La division du vote souverainiste a fait mal au PQ

L’addition des votes du PQ, de QS et d’ON aurait permis au PQ d’obtenir 21 circonscriptions de plus.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes L’addition des votes du PQ, de QS et d’ON aurait permis au PQ d’obtenir 21 circonscriptions de plus.

La division du vote des souverainistes et des progressistes québécois, qui se sont éparpillés entre le PQ, Québec solidaire et Option nationale, a empêché le Parti québécois d’obtenir une nette majorité lors de l’élection de mardi et de réaliser à la fois ses engagements politiques, sociaux et environnementaux.

Selon une compilation réalisée mercredi - et dont le lecteur pourra prendre connaissance sur notre site Internet pour faire ses propres analyses -, l’addition des votes du PQ, de QS et d’ON aurait permis au PQ d’obtenir 21 circonscriptions de plus et de voir le chef d’ON, Jean-Martin Aussant, élu dans sa circonscription de Nicolet-Bécancour.


Dans ce scénario, le PQ aurait remporté six circonscriptions gagnées par la Coalition avenir Québec, et 15 par le Parti libéral du Québec (PLQ). Au lieu de se terminer par un score de 54 sièges pour le PQ, 50 au PLQ et 19 à la CAQ, le résultat théorique de l’élection aurait été de 75 députés pour le PQ, de 35 pour le PLQ et de 12 pour la CAQ.


Comme on peut imaginer que tous les souverainistes qui ont voté pour ON ou que tous les progressistes qui ont voté pour QS n’auraient pas nécessairement obéi à un mot d’ordre de leur formation préférée ou voté pour le seul candidat du PQ s’il n’y avait eu que ce parti en lice dans certaines circonscriptions précises, on peut imaginer un autre scénario, soit celui où le PQ n’aurait remporté que les circonscriptions où le regroupement des votes l’aurait favorisé par plus de 1000 voix.


Même dans ce scénario, le PQ aurait obtenu une majorité dans 68 circonscriptions, soit 14 de plus que mardi. Il aurait en plus permis au chef d’ON de rafler son siège à la CAQ. Et le PQ aurait réduit le score du PLQ de huit sièges et amélioré d’autant le sien. Le résultat final aurait été de 68 députés pour le PQ, de 42 pour le PLQ, de 12 pour la CAQ, de 2 pour QS et d’un pour ON.


L’idée d’éviter la division des votes souverainistes et progressistes a été évoquée par plusieurs personnalités publiques avant l’élection. Seuls QS et Option nationale se sont entendus pour ne pas se tirer dans les pieds en ne présentant aucun candidat contre les chefs de l’autre formation. Au PQ, où des députés comme Bernard Drainville ont milité pour une telle stratégie, cette idée a été écartée par la garde rapprochée de la chef Pauline Marois.


Un système inéquitable ?


Mais les scénarios qu’on peut faire sous cet angle reposent tous sur le maintien du système actuel, un système dénoncé hier par Représentation équitable du Canada. Selon ce groupe, « le nouveau gouvernement du Québec est le moins appuyé de tous les gouvernements du pays depuis presque 90 ans ». Sauf en Colombie-Britannique en 1924, quand les libéraux ont été élus avec 31,34 % des votes. Le groupe a aussi souligné qu’avec des pourcentages relativement proches de ceux de ses adversaires du PQ et du PLQ, la CAQ se retrouve avec un nombre de sièges fort éloigné de ceux de ses concurrents. Mais cette comparaison ne tient qu’au vu des pourcentages.


En effet, si on regarde le nombre de votes obtenus par chaque formation, on réalise que le PQ a obtenu plus de votes mardi, soit 1 393 540, que le Parti libéral en 2008. Pourtant, il se retrouvera avec un gouvernement minoritaire, alors que le PLQ avait pu former un gouvernement majoritaire. En chiffres absolus, le PLQ a récolté cette fois-ci 4428 votes de moins qu’à l’élection de 2008, soit 1 361 618. Le PQ, par contre, a augmenté ses appuis entre les deux élections de 251 789 votes.

122 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 6 septembre 2012 03 h 17

    Crédibilité...

