Le cabinet de Pauline Marois - 1

Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot

Voici la composition du conseil des ministres que la première ministre Paule Marois a présenté mercredi au salon rouge du Parlement.

Pauline Marois
Première ministre
63 ans, députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré

La première femme première ministre de l'histoire du Québec accède à cette fonction au terme d'un parcours éloquent. Formée en service social, elle a travaillé dans ce domaine quelques années avant de faire le saut en politique. D'abord attachée de presse du ministre Jacques Parizeau (1978-79), elle devient chef de cabinet de Lise Payette en 1979. Élue en 1981, elle est aussitôt nommée ministre d'État à la Condition féminine. Depuis, elle a été ministre d'à peu près tous les ministères (entre 1981 et 1984, puis entre 1994 et 2003): Famille, Revenu, Finances, Éducation, Santé, présidence du Conseil du trésor… Battue aux élections de 1985, elle a été réélue en 1989 et n'a depuis été absente de l'Assemblée nationale qu'entre 2006 et 2007. Avant d'être élue chef du Parti québécois à la suite du départ d'André Boisclair en 2007, Mme Marois s'était présentée sans succès aux courses au leadership de 1985 et de 2005. On lui doit notamment la création du réseau des centres de la petite enfance et la déconfessionalisation des commissions scolaires. 


Agnès Maltais

Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Condition féminine; ministre  responsable de la région de la Capitale-Nationale et de la région de Chaudière-Appalaches

57 ans, députée de Taschereau


Après son assermentation, Agnès Maltais a dit vouloir « apaiser » les relations de travail au Québec, bouleversées par l’abolition du placement syndical dans le secteur de la construction. Le PQ, a-t-elle rappelé du reste, refuse d’octroyer le droit de lockout aux municipalités, comme le maire Labeaume le réclame. Seule élue de la région de Québec avec sa chef, Mme Maltais siège à l’Assemblée nationale depuis 1998. Elle a été entre autres ministre de la Culture et ministre déléguée à la Santé. Fidèle de Pauline Marois, Mme Maltais a multiplié les postes-clés dans l’opposition : présidente du caucus, leader parlementaire adjointe et critique en matière de santé et d’emploi, entre autres. Porte-parole pour la région de la Capitale-Nationale, elle a défendu et porté la controversée loi spéciale 204 visant à «bétonner» le contrat de gestion Québecor-Québec du futur amphithéâtre. Ne possédant pas de diplôme universitaire, Mme Maltais a l’habitude de se présenter comme une «gestionnaire» puisqu’elle a dirigé dans le passé plusieurs organismes culturels.
 


François Gendron
Vice-premier ministre; ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation; ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue

68 ans, député d’Abitibi-Ouest


Élu sans interruption depuis 1976, François Gendron en est à son 10e mandat à Québec : il s’approche du record de longévité détenu par Gérard D. Lévesque (37 ans et cinq mois). Au fil des ans, il a été ministre de l’Éducation (1984-1985), leader parlementaire, ministre des Ressources naturelles (1994-1996 et 2002-2003) ou président de l’Assemblée nationale (fin 2008). C’est lui qui a assuré l’intérim à la tête du parti après le départ d’André Boisclair.
 


Marie Malavoy

Ministre de l’Éducation; ministre responsable  de la région de la Montérégie; ministre de l’Éducation; ministre responsable de la région de la Montérégie

64 ans, députée de Taillon


La nouvelle ministre de l’Éducation a été professeure de service social à l’Université de Sherbrooke dans les années 70, et doyenne de la Faculté des lettres et sciences humaines entre 1988 et 1992. Élue dans Sherbrooke en 1994, elle avait aussitôt été nommée ministre de la Culture… poste duquel elle démissionnera deux mois plus tard, après avoir reconnu avoir voté frauduleusement à différentes élections (elle n’avait pas la citoyenneté canadienne). Battue par Jean Charest en 1998, Mme Malavoy est revenue à l’Assemblée nationale à la faveur d’une élection partielle en 2006. Dans les dernières années, elle a notamment été critique matière d’enseignement supérieur et d’aide financière aux études.


