Les péquistes pourraient former un bon gouvernement, croit Yves Michaud

Yves Michaud va déjà à contre-courant et prédit au gouvernement minoritaire de Pauline Marois une longévité «beaucoup plus longue que ce à quoi on s'attend».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Yves Michaud va déjà à contre-courant et prédit au gouvernement minoritaire de Pauline Marois une longévité «beaucoup plus longue que ce à quoi on s'attend».

Un ancien député du Parti québécois (PQ), Yves Michaud, considère que le caucus péquiste s'est enrichi de nouvelles personnalités talentueuses et pourrait former un bon gouvernement.

Il se réjouit de voir pour la première fois dans l'histoire du Québec, une femme à la tête de la province, qui «n'est pas sotte d'ailleurs», sans toutefois être «le Génie des Carpates». M. Michaud estime que l'arrivée de Pauline Marois au poste de première ministre changera la donne de l'affrontement politique, qui est devenu, dans les dernières années, «un jeu de gamin» dans lequel des «insultes sans contenu» sont lancées de part et d'autre.
 
M. Michaud va déjà à contre-courant et prédit au gouvernement minoritaire de Pauline Marois une longévité «beaucoup plus longue que ce à quoi on s'attend». Les troupes caquistes n'ont aucun intérêt à retourner en élections, puisqu'elles risquent de «disparaître de la carte», selon lui.
 
Il envisage même de meilleurs accommodements entre le reste du Canada et le nouveau gouvernement souverainiste.
 
Monopole de la souveraineté

Malgré ses bons mots à l'égard du PQ, l'ex-député déplore le «monopole de la souveraineté» défendu par le parti.
 
«Chez les indépendantistes, il peut y avoir des indépendantistes de gauche, des indépendantistes de droite et de centre», lance M. Michaud, qui appelle le PQ à sortir de ce «bipartisme à l'anglaise» et à bâtir de nouveaux modèles de société.
 
Il invite toutes les souverainistes à batailler sous le même étendard, plutôt que de se disperser lors d'une campagne électorale. «Appelez ça la Coalition des forces souverainistes, ou le front souverainiste, ça n'a pas d'importance», ajoute celui qui fut délégué général du Québec en France.
 
Selon lui, le carcan de la pensée monolithique est révolu et plusieurs formes de souverainisme doivent coexister: «Il y a plusieurs familles dans la maison du Père», blague-t-il.
 
Françoise David bienvenue

M. Michaud, lui-même ancien député de Gouin, salue l'entrée à l'Assemblée nationale de la nouvelle député de la circonscription, Françoise David. Sa «présence [sera] enrichissante pour le débat».
 
Au cours de la dernière campagne électorale, M. Michaud avait demandé aux votants de ne pas élire nommément une douzaine de candidats qui ne se sont pas encore excusés pour avoir voté une motion de blâme à l'endroit de M. Michaud en 2000.
 
L'ancien député avait été alors blâmé unanimement par l'Assemblée nationale pour des propos jugés «inacceptables» à l'égard de la communauté juive, un geste que M. Michaud dénonce toujours avec véhémence. IL s'est toujours défendu contre l'épithète d'antisémite que certains ont lancé à son endroit.
 
Mais la campagne personnelle de M. Michaud n'a pas influencé les électeurs. Tous les candidats visés, dont les péquistes Nicole Léger et Stéphane Bédard ainsi que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ont tous été réélus. Tous sauf un: le chef du Parti libéral, Jean Charest.
 
Depuis ce temps, plusieurs députés, tous péquistes, ont présenté des excuses pour avoir condamné M. Michaud.
 
«Il ne se passe une seule journée sans que je ne pense à ça. Maintenant, j'ai assez de résilience pour pouvoir mener ma vie», avoue humblement Yves Michaud.
 
Mathieu Simard, La Presse canadienne
12 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 9 septembre 2012 14 h 24

    Le Génie des Quatre pattes

    Oui, il faut quatre pattes à la grande table ronde de concertation de la souveraineté...

  • Marc O. Rainville - Abonné 9 septembre 2012 14 h 43

    Fromage

    M. Michaud lui, par contre, est sans contredit le ''Danube de la pensée'' de ces lieux.

  • Louka Paradis - Inscrit 9 septembre 2012 20 h 37

    Dommage !

    Des relents de paternalisme teintent malheureusement les propos de M. Michaud. Pourquoi utiliser la tournure négative pour qualifier notre Première Ministre ? "Elle n'est pas sotte", concède-t-il du haut de sa tribune, au lieu de dire que c'est une femme brillante. La litote est une figure un peu dépassée à notre époque : presque personne ne saisit la nuance et on se hâtera d'interpréter sa phrase au premier degré. C'est comme lorsque'on dit d'une femme qu'elle n'est pas laide au lieu de dire qu'elle est jolie : ça n'a malheureusement pas le même effet...A-t-on déjà péroré sur le QI des premiers ministres nouvellement élus ? Pas à ma connaissance... Ah! j'oubliais... ils étaient tous intelligents en partant, puisque c'étaient des hommes...
    Louka Paradis, Gatineau

  • Line Gingras - Abonnée 9 septembre 2012 21 h 01

    Génie

    Une femme ne peut être sans doute que le Génie des carpettes. (Si elle n'est point idiote, elle sait au moins faire le ménage.)

  • Solange Bolduc - Inscrite 9 septembre 2012 21 h 28

    Il n'y a rien de révolutionnaire dans ce parti à deux têtes, mais...mais

    Yves Michaud dit de Mme David que "Sa «présence [sera] enrichissante pour le débat», mais il ne suggère aucunement qu'elle devienne Ministre d'un certain ministère au sein de la députaion péquiste , ce qui irait à l'encontre du gouvernement élu de Mme Marois qui ne manque pas de candidats compétents pour occuper les fonctions que pourrait escompter obtenir Mme David qui, depuis si longtemps travaille dans des mouvements sociaux sans avoir fait le saut en politique active, à part dernièrement avec son parti QS, à deux têtes!

    Mme David se s'est même présentée seule comme chef de ce parti ! Etait-elle si peu sûr d'elle-même? Il n'y a rien de révolutionnaire dans ce parti à deux têtes, mais seulement quelque chose de non rassurant sur la force vérirtable de Mme David ? C'est quand même assez significatif qu'elle décide de ne pas prendre le leadership de QS, alors que Khadir m'apparait de plus en plus comme une marionnette dans ses mains, car il ne pourrait même pas, lui non plus, devenir seul le chef d'un seul parti au Québec !

    Il y a de quoi se questionner sur la pertinence de ce parti au lieu de se considérer simplement comme un mouvement vers....?

    Pour faire de la politique autrement, c.en est !