journalistique et politique québécois, Jean-François Lisée arrive à Québec précédé d’une solide réputation: tout à tour — ou en même temps — journaliste (correspondant pour La Presse à Paris et à Washington dans les années 80, plus récemment blogueur et chroniqueur pour L’actualité), auteur de nombreux essais et d’une biographie controversée de Robert Bourassa, conseiller politique de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Pauline Marois (on le présente souvent comme « l’éminence grise » du PQ), directeur exécutif du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, M. Lisée a porté plusieurs chapeaux et s’est fait omniprésent dans le paysage médiatique québécois depuis une vingtaine d’années. Parfaitement bilingue, il a reçu hier le mandat spécifique d’agir comme interlocuteur avec la communauté anglophone québécoise.
 
 
Maka Kotto
Ministre de la Culture
50 ans, député de Bourget
 
Né au Cameroun, Maka Kotto s’est fait connaître comme acteur et humoriste. Élu à Ottawa en 2004 pour le Bloc québécois, il est passé au provincial en 2008. Il est le conjoint de l’actuelle mairesse de Longueuil. Sa discrétion relative depuis son entrée en politique est inversement proportionnelle à sa cote de popularité, toujours haute. Il a maintenant le mandat de rapatrier les pouvoirs et les budgets fédéraux en matière de culture, un dossier défendu sans succès par le gouvernement Charest.
 
 
Sylvain Gaudreault
Ministre des Transports; ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire
42 ans, député de Jonquière
 
Élu en 2007, Sylvain Gaudreault détient un baccalauréat en histoire et un autre en droit. Il a été porte-parole en matière d’énergie puis porte-parole pour l’éducation primaire et secondaire. Le député s’est distingué surtout sur les questions d’énergie en critiquant Hydro-Québec pour son manque d’ambition en ce qui a trait à l’efficacité énergétique. D’une façon générale, il a relevé que le gouvernement Charest n’avait pas atteint les objectifs de sa politique énergétique. Notons que son travail parlementaire ne l’a conduit à se pencher ni sur les questions d’infrastructures routières ni sur les affaires municipales. Pendant quelques mois en 2008, il a été porte-parole en matière de développement régional et de décentralisation. Les recommandations à venir de la commission Charbonneau toucheront sans doute les deux ministères dont Sylvain Gaudreault est le titulaire.
 
 
Élizabeth Larouche
Ministre déléguée aux Affaires autochtones
Députée d’Abitibi-Est

Nouvelle venue en politique, Mme Larouche était adjointe au directeur des affaires médicales à l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue depuis cinq ans. Elle a aussi travaillé comme représentante des ventes pour Radio Nord Communications dans les années 90.
 
 
Pascal Bérubé
Ministre délégué au Tourisme
37 ans, député de Matane-Matapédia

Cet ancien vice-président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (1998) a été élu pour la première fois aux élections de 2007. Il a notamment été critique du PQ en matière de loisir et sport, de tourisme, et du développement de la Gaspésie.
 
 
Bernard Drainville
Ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne; ministre responsable de la région de la Mauricie
49 ans, député de Marie-Victorin
 
Comme journaliste à la télévision de Radio-Canada, Bernard Drainville a notamment été correspondant à Ottawa, à Québec et en Amérique latine. Il a fait le saut en politique en février 2007. Bon communicateur et vulgarisateur, M. Drainville s’est beaucoup investi dans la réflexion imposée par la crise qui a secoué le PQ à l’été 2011. Au début de 2012, il disait craindre la disparition du PQ, à moins d’un « méchant coup de barre ». La « consultation citoyenne » qu’il a menée a notamment abouti à la proposition de créer des référendums d’initiative populaire - idée qui a été inscrite au programme du parti en janvier 2012 et qui a provoqué des remous pendant la campagne électorale. M. Drainville aura notamment le mandat de faire adopter la Charte de la laïcité et le projet d’élections à date fixe.
 
Marjolain Dufour
Whip en chef
53 ans, député de René-Lévesque

Élu depuis 2003, M. Dufour a été journalier spécialisé chez Alcoa Baie-Comeau entre 1977 et 1998, puis employé de la CSN entre 1998 et 2003. Il a été porte-parole du Parti québécois en matière de mines et de travail, notamment.
 
Sylvain Pagé
Président du caucus
53 ans, député de René-Lévesque

Natif de Mont-Laurier et père de quatre enfants, Sylvain Pagé est député de Labelle depuis 2001. Avant de siéger à l’Assemblée nationale, il s’est engagé autant dans les milieux des affaires, qu’en environnement, en sports et dans le secteur communautaire. Il a été adjoint parlementaire du ministre responsable de la Jeunesse, du Tourisme, du Loisir, du Sport, de la Faune et des Parcs au sein du gouvernement de Bernard Landry.