    "l’addition des votes du PQ, de QS et d’ON aurait permis au PQ d’obtenir 21 circonscriptions de plus et de voir le chef d’ON, Jean-Martin Aussant, élu dans sa circonscription de Nicolet-Bécancour."
    C'est vrai, mais QS ON et Monsieur Aussant auraient été tenu d'obéir à Madame Marois.
    Ainsi, ils auraient été rendus muets et sans capacité d'action véritable.
    N'oublions pas que c'est Madame Marois et son parti qui ont choisi d'imposer une ligne dure et d'affrontement avec QS et ON, préférant diviser nos forces en se présentant aux électeurs comme seule alternative possible, plutôt que de les unir sous une forme ou une autre de tolérance des différences... A l'exact opposé de ce que le Parti Socialiste et François Hollande ont fait pour remporter une victoire nettement majoritaire en France.
    Les systèmes électoraux ne sont pas les mêmes j'en conviens, mais je ne suis pas le seul à dire qu'il y aurait eu place à plus d'ouverture de la part de l'actuelle PM et du PQ.
    Cela dit, Madame Marois doit au plus tôt remettre le vaisseau Québec dans le sens de la marche pour ne pas continuer à perdre encore plus de crédibilité auprès des indépendantistes ...
    La chose pourrait simplement lui devenir fatale pour la prochaine élection.
    Ce ne sera pas facile pour elle, mais que Madame Marois nous montre dans les mois qui viennent qu'elle peut fédérer tout le monde sous sa gouverne, en faisant preuve de souplesse d'esprit.

    Vive le Québec dès maintenant en marche pour fonder sa république !

    • France Marcotte - Inscrite 6 septembre 2012 12 h 50

      «...ils auraient été rendus muets et sans capacité d'action véritable.»

      Et maintenant, leur capacité d'action «véritable» est à quel niveau?

      Le mieux est souvent l'ennemi du bien, dans la situation actuelle en tout cas.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 septembre 2012 14 h 54

      M. Bréguet de Too close to call, a identifié 11 comtés qui seraient passés au PQ plutôt qu'au PLQ si 50% des gens qui ont voté pour QS et ON avaient voté pour le PQ. Détails: http://www.tooclosetocall.ca/2012/09/5-septembre-2

      N'oublions pas non plus que la division du vote PLQ/CAQ a fait mal au PLQ, et que le PQ doit beaucoup de ces sièges à cette division.

      Si la CAQ n'avait pas été là, le PLQ aurait probablement eu un gouvernement majoritaire. Et dans l'hypothèse de l'absence de tout autre parti que le PQ et le PLQ, nous aurions probablement encore eu un gouvernement du PLQ majoritaire. Voir calculs détaillés dans réponses à d'autres commentaires plus bas.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 septembre 2012 15 h 01

      Le PQ peut-il raisonnablement demander à QS et à ON de s'auto-détruire? Ou attendre leur disparition?

      Si la réponse à cette question est non, le PQ devrait au minimum tenter de s'entendre avec ces partis pour faire des pactes de non-agression dans des comtés clefs pour chacun des partis.

    • Guy Lorrain - Inscrit 6 septembre 2012 19 h 02

      M. CÔTÉ,
      Mon cher Monsieur, c'est toujours le même vieux problème avec une minorité d'indépendantistes, trop de détenteurs de la sacro Sainte Vérité. Ces grands souverainistes n'ont et ne comprendront jamais que c'est l'unité qui va nous faire arriver, un de ces jours, à faire un beau et grand pays avec notre Québec. J'ai la très nette impression, que cette minorité souverainisse, indépendantiste, veux nous enfoncer dans la gorge, le pays du Québec. Rappelez-vous, la constitution canadienne des Trudeau et Chrétien, ils ont voulu nous la passer, dans la gorge et ça pas marché.
      Pensons y bien, avons-nous réussi à améliorer nos chances d'un prochain référendum gagnant ? . . . Les souverainistes, qui ont quitté le parti québéquois, ont-ils grandement contribuer à nous faire avancer vers l'indépendance du Québec ? . . . Je suis vraiment fatigué de ces chicannes idéologiques . . . Unissons-nous, serrons les rangs, tous vers un même but, faire le pays du Québec, dans l'anthousiasme, la joie et la fierté . . .
      Voilà notre grand défit. L'UNITÉ. . .

