Les Premières Nations interpellent le PQ

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec, Ghislain Picard, lance un ultimatum au nouveau gouvernement péquiste pour qu’il tienne un sommet sur la question du territoire et des ressources naturelles. Dans l’ambiance feutrée du Gainzbar, sur la Plaza Saint-Hubert à Montréal, Ghislain Picard partageait la scène aux côtés de Bernard Landry et de Françoise David pour les Lundis de l’indépendance, soirées-causeries mensuelles regroupant des indépendantistes de tous horizons à l’invitation du Nouveau Mouvement pour le Québec.

Devant quelques dizaines de personnes, Ghislain Picard a réaffirmé la volonté des Premières Nations d’être entendues et respectées, espérant ne pas avoir à léguer aux jeunes générations le fardeau des revendications qu’elles portent depuis des décennies déjà. Affirmant que les chefs en ont assez d’être « à la remorque de négociations » qui piétinent et qui avantagent généralement l’industrie, il profite du renouveau politique pour inviter la nouvelle première ministre à un sommet pour discuter de territoire et des ressources naturelles.


« Les positions se sont raffermies du côté des Premières Nations […] le sommet auquel nous convions Mme Marois se veut, en quelque sorte, un ultimatum qui répond à cette exaspération, lance le chef Picard. Nous lui donnons 30 jours pour nous répondre et 100 jours pour la tenue du sommet. »


Pas question de s’en laisser imposer comme la dernière fois, en 2003, où le gouvernement Charest s’était montré ouvert à parler de tout, sauf de redevances liées aux ressources naturelles. « C’est sur ce sujet que nous avons constaté que l’intérêt de Jean Charest n’était pas le même que le nôtre. Sa stratégie était de diviser pour régner. Du côté des Premières Nations, on a essayé de prendre du recul et de consulter nos troupes, mais c’était extrêmement difficile […] Et le gouvernement qui présentait son Plan Nord en disant que la participation avec les autochtones se faisait de façon harmonieuse, raille-t-il. Le Plan Nord n’a jamais été traduit en innu, mais il l’a été en allemand ! »


L’ancien chef du PQ Bernard Landry a profité de l’occasion pour tendre la main aux autochtones afin qu’ils prennent part au processus de souveraineté : « Le Québec commence à être exemplaire en matière de traitement des Premières Nations, il le sera encore davantage quand il sera indépendant. Alors j’espère, chef Picard, qu’en plus d’aller chercher les intérêts matériels et la fraternité que vous recherchez auprès du nouveau gouvernement du PQ, vous allez également réfléchir à cet aspect et qu’un jour, les Premières Nations vont appuyer notre indépendance nationale. »


La nouvelle députée de Québec solidaire, Françoise David, a également ouvert la porte aux Premières Nations dans le projet québécois : « Sur la question de l’autodétermination, cela revient à reconnaître à d’autres ce que nous voulons qui soit reconnu pour nous-mêmes. Je pense que, comme indépendantistes, on devrait comprendre cela très bien. »

10 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 18 septembre 2012 03 h 14

    La république des peuples...

    Le Québec indépendant doit selon moi être une république des peuples libres. Il n'y a pas d'autres alternatives politiques viables pour un début de troisième millénaire.
    Qui sur cette planète ne voit pas que l'Homme a besoin d'innovation sociale et politique ?
    Le territoire du Québec doit être celui d'une mise en commun républicaine des richesses humaines et naturelles. Ce qui ne veut pas dire que l'initiative individuelle et la réussite doivent en être banies...
    A mon avis, la direction prise par le projet de société d'un Québec indépendant doit être celle de la création de richesses partagées dans un respect environnemental exemplaire. Cela est certe exigeant pour une société, mais il ne semble pas me revenir en esprit que l'exigence ait déjà découragé les Québécois de se retrousser les manches ... Au contraire.

    Vive le Québec libre et respectueux des Hommes et de la Terre !

    • Louka Paradis - Inscrit 18 septembre 2012 08 h 04

      Amen !

      Louka Paradis, Gatineau

    • André Michaud - Inscrit 18 septembre 2012 09 h 03

      Si ,comme le prétendent les séparatistes, le Canada est divisible sur le principe du respect de la souveraineté des nations, alors le Québec est aussi divisible sous le même principe. Mais le séparatisme est-ce souhaitable et pour le Québec et pour les premieres nations?

      Nous somme à une époque de mondialisation, pas de division. En ce sens le "fédéralisme" , ou mise en commun, est très de son temps.

    • Yves Côté - Abonné 18 septembre 2012 12 h 15

      Merci Monsieur Michaud de me donner l'occasion de clarifier mon commentaire matinale.
      D'abord, pour que tout soit clair, vous pouvez me compter au nombre des méchants séparatistes. Enfin, selon ce que je suppute de votre point de vue.
      Ensuite, il est vrai que la mondialisation actuelle ne fait pas mon bonheur. Celle dont je rêve et pour laquelle j'argumente, parce que mondialisation oui je veux, ne ressemble en rien à celle que nous connaissons et que vous semblez aimé. Ce qui est votre droit le plus stricte.
      La mienne de mondialisation est celle où les richesses de la petite planète sur laquelle nous avons à vivre permettent à tous de vivre en équité. Justement...
      Et pour cela, il faut d'abord que les nations existantes s'accordent à respecter les prémisses humaines et géographiques qui leur ont donné à exister. Pour peu que vous connaissiez l'histoire du pays, vous me voyez venir je crois ?
      Finalement, en dépit de ce qu'il prétend partout à tour de bras, en commençant par chez lui, le Canada n'est pas dans les faits un pays de fédéralisme. Je ne vous ferez pas ici l'injure de vous donner la définition précise de ce mot, puisque vous pouvez vous-mêmes la trouver. Mais simplement, comme les provinces ne sont pas des entités politiques représentatives autonomes, le système canadien n'est pas celui du fédéralisme. C'est un système qui encore aujourd'hui dans ses prérogatives repose sur la suprématie en droits d'une couronne étrangère et la légitimité induite de celle-ci à l'exercer par l'absence du refus exprimé des peuples qui en sont.
      Au plaisir Monsieur.

      Et comme toujours pour moi, Vive le Québec libéré par la république !

  • Jean Lapointe - Abonné 18 septembre 2012 08 h 41

    Que des mots.

    «La nouvelle députée de Québec solidaire, Françoise David, a également ouvert la porte aux Premières Nations dans le projet québécois : « Sur la question de l’autodétermination, cela revient à reconnaître à d’autres ce que nous voulons qui soit reconnu pour nous-mêmes. Je pense que, comme indépendantistes, on devrait comprendre cela très bien. »

    Si madame David est aussi indépendantiste ( pour le Québec) qu'elle le prétend, pourquoi reste-t-elle à la tête d' un parti qui a décidé de faire concurrence au Parti québécois parce qu'il n' est pas assez à gauche à son goût?

    Et j'ajouterais que s 'autodéterminer pour un peuple ne veut pas nécessairement dire l'indépendance politique pour ce peuple.

    Il faut tenir compte des conditions concrètes dans lesquelles se trouve ce peuple à cause de ce que l'histoire a fait de lui.

    Il existe d'autres possiblités que l'indépendance.

    S'il s'avère que l'indépendance politique est considérée comme la meilleure solution pour le Québec pour bien des Québécois, il n'est pas dit que ce soit aussi la meilleure solution pour les peuples amérindiens.

    Ils pourraient très bien en décider autrement il me semble et avoir de très bonnes raisons de le faire.

    Il s'agit de choisir ce qui semble être comme étant la meilleure chose à faire pour un peuple donné compte tenu des possibilités qui s'offrent à lui.

    • André Michaud - Inscrit 18 septembre 2012 12 h 31

      En effet partir du postulat que chaque nation ou ethnie doit devenir un pays indépendant serait catastrophique.

      Seulement aux Indes il faudrait diviser le pays en au moins une centaine de petits pays, même chose en Afrique..ce qui causerait un tord immense à tous les plus démunis.

      De plus il est préférable d'avoir un pays multiethnique basé sur le partages de valeurs communes que sur des trucs de races ou d'ethnies qui divisent les humains sur des bases raciales.

      Le problème des nations améridiennes c'est qu'ils vivent dans le passé. Elles n'ont pas compris que au XXI siècle, l'éducation et l'entrepreneurship ont remplacé la chasse et la pêche comme moyen de développement. Et que comme disait Félix, la meilleure façon de tuer un homme c'est de la payer sans qu'il travaille...

      Éducation et travail ou misère et chômage..

      Hélas pour avoir travaillé 35 ans au Ministère de L'Éducation et avoir discuté avec plusieurs directeurs d'écoles amérindiennes, il n'y a pas de véritable volonté de ces communautés à donner de l'importance à L'éducation.
      Souvent quand j'appelais à l'école, elle était vide et les profs découragés...Certains profs sont même harcelés, voir victimes de violence de la part des étudiants. Une prof me racontait qu'un étudiant lui avait plaqué les épaules sur le tableau avec un visage plein de haine..(85% des femmes améridiennes ont subi de la violence )sans parler de graves problèmes de toxicomanie..

