Loi 101 : vivement un renforcement, dit le MQF

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Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
L’affichage en anglais est dénoncé à Montréal depuis plusieurs années.
Le Mouvement Québec français (MQF) a appelé le gouvernement Marois à agir rapidement pour renforcer la loi 101, mercredi, lors d’un point de presse à Montréal.
 
Le président de l’organisme, Mario Beaulieu, estime que la loi a subi trop de modifications qui l’ont affaiblie, ce qui a permis une intensification de l’anglicisation de l’environnement québécois qui s’étend désormais en dehors de l’île de Montréal, a-t-il soutenu. « Nous sommes ici pour démontrer l’urgence d’agir, a lancé M. Beaulieu. Le nouveau gouvernement a dit qu’il a l’intention de procéder d’ici 100 jours. Parfait. C’est important. C’est une autre démonstration de plus comme quoi c’est très important d’agir rapidement, dans les 100 prochains jours. »
 
M. Beaulieu s’est toutefois défendu de vouloir porter atteinte aux droits de la minorité. « On n’a rien contre l’anglais. Tout ce qu’on veut, c’est d’assurer l’avenir du français. […] La loi 101 en général est beaucoup plus généreuse envers la minorité historique anglophone que ce qui se fait ailleurs au Canada », a-t-il déclaré.
 
Pour appuyer ses dires, il a présenté, en compagnie de la présidente du Mouvement Montérégie français, Luce Cloutier, quelque 1000 plaintes visant d’apparentes infractions à la loi 101 en Montérégie. Toutes les plaintes qui ont été montrées aux journalistes, photos à l’appui, visaient cependant des raisons sociales ou des églises anglophones.

Or, dans le cas des organismes religieux, ceux-ci ont toujours bénéficié d’une exemption, comme c’est le cas, par exemple, pour les affiches identifiant l’emplacement d’une « United Church » ou de toute autre dénomination d’une église fréquentée par des fidèles anglophones.

M. Beaulieu s’est quand même aventuré sur ce terrain glissant. « Je ne vois pas pourquoi les églises ne respecteraient pas la loi 101. Il peut y avoir de l’anglais, mais il doit y avoir du français aussi », a-t-il dit.
 
Quant aux plaintes touchant des raisons sociales, les photos montraient non seulement les habituels Canadian Tire et autres Pizza Hut, mais aussi plusieurs IGA, Bentley et autres Reitmans, qui ne sont pas des mots anglais, mais bien des noms propres ou des initiales sans signification particulière.
 
Luce Cloutier estime toutefois que toutes ces entreprises sont en porte-à-faux par rapport à la loi 101. « La loi 101 dit qu’il doit y avoir un générique en français », a souligné Mme Cloutier, invoquant le cas de la chaîne Second Cup, qui s’affiche au Québec sous le nom « Les cafés Second Cup ». Elle a ajouté que certaines formulations anglaises de raisons sociales pouvaient même être traduites.
 
« Kia Motors, c’est pas plus dur d’écrire Kia Moteurs », a-t-elle laissé tomber en montrant la photo d’un concessionnaire de cette marque 
de véhicules.
6 commentaires
  • Marie-France Legault - Inscrit 13 septembre 2012 07 h 14

    La fierté de bien parler

    n'existe pas...et ce n'est pas par une LOI qu'on va réussir à l'inculquer aux québécois indifférents et désintéressés.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2012 12 h 44

      Ce n'est pas de cela qu'il s'agit, mais du droit, par exemple, d'être servi en français dans les commerces, mêmes avec des erreurs de syntaxe.

  • antoine bouchard - Inscrit 13 septembre 2012 10 h 46

    C'est très important à mon avis de renforcer la loi 101 et surtout de l'appliquer. À Montréal la situation est flagrante. Beaucoup de gens s'en foutent et affichent en anglais seulement. Mais j'ai un doute. Obliger les compagnies canado-anglophones ou américaines à changer leur nom propre, n'est-ce pas un tantinet ridicule? Ces compagnies vont vouloir traîner le gouvernement en cour dans certains cas.... Je trouverais ça bizzare que Canadian Tire devienne soudainement "Pneu canadien" ... non?

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2012 12 h 44

      Les Pneus canadiens, ça ne ferait sans doute pas plus bizarre que Canadian Tire, si on s'y attarde...

    • Phil Roberts - Inscrit 14 septembre 2012 16 h 07

      M. Bouchard, je suis d'accord avec vous sur le point inutile de forcer les entreprises canadiennes et américaines de remplacer leur nom pour un nom français. Si il y a quelque unes qui le font, ils ont pris la bonne décision. Mais les entreprises américaines prendront cette décision pour les des raisons économiques et non pour le respect de la langue française. L'argument que si ces entreprises changent leur nom pour le Brésil et pour la Chine, qu'il devraient aussi changer leur nom pour le Québec est boiteux. La population du Brésil est supérieure de 193 million d'habitants, et celle de la Chine est de 1,3 millards. Dans ces cas là, les entreprises se garrochent pour changer leur nom en portugais ou mandarin. Au Québec nous sommes seulement 8 millions d'habitants. Pour des commerces américains, le Québec est un petit marché et le marché francophone est encore plus petit avec 6,4 millions. Pour les grandes entreprises américaines 6,4 millions habitants c'est la métropole de Dallas, ce n'est pas grand chose pour eux. Si au Québec on avait une population de même 80 million, les entreprises américaines garrocheraient pour tout afficher en français sans leur demander. Il faudrait procréer et immigrer en masse pour y arriver à ça.

  • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2012 12 h 47

    Kia Moteurs?

    Je regrette, mais c'est encore de l'anglais, comme les «immersionnistes» du ROC qui disent: Je suis 18, je peux entrer le bar.

    En français, ça devrait être les Moteurs Kia.

    Ceci dit, où achètera-t-on la carrosserie?