    • m cyr - Inscrit 6 septembre 2012 20 h 54

      Ce que vous oublier tous ,semble t'il, de prendre en compte est le fait que certains, dont je fais parti, ne sont pas des souverainiste de toujours. Je n'ai jamais voté PQ et je ne voterai jamais PQ. J'ai voté ON. Le PQ est pour moi le proche équivalent des libéraux, ils ne provoqueront pas de réel changement, ils ne vont que repartir sur leur vielle habitude de loi 101 et de promotion de la culture quebecoise. C'est bien beau tout ca mais c'est tout ca qui a rendu la cause souverainiste presque honteuse plus personne ne veux en entendre parler parce qu'il n'y a jamais de réel vision vu de l'exterieur, par tout ceux qui sont contre l'idée ca ne fait qu'empirer les choses. Je suis devenu souverainiste convaincu a cause d'un seul et unique facteur, les arguments de J.M. Aussant, qui sont entrés comme une lettre a la poste. C'est lui qui a des réel visions d'avenir et de changement pas juste de loi 101. Je suis parfaitement bilingue depuis la 3ieme année, ca n'a rien a voir avec la loi 101, ca a a voir avec l'eveil, la curiosité, le bagage culturel et le fait de pouvoir choisir. J'ai travaillé en anglais et en francais et dans les deux, je m'intéresse autant au deux cultures. Quand les esprits sont reveillés la langue suit, parce que c'est une langue belle. Je reve d'un jour ou nous prendront réelement les moyen de réveiller les esprits de tout le monde, d'interdire la télé poubelle et que nous reprendrons en mains la réele éducation, celle de tout les jours celle qui ouvre sur le monde et ses merveilles de toutes langue. Je suis un enseignant au cégep qui viens de voir passer la transition pré et post reforme Marois. Je comprend que les jeunes préferent txt, lol et mdr...ils ne savent pas ecrire et comprennent mal des textes litértaires, comment voulez vous qu'ils aiment la langue, elle leur fait peur. Marois, a coup de nivelage vers le bas, a fait plus contre la langue que tout le monde et elle s'apprete a faire pire encore.

    • Marie Rheault - Inscrite 11 septembre 2012 10 h 39

      Vous dites que c'est Mme Marois qui a pris la ligne dure avec QS, vous passez sous silence le fait que Mme David a refusé de se présenter dans le comté de Rosemont, laissé libre par Mme Beaudouin pour se représenter dans Gouin, comté représenté par Nicholas Girard depuis plusieurs années et qui faisait du bon travail reconnu par plusieurs. Elle n'était pas une inconnue dans Rosemont, ce n'est qu'a quelques rues du comté de Gouin. Surtout que comme chef de parti et dirigeante d'un groupe de femmes elle devait surement avoir quelques contacts avec plusieurs groupes communautaires de Rosemont. Je suis donc persuadée que Mme Davis et sa formation ont provoqué le durcissement des relations entre les deux formations.

  • Yves Claudé - Inscrit 6 septembre 2012 04 h 03

    Division du vote souverainiste : les responsabilités respectives du PQ et de QS

    En dérivant vers la droite lors d’une précédente gouvernance, le PQ a mis à distance un certain nombre de citoyens, membres ou sympathisants de ce parti, qui se sont retrouvés dans une sorte de vide politique que l’UFP (Union des Forces Progressistes) et Option Citoyenne se sont employés à combler, avant de fusionner pour former QS.

    La direction du PQ a fait le choix de ne pas se lier à QS dans une coalition électorale qui aurait pu apparaître comme un boulet au pied, avec un allié imprévisible pouvant se livrer à des surenchères, et susceptible de rebuter des électeurs centristes, surtout après les interventions de QS dans la crise étudiante.