      Ce n'est pas avoir plus de fric qui changera leur situation, bien au contraire, car le fric trop souvent ne sert absolument pas au développement économique de la communauté, mais à l'achat de dope, 4X4, skidoo etc..


      Comment une communauté peut se prendre en main sans une main d'oeuvre compétente (ingénieurs, comptables , techniciens,etc..) et en dépendant toujours des autres pour assurer sa survie ???

      Comment sortir de la dépendance et se prendre en main économiquement sans éducation?

  • Sylvain Auclair - Abonné 18 septembre 2012 09 h 51

    Il faut offrir aux Amérindiens

    un statut qui serait bien plus enviable dans un Québec indépendant qu'il ne l'est actuellement.

    • Pierre Rousseau - Abonné 18 septembre 2012 11 h 08

      Effectivement, les peuples autochtones sont des peuples à part entière dont les droits sont maintenant reconnus au niveau international, en particlier la convention 169 de l'OIT (que le Canada n'a jamais ratifiée) et la Déclaration des NU sur les droits des peuples autochtones. Ces droits comprennent le droit au territoire et sans l'appui des peuples autochtones l'indépendance du Québec ferait face à un obstacle important au niveau de la reconnaissance internationale.

      La situation actuelle des peuples autochtones au Canada est pathétique et plus on la connaît au niveau international, plus le Canada perd des plumes... Donc, il ne serait pas très difficile de reconnaître leurs droits pour simplement améliorer la situation. On pourrait facilement avoir des députés représentants chacun des peuples autochtones à une assemblée plurinationale et on pourrait enfin reconnaître leurs territoires en les adaptant au monde contemporain (on ne pourra jamais retourner au XVIIIè siècle) et y reconnaître leurs systèmes juridiques et de gouvernance (après tout, le Québec est un bel exemple de bi-juridisme, alors pourquoi pas le pluralisme juridique?) fondés sur leurs traditions et leurs cultures.

      Ils sont souvent les premiers qui sont affectés par les projets de développement (comme le Plan nord) et on doit donc les considérer comme des partenaires à part entière et incontournables dans tout projet de développement qui touche leur territoire, ce qui aurait effet, entre autres, d'améliorer leur situation économique. Il y a bien d'autres choses qu'on peut faire mais le tout doit se faire en concertation et en partenariat avec les premiers peuples - ce sont eux qui détiennent la solution qui va fonctionner pour eux.

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 septembre 2012 12 h 33

      Monsieur Rousseau,
      N'oubliez pas que, dans bien des cas, le recours à un droit traditonnel est le prétexte pour opprimer les femmes ou d'autres minorités. Je n'aimerais pas me retrouver avec un système de droit qui ressemble à celui de l'Afghanistan, avec ses zones tribales.

      Quant au territoire... On entre là dans un débat complexe. Le Canada refuse de voir le Québec partir mais accepterait de le dépecer?

  • Laurent Desbois - Inscrit 18 septembre 2012 12 h 53

    La loi des indiens d’Ottawa n’est non seulement raciste, mais aussi sexiste !

    La loi des indiens d’Ottawa n’est non seulement raciste, mais aussi sexiste !
    La crise d’Oka a été créé pour bifurquer l’attention des Québécois suite au rejet de l’accord du Lac Meech !
    La crise d'Oka aurait pu durer moins longtemps si le fédéral avait fait preuve de plus d'ouverture, affirme aujourd'hui l'ancien ministre des Affaires autochtones du Québec John Ciaccia.
    VOIR : « OKA: DERNIER ALIBI DU CANADA-ANGLAIS »
    ROBIN PHILPOT, 2000 , V.L.B. ISBN :
    9782890057555 (2890057550)

    Je me permets de vous souligner certains des titres se rapportant à ces sujets dans le livre de Philpot mentionné ci-haut :
    • Revenu moyen : « Les Indiens connaissent un meilleur sort au Québec. ».
    • Moins de ménages Indiens vivant sous le seuil de pauvreté au Québec.
    • Les Amérindiens conservent davantage leur langue au Québec qu’en Ontario.
    • Billy Diamond : « Le conseil scolaire Cri possède plus de pouvoirs qu’aucune autre commission scolaire… »
    • Conditions d’habitations dans les réserves, par rapport au chauffage central.
    • « Le plus haut taux de suicide au monde! » Au Canada oui, mais pas au Québec.
    • Conventions et négociations de nation à nation au Québec.