«Un acte de folie», estime Pauline Marois

Pauline Marois est profondément attristée par l’attentat qui est venu assombrir mardi la soirée électorale et qu’elle associe à « un acte de folie ».

« Un homme est mort sans aucune raison. La folie a frappé. L’enquête nous apprendra ce qui s’est passé, mais pour l’heure, mes pensées vont évidemment aux victimes et à leur famille », a affirmé mercredi en conférence de presse la chef du Parti québécois et première ministre désignée.


Au moment où elle prononçait son discours de victoire devant quelque 2000 partisans réunis dans la salle de spectacle du Métropolis, un tireur abattait un homme, en blessait un autre et allumait un incendie à l’arrière de l’édifice. Très rapidement, les gardes du corps ont alors empoigné Mme Marois et l’ont amenée en coulisse.


Invitée par les journalistes à expliquer la séquence des événements, Pauline Marois a indiqué qu’elle était certaine d’avoir été sous bonne protection. « Je n’ai jamais, jamais eu le sentiment que je n’étais pas en sécurité. J’ai plutôt pensé aux gens qui m’entourent et à la salle », a-t-elle affirmé.

 

Une protection adéquate ?


Quant à savoir si les policiers qui assurent sa sécurité n’auraient pas dû l’empêcher de remonter sur scène pour s’adresser à la foule compte tenu du crime perpétré, Mme Marois s’est bornée à dire qu’il y aura « des évaluations sur l’ensemble des événements ».


De toute façon, elle ignorait avec exactitude ce qui venait de se produire ; ce n’est qu’à la fin de la soirée qu’elle a été informée de la mort d’un homme. « Quand on m’a amenée en coulisse, j’ai constaté qu’il y avait eu un blessé qui semblait un blessé léger. J’ai vu la porte s’entrouvrir avec une boule de feu du style d’une bombe fumigène. Mais la porte s’est refermée immédiatement. […] Tout semblait sous contrôle », a-t-elle raconté.


C’est alors que les policiers l’ont prévenue qu’il fallait procéder à une évacuation de la salle qui était pleine à craquer. « Je me suis dit : qu’est-ce qui va arriver si ces personnes paniquent ? J’ai dit à mes gardes du corps : “Je veux aller parler aux gens.” Ç’a été ça mon inquiétude. Je n’ai jamais pensé que je pouvais être en cause, que c’est moi qu’on venait attaquer. Je suis allée au micro et j’ai fait naturellement ce que je croyais qu’on devait faire », a ajouté Mme Marois.


Elle a insisté pour dire qu’il ne fallait pas tirer de conclusions hâtives sur les intentions réelles du tireur, le Québec étant une société non violente. « Je crois que c’est un événement isolé. C’est le cas d’une personne qui a probablement des problèmes de santé très graves. Nous sommes une société profondément démocratique, respectueuse des droits des uns et des autres », a souligné Pauline Marois.


La chef péquiste a rejeté l’idée qu’une enquête publique puisse être instituée pour faire la lumière sur les événements. Elle a soutenu ne pas avoir fait l’objet de menaces au cours de la campagne électorale. Mme Marois a d’ailleurs rappelé qu’elle ne s’était pas privée d’aller à la rencontre des citoyens au cours des dernières semaines.

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