    Par ailleurs, tout en s’affirmant ouvert à une entente électorale, QS y a mis des conditions qui étaient sciemment irrecevables pour le PQ. Ce sabordage stratégique et anticipé d’une entente est tout à fait logique si l’on considère que l’objectif de QS est de miser sur un effondrement organisationnel et idéologique du PQ pour prendre sa place dans le système politique québécois.

    Le choc des cultures …

    La dérive postmoderne et multiculturaliste d’une masse critique de militants de QS, notamment ceux et celles issus d’Option citoyenne, a créé un fossé et un conflit culturel avec le PQ, un parti attaché aux valeurs modernes de la citoyenneté laïque, peu enclin à suivre QS dans les avenues d’un communautarisme ethnicisant et clientéliste se justifiant par un relativisme culturel manifestement mal interprété.

    Dans la perspective d’un large débat social sur la modernité laïque qui a été le vecteur de l’émancipation sociale et nationale du Québec, et d’autre part la postmodernité multiculturaliste et traditionnaliste, il serait opportun que le gouvernement de Mme Marois promulgue dans les meilleurs délais une Charte de la laïcité, qui recueillerait sans nul doute l’assentiment de la grande majorité des citoyens, y compris ceux et celles qui ont voté pour QS.

    Yves Claudé

    • Max Windisch - Inscrit 6 septembre 2012 10 h 46

      M. Claudé,

      Je partage jusqu'à un certain point votre analyse politique, mais en ce qui me concerne personnellement, il me paraît impossible de me rallier à un laïcisme trop agressif.

      La question de la croyance (qui est également la question de Dieu) peut paraître superficielle et banale d'un point de vue non-croyant, et une "neutralité" face à cette question peut sembler facilement réalisable, mais dès qu'on admet la croyance comme une chose plus qu'anecdotique, l'approche radicale suggérée par les "laïcistes durs" (ex. lisez attentivement cette petite présentation: http://aft.atheisme.ca/montreal2010/sp/mailloux_lo ne peut être reçue comme progressiste, en tout cas pas à mes yeux.

      À la limite je préfère un énoncé qui affirme clairement le parti-pris athée de l'État, comme par exemple le texte de David Rand dans le volume 13 de Cité laïque. Au moins on y dit les choses clairement (malheureusement, le site du mlq semble avoir retiré cet excellent texte).

      À mon avis, pour peu qu'on accepte la question de la croyance comme valide, le concept-même de neutralité devient douteux: comment l'État pourrait-il adopter une position qui n'est ni croyante, ni incroyante? De quelle position s'agirait-il? Commençons donc par définir où se situe cette "neutralité", de façon intelligible, si telle chose est possible. Sinon, il faudra utiliser un autre mot.

    • Jean Paul Pelletier - Inscrit 6 septembre 2012 12 h 06

      Vous avez raison de souligner que c'est le PQ qui a fait le choix de ne pas se lier à QS. Par contre, vous avez tort de prétendre que QS a mis des conditions sciemment irrecevables pour le PQ. L'abolition de la loi 78, l'augmentation du nombre de paliers d'imposition, l'augmentation des redevances pour les minières, tou cela faisait partie de la plateforme .lectorale du PQ, sauf le scrutin proportionnel. Mais en quoi cela était-il inacceptable pour un parti qui avait cet élément dans son programme depuis 40 ans?

      Quant à l'idée que le PQ est un parti attaché aux valeurs modernes de la citoyenneté laïque et que ce n'est pas le cas pour QS, cela me fait bien rire. Le PQ veut maintenir ce qui est le symbole même de l'alliance entre l'État et l'Église, soit le crucifix à l'Assemblée nationale, instauré par Maurice Duplessis en 1936. On est loin du patrimoine culturel puisque nos assemblées législatives ont su s'en passer pendant des décennies auparavant.

      Finalement, on peut dire que le PQ est le principal responsable de la situation actuelle, lui qui a refusé la main qui lui était tendue en croyant pouvoir seul obtenir un pouvoir majoritaire avec une simple pluralité des voix, comme Jean Charest l'a fait depuis 2008. Si le PQ veut vraiment agir dans l'intérêt de l'ensemble du peuple québécois, il doit instaurer le scrutin proportionnel qui nous garantira qu'à l'avenir, plus aucun parti ne pourra imposer sa volonté absolue à la mojorité alors qu'il n'aurait obtenu qu'une miniorité des voix.

    • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 6 septembre 2012 18 h 29

      De par l'existence de deux partis de droite (PLQ et ADQ) au moment de la fondation de QS, on se demande ce que ces dirigeants ont pu croire de fonder un parti qui diviserait le vote de gauche et souverainiste. Faire croire que le PQ est autant à droite que le PLQ et maintenant la CAQ lorsque en fait le PQ en étant une coalition de gauche et de droite pour l'indépendance ne peut être réduit à un parti pur et dur de la droite.

    • Annie Prévost - Inscrite 6 septembre 2012 23 h 36

      UN BRIN D'HISTOIRE. M. Bouchard, contrairement à ce que vous pensez, Québec solidaire n'est pas un si jeune parti, il s'agit en fait du résultat de nombreuses fusions entre nombreux petits partis progressistes. Québec solidaire est le résultat de l'union entre l'UFP et Option citoyenne (initiative de Francoise David) en 2006. Quant à l'UFP (L'union des forces progressistes, déjà sur les bulletins électoraux en 2002), il s'agit de l'union du RAP, du PDS (ancien NPD Québec) et du PCQ. Certains de ces partis existaient depuis 1963, rappelons-nous que le PQ existe depuis 1968. Alors il serait plutôt faux de prétendre que la fondation même de Québec solidaire se soit faite avec l'intention de diviser le vote de gauche et le vote souverainiste. Il trouve son origine bien avant que cette question soit devenue d'actualité.

  • Pierre Vincent - Inscrit 6 septembre 2012 04 h 58

    Le PQ aurait pu remporter l'élection de 2008...

    Le PQ aurait pu remporter l'élection de 2008 mais l'état-major du parti n'y tenait pas vraiment. Après une remontée au cours de la campagne et un solide débat de Mme Marois, à une semaine de l'élection, la machine péquiste s'est mise au neutre et a préféré passer son tour plutôt que de gagner une élection à l'approche de la crise financière et économique que l'on sait. Cette stratégie aura permis quatre années de corruption et de stagnation politique libérale, assortie de la montée de la frustration des souverainistes qui se sont divisés davantage, comme le résultat de l'élection de mardi le révèle très clairement. Le PQ a été l'artisan de son propre malheur, tant sur le plan électoral que sur le plan de son option fondamentale, car il faut bien le reconnaitre, il n'a pas fait la promotion de la souveraineté de manière assidue et convaincante depuis la démission de Jacques Parizeau en 1995.

    Le nouveau gouvernement élu aura de nombreux défis à relever et, s'il peut compter sur l'appui stratégique de François Legault, pourra sans doute poser de nombreux gestes qui seront bénéfiques tant sur le plan économique que social et environnemental. Car si la campagne électorale n'a fait que survoler les véritables enjeux actuels, l'exercice du pouvoir, bien que liminité, d'un gouvernement minoritaire, forcera les élus à des compromis souhaitables pour le bien de l'ensemble de la société québécoise. Je prévois donc que ce gouvernement minoritaire, en raison notamment de la grande expérience de Mme Marois et de la profondeur de son équipe, aura une durée de vie supérieure aux autres gouvernements minoritaires.

    En tout cas, je le souhaite, et je suis prêt à y consacrer des efforts...

  • François Ricard - Inscrit 6 septembre 2012 06 h 24

    Cavaliers seuls

    Mme Marois et sa garde rapprochée ont décidé qu'ils feraient cavaliers seuls. Nous sommes à même d'en constater les résultats.
    Pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour faire la coalition des forces souverainistes? Une fois l'indépendance obtenue, les différentes chapelles pourront reprendre selon leurs objectifs propres.
    Bien sûr, pour qu'une pareille coalition voit le jour, cela suppose un leadership claivoyant et déterminé.

    • Robert Libersan - Abonné 6 septembre 2012 10 h 48

      Pour une fois M.Ricard, je partage votre point de vue.

      Cessons de nous chamailler entre-nous.

    • Louka Paradis - Inscrit 6 septembre 2012 11 h 00

      Quand on compare 8% et 31%, c'est plutôt le groupuscule qui prétend imposer ses vues qui fait cavalier seul. Dire que Fançoise se voyait détenir la balance du pouvoir, mais a candidement affirmé que QS n'exigerait pas d'avoir un(e) ministre... il faut le faire !
      Louka Paradis, Gatineau

  • Robert Libersan - Abonné 6 septembre 2012 07 h 47

    L'Indépendance à un prix

    Mon coeur saigne ce matin en lisant l'article de M.Francoeur. Lancer ce matin la pierre aux Solidaires, aux Onistes ou aux Péquistes ne mènera nulle part.


    Le débat entre les «pressés» et les «mous» font les délices des fédéralistes. Pourquoi on n'arrive t-on pas à s'entendre sur une plate-forme commune ? Pourquoi ?


    J'en arrive à penser qu'il faudrait avoir l'humilité d'accepter que la réalité ne rentre pas toujours dans le moule où on a pris l'habitude de la faire entrer.


    C'est bien beau les nuances mais trop de paroles bouchent les oreilles. Il nous faudra apprendre à se rallier; l'indépendance est à ce prix.

    • Emmanuel Rousseau - Inscrit 6 septembre 2012 12 h 49

      M. Francoeur ne lance pas la pière sur aucun parti, il dénonce le sytème électoral. Il démontre que voter pour ses convictions donne le résultat inverse espéré.

      Mme Maroie a fait preuve de clairevoyance en annoncant que la politique n'est plus bipartiste, or dans ce contexte, ce sytème se révèle mésadapté.

      Avec de pareils résultats, j'espère que le PQ initiera la réforme de ce système c'est le bon moment : les 4 parties représentés auront à discuter la solution étant donné qu'aucun parti n'est majoritaire, ce qui lui permettrait d'imposer sa vision et s'avantager pour les prochaines élections.

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 septembre 2012 20 h 23

      Monsieur Rousseau,
      tous les changements au système électoral se font toujours à l'unanimité. Est-ce possible dans ce cas-ci?

    • Raymond Labelle - Abonné 6 septembre 2012 23 h 21

      J'ai fait le calcul à la mitaine pour chaque comté avec les résultats complets du DGEQ. En combinant les votes de QS et d'ON et en divisant ce total par deux pour ajouter ce résultat aux votes du PQ, cela donne 10 comtés de plus au PQ et autant de moins au PLQ et à la CAQ. Ça veut dire: supposer que, sans QS et ON, la moitié des électeurs de ce parti aurait voté PQ et l'autre se serait abstenu. Ceci fait abstraction de Gouin, Mercier et Nicolet-Bécancour.

      Voici ces dix comtés: Jean-Lesage, La Prairie, Laurier-Dorion, Maskinongé, Papineau, Richmond, Saint-Henri-Saint-Anne, Saint-Jérôme (victoire de Jacques Duchesneau), Trois-Rivières (défaite de Djemila Benhabib) et Verdun. 10 comtés de plus, c'est la majorité.

      L'Assomption, tout juste pas l'hypothèse du 50% - qui donne 1071 alors que la majorité de François Legault était de 1078.

      Nicolet-Bécancour: si la moitié des électeurs PQ avaient voté stratégique ON, ON passait - et si la moitié de électeurs ON avait voté PQ, le PQ passait - le député est de la CAQ.

    • Annie Prévost - Inscrite 6 septembre 2012 23 h 27

      Simplement parce qu'il est impossible de s'entendre sur une platte-forme commune quand on regroupe des gens situé dans tous les spectres idéologiques. Pourquoi croyez-vous que le PQ passe son temps à se déchirer? Parce qu'il essaie tant bien que mal d'adopter un programme qui plaira autant à la gauche qu'à la droite. Le compromis a ses limites.

    • Michel Miclot - Inscrit 9 septembre 2012 17 h 24

      Constater une évidence n,est pas condamner et encore moins lapider. Force est de