Nicolas Marceau

Ministre des Finances et de l’Économie; ministre des Finances et de l’Économie

48 ans, député de Rousseau


Élu pour une première fois dans une élection partielle - il prenait la relève de François Legault -, Nicolas Marceau, un docteur en économie de l’Université Queen’s, est le seul économiste patenté de la députation péquiste. Avant de se lancer en politique, il était professeur en sciences économiques à l’UQAM. Critique en matière de finances depuis deux ans, ajoutant le développement économique à ses responsabilités dans la dernière année, il devenait un choix logique pour le poste de ministre des Finances. Ce n’est pas le charisme qui l’étouffe et ses interventions à l’Assemblée nationale ont pu s’avérer souvent lénifiantes et quelque peu obscures pour le profane. Mais son affabilité sera sans doute un atout dans un contexte de gouvernement minoritaire. Déjà, son vis-à-vis de l’opposition officielle, Raymond Bachand, a vanté cette semaine sa courtoisie « qui détonne sur la relation qui existe à l’Assemblée nationale ».


Pierre Duchesne

Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie;  ministre responsable de la région du Centre-duQuébec

48 ans, député de Borduas


Formé en journalisme, ce natif de Jonquière a été reporter à la radio et à la télé de Radio-Canada de 1987 à 2012. De 2005 à 2012, il a couvert la politique au bureau radiocanadien de la Tribune de la presse à Québec. Lorsque Québecor a mis Le Journal de Montréal en lockout, M. Duchesne était président de la Tribune de la presse. Il a alors convaincu ses collègues et le président de l’Assemblée nationale de refuser l’accréditation de journalistes de remplacement de Québecor tant que le lockout durait. À Radio-Canada, il avait aspiré au poste de chef de bureau lorsque son ami et collègue Bernard Drainville a plongé en politique en 2007. Il a démissionné de Radio-Canada en juin parce que la société d’État avait décidé de le muter à Montréal, ce qu’il refusait. Avant d’annoncer qu’il se lançait en politique en juillet, M. Duchesne avait soutenu qu’il irait enseigner le journalisme à l’Université Laval. Il est maintenant ministre des universités. Pierre Duchesne a consacré presque une décennie à l’ancien chef du Parti québécois et premier ministre du Québec Jacques Parizeau, un homme qu’il admire.


Nicole Léger

Ministre de la Famille; ministre responsable de la région de Laval et des Laurentides

57 ans, députée de Pointe-aux-Trembles


Cette députée chevronnée - elle a été élue pour la première fois lors d’une élection partielle en 1996 - est une alliée indéfectible de Pauline Marois. En 2004, Bernard Landry lui avait enlevé son poste de whip adjointe quand elle s’était alliée à Pauline Marois pour réclamer une course à la chefferie. En 2005, elle avait joint le camp Marois dans la course à la direction du parti, que remportait André Boisclair. Nicole Léger a fait preuve d’abnégation en cédant son siège à André Boisclair en 2006. Elle est revenue aux côtés de Pauline Marois quand celle-ci fut élue chef, en reprenant son siège lors d’une élection partielle au printemps 2008. Lors de la contestation du leadership de la chef péquiste, Nicole Léger a tenu le fort à titre de whip. Comme ministre, Nicole Léger fut toujours chargée de portefeuilles à caractère social. Lucien Bouchard l’a nommée, en 1998, ministre déléguée à la Famille et à l’Enfance, puis elle est devenue en 2001 ministre déléguée à la Lutte contre la pauvreté et l’exclusion.


Stéphane Bergeron

Ministre de la Sécurité publique; ministre responsable de la région de l’Outaouais

47 ans, député de Verchères


Stéphane Bergeron est un parlementaire d’une grande expérience puisqu’avant son élection en décembre 2005 dans une partielle en remplacement de Bernard Landry, il était député du Bloc québécois depuis 1993. Il cumule donc 19 ans à titre d’élu, tant à la Chambre des Communes qu’à l’Assemblée nationale. Il détient une maîtrise en science politique, avec une spécialisation en relations internationales, de l’Université Laval. Durant la crise qui a secoué le Parti québécois, il a cherché à ménager la chèvre et le chou. Il a aussi tenté un rapprochement avec Québec solidaire. Pauline Marois a choisi de ne pas le sanctionner pour ses quelques déclarations ambiguës sur son leadership. Stéphane Bergeron s’est distingué comme porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, donnant la réplique au ministre Robert Dutil et réclamant inlassablement pendant un an et demi une enquête publique sur l’industrie de la construction. Il est passé ensuite aux affaires municipales.



