Charest se targue de la force du PLQ


	Jean Charest, qui assume la fonction de premier ministre jusqu’à la passation des pouvoirs, a rencontré à ses bureaux Pauline Marois en après-midi, jeudi, pour discuter de la transition. «La seule préoccupation qui nous a animés lors de cette discussion a été la bonne marche des affaires de l’État», affirme la première ministre désignée. 
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot
Jean Charest, qui assume la fonction de premier ministre jusqu’à la passation des pouvoirs, a rencontré à ses bureaux Pauline Marois en après-midi, jeudi, pour discuter de la transition. «La seule préoccupation qui nous a animés lors de cette discussion a été la bonne marche des affaires de l’État», affirme la première ministre désignée. 

Vingt-quatre heures après avoir remis sa démission comme chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest s’est félicité jeudi d’avoir laissé un parti aux «assises très solides», fort de ses 50 députés de l’opposition officielle.

Jean Charest sortait d’un caucus réunissant les députés libéraux, mais aussi les candidats défaits, qui lui ont rendu hommage avec émotion, ont relaté des élus après la rencontre.


« On a des assises très solides pour l’avenir. Alors moi, comme chef de parti, laisser un parti derrière qui est en bonne santé, c’est important », a-t-il déclaré. « Quand on est chef de parti, on est un fiduciaire et on a une responsabilité envers ceux qui nous suivent de laisser la maison en ordre. J’ai ce sentiment-là aujourd’hui. »


Jean Charest sait de quoi il parle. En 1993, le Parti progressiste conservateur que dirigeait Kim Campbell et qu’avait laissé Brian Mulroney fut lessivé aux élections. Jean Charest avait été le seul député conservateur sur 151 à être réélu. « C’était spécial », a-t-il dit.


Jean Charest s’est dit « très heureux » après la décision qu’il a annoncée hier d’abandonner ses fonctions de chef libéral. Interrogé sur la place que lui réservera l’histoire, Jean Charest a dit vouloir qu’on se rappelle de lui comme d’un premier ministre « qui aimait beaucoup le Québec et qui avait des projets comme le Plan Nord, l’ouverture des marchés et l’environnement, qui ont pu changer le Québec et améliorer les choses. »


Jean Charest, qui assume la fonction de premier ministre jusqu’à la passation des pouvoirs, a rencontré à ses bureaux Pauline Marois en après-midi, jeudi, pour discuter de la transition. « La seule préoccupation qui nous a animés lors de cette discussion a été la bonne marche des affaires de l’État », affirme la première ministre désignée dans un communiqué.


Pauline Marois poursuit en rendant hommage à Jean Charest. Elle souligne « la grande force et [le] courage de cet homme politique hors du commun ». Comme l’avait fait Jean-François Lisée dans une de ses chroniques, la chef péquiste écrit que Jean Charest, cet « infatigable voyageur », a été « un ambassadeur passionné du Québec sur le plan international ». Il a défendu « avec énergie » le point de vue du Québec sur les changements climatiques, ajoute-t-elle. Enfin, l’histoire retiendra de Jean Charest qu’il a été « un grand promoteur de l’égalité entre les hommes et les femmes ».


Au cabinet de Pauline Marois, on a précisé que l’assermentation des députés aura lieu le 17 septembre prochain. La première ministre dévoilera son conseil des ministres le 18 ou 19 septembre. C’est à la fin octobre qu’elle prononcera son discours inaugural, qui ouvre la nouvelle session. En novembre, le gouvernement Marois rendra public un énoncé économique qui fera le point sur les finances publiques.

 

Course à la chefferie


Le départ de Jean Charest laisse toute la place aux supputations entourant de possibles successeurs. Raymond Bachand a indiqué qu’il venait tout juste d’entamer une réflexion sur sa candidature à la succession de celui qui a dirigé le parti pendant 14 ans. « Je vais parler à ma femme », a-t-il dit.


« J’ouvre la porte dans ma tête à réfléchir », a formulé l’ex-ministre des Finances. « Je me suis levé ce matin [avec] des sentiments fort contradictoires. Mais ça ne fait pas trois semaines que je pense à ça. »


Pressenti par certains, Pierre Moreau n’a pas voulu dévoiler ses intentions. « Aujourd’hui [jeudi], c’est la journée de M. Charest », s’est-il contenté de dire. Pierre Paradis, qui a déjà pris part à une course à la chefferie en 1983 pour remplacer Claude Ryan, a eu cette réponse de Normand : « Je n’inclus et n’exclus rien ».


Le Dr Yves Bolduc a montré de l’intérêt, tandis les ministres Lise Thériault et Sam Hamad sont restés évasifs.


De son côté, l’ex-leader parlementaire libéral et ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, s’est empressé de préciser qu’il ne sera pas de la course à la chefferie. Il se positionne ainsi pour devenir le chef intérimaire du parti. Le comité exécutif du PLQ se réunit la semaine prochaine pour discuter de cette nomination à laquelle le caucus des députés est intimement lié.


Jean-Marc Fournier a plaidé pour que son parti ne fasse pas comme le Nouveau Parti démocratique, à Ottawa, qui s’est privé de ses ténors à la Chambre des communes en raison de leur participation à la course à la chefferie. La course ne doit pas nuire au travail d’opposition officielle des libéraux, a-t-il averti. « Il faut s’assurer d’une présence en Chambre aguerrie ; c’est ce que le NPD a enseigné comme exemple à ne pas suivre », a-t-il dit. Lui-même veut se consacrer aux travaux parlementaires pour lesquels les libéraux sont bien armés. « Franchement, on est chanceux. Les Québécois ont été généreux envers nous : ils nous ont donné un caucus de cinquante », s’est-il réjoui.


Après sa défaite dans la circonscription de Taschereau, Clément Gignac a décidé de quitter la politique. Mais il souhaite que le nouveau chef libéral soit choisi d’ici Noël. Il faut « un chef bien en selle » dès le début de 2013 parce que c’est « une année très chargée ».


Jean-Marc Fournier ne voit pas les choses du même oeil. « Je souhaite qu’elle [la course à la chefferie] soit suffisamment longue pour qu’on ait le temps de permettre au plus grand nombre de s’y intéresser », a-t-il dit. « Une campagne à la direction, ça permet d’ouvrir les portes et d’aller chercher le plus de points de vue possible. »


De son côté, Pierre Paradis a insisté sur l’importance « de redonner l’avenir du parti dans les mains des militants » ; une candidature imposée ou favorisée par un établissement occulte ne semble guère lui plaire. Pour Henri-François Gautrin, le Parti libéral « doit se reconstruire lentement ».


« Un parti, au bout de dix ans, a un certain essoufflement et il doit être en mesure de présenter à la population un message plus adapté à la réalité », estime le vétéran.

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