Québec solidaire se dit du côté des gagnants

Françoise David a été élue avec plus de 4500 voix d’avance sur son rival péquiste Nicolas Girard.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Françoise David a été élue avec plus de 4500 voix d’avance sur son rival péquiste Nicolas Girard.

Deux députés élus par une fulgurante majorité et des candidats doublant les appuis reçus dans les urnes. Le bilan dressé par la coporte-parole de Québec solidaire (QS), Françoise David, est sans équivoque : son parti s’inscrit dans le lot des gagnants plutôt que dans celui des perdants, au lendemain des élections.

Élue au terme d’une troisième bataille électorale dans le bastion péquiste de Gouin, circonscription n’ayant pas connu d’alternance politique depuis 1976, Françoise David a affirmé, en entrevue au Devoir, ne pas avoir douté un moment de sa victoire.


« Je suis vraiment très heureuse. J’avais confiance, j’étais très calme, mais je ne m’attendais pas à une telle majorité, avoue Mme David. C’est une très belle surprise, mais je sentais que, depuis le débat des chefs, il y avait un élan qui parcourait le comté », précise-t-elle tout en saluant le travail du député sortant Nicolas Girard.


La nouvelle députée de Gouin a tenu également à souligner les quelque 7000 voix d’avance qu’Amir Khadir a reçues dans Mercier, et ce, en dépit des critiques concernant son implication dans le conflit étudiant que Françoise David qualifie « d’entreprise de salissage ».


Même si elle aurait préféré prendre la route de Québec à l’automne avec deux ou trois députés solidaires de plus pour représenter les citoyens à l’Assemblée nationale, Françoise David considère que beaucoup de candidats ont tout de même réalisé une avancée importante en augmentant considérablement leur nombre de voix.


« C’est une victoire en soi, pour nous, de se dire que dans des circonscriptions, certains solidaires ont talonné le candidat gagnant et ont doublé le pourcentage de votes », précise la députée. Rappelons que Québec solidaire a presque doublé son pourcentage de voix au Québec, mardi, en passant de 3,7 % des votes en 2008 à 6 %.


Pour la coporte-parole de Québec solidaire, il ne fait nul doute que le parti a également gagné en crédibilité et en notoriété mardi. « Je pense qu’on a fait une très belle campagne et que nous avons atteint un objectif central : celui de faire voir d’un autre oeil notre formation. Oui, nous sommes le plus petit des quatre principaux partis, mais nous avons prouvé que nous étions un parti sérieux », juge Mme David.


Affairée à remplir des boîtes avec des bénévoles dans son local de campagne en vue du déménagement vers son nouveau bureau de circonscription, Françoise David avoue ne pas avoir encore beaucoup planifié la rentrée parlementaire, souhaitant d’abord s’accorder un repos.


Bien consciente des difficultés qui pourraient surgir avec un gouvernement minoritaire péquiste élu par quatre sièges d’avance sur le Parti libéral, elle félicite toutefois la première ministre d’avoir déjà fait d’importantes promesses en ce qui concerne l’abolition de la hausse des droits de scolarité et de la loi 12.


« Mme Marois pourra prendre certaines décisions sans approbation du reste du caucus. Pour le reste, il faudra que tout le monde mette de l’eau dans son vin, incluant Québec solidaire », a-t-elle fait valoir.