Élaine_Zakaib

Ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec

63 ans, députée de Richelieu

Nouvelle recrue dans le caucus péquiste, Élaine Zakaïb, une avocate qui détient une maîtrise en administration des affaires de l’UQAM, vient renforcer le profil économique du gouvernement Marois. Avant de se porter candidate, elle a travaillé pendant 20 ans au Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ), occupant différents postes dont quelques vice-présidences et assumant la fonction de p.-d.g. des Fonds régionaux de solidarité FTQ. Au Fonds de solidarité, elle a croisé le mari de Pauline Marois, Claude Blanchet, qui a été le premier p.-d.g. de l’organisme jusqu’en 1997. En raison de son expérience, Élaine Zakaïb a une connaissance approfondie du développement économique des régions et de l’activité économique générée par les petites et moyennes entreprises. Elle est chargée de mettre sur pied la Banque de développement économique du Québec, un projet que caresse la première ministre.

 

Stéphane Bédard

Ministre responsable de l’Administration gouvernementale; président du Conseil du trésor; ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean

44 ans, député de Chicoutimi

 

Fils de Marc-André Bédard, ancien ministre du gouvernement Lévesque, Stéphane Bédard fut un pilier au sein du caucus péquiste sur lequel Pauline Marois a pu s’appuyer durant la fronde ourdie par certains de ses députés. Élu pour la première fois en 1998, cet avocat fut nommé leader parlementaire adjoint de l’opposition officielle en 2003, whip du deuxième groupe d’opposition à compter de 2007, puis leader parlementaire en 2008, poste qu’il a occupé jusqu’au déclenchement des élections. Combatif, Stéphane Bédard a montré sa profonde connaissance de la procédure parlementaire dont il n’hésitait pas à se servir pour enquiquiner les adversaires. On l’a vu porte-parole en matière de justice, mais surtout responsable de la réforme des institutions démocratiques. Il a été mêlé de près aux discussions entourant la refonte de la carte électorale, discussions entre les partis qui se sont soldées par un échec.
 


Véronique Hivon

Ministre déléguée à la Santé publique et à la Protection de la jeunesse
42 ans, députée de Joliette

Cette recrue de l’élection de 2008 est une avocate, diplômée de l’Université McGill, qui détient une maîtrise de la London School of Economics and Political Science. Elle était la porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice. Gagnant graduellement en assurance, Véronique Hivon s’est imposée à l’Assemblée nationale avec des interventions rigoureuses et efficaces. Elle a talonné le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, au sujet de la nomination des juges alors que le gouvernement fut forcé de déclencher la commission Bastarache, qui a alimenté d’autres débats en Chambre. Elle fut parmi les critiques les plus acérées de l’opposition ayant dénoncé la corruption et réclamé la tenue d’une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction. Ses qualités de juriste ont été mises à profit pour la rédaction du rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, commission dont elle était la vice-présidente. Véronique Hivon n’aura pas siégé un mois au cabinet de Pauline Marois: forcée au repos à cause d’une grossesse jugée à risque, la ministre déléguée à la Santé publique et à la Protection de la jeunesse a démissionné le 18 octobre 2012 de ses fonctions ministérielles.


Cliquez ici pour la suite

2 commentaires
  • Jocelyn Boily - Inscrit 20 septembre 2012 07 h 02

    Chance au coureur

    20 septembre 2012

    La chance au coureur

    La première femme première ministre du Québec Pauline Marois nous a annonçé son cabinet constitué de 23 ministres dont 4 supers ministres et 11 adjoints parlementaires. Madame Marois a dû composée avec la députation que la population lui a démocratiquement donné et, pour ma part, je trouve les nominations intéressantes.

    Comme Madame Marois l’a dit dans son discours post électoral regardez-nous aller et vous verrez les résultats après les cents premiers jours. J’ai trouvé son discours de présentation du caninet rafraîchissant, empreint d’honnêteté, de sincérité et d’ouverture.

    Quand aux ministres qui n’ont pas l’expérience exigés souvenons-nous du super ministre du Gouvernemnt de René Levesque Yves Bérubé professeur en science pure, inconnu de tous mais qui a été une valeur ajoutée importante pour le Québec.

    Je donnes donc la chance au coureur

  • Mariette Payeur - Inscrite 20 septembre 2012 08 h 16

    Boîte à surprises

    Échaudée par la crise de leadership qu'elle a subie à un certain moment, Mme Marois semble avoir choisi ses plus fidèles alliés comme ministres.
    Une exception: le nouveau venu, le Dr Hébert, à la santé. Peut-être ces choix, basés d'abord sur la fidélité, vont-ils se montrer très performants; c'est à voir.
    Dans un gouvernement qui risque d'être de courte durée, ces néophytes pourront-ils faire leurs preuves immédiatement? Ce n'est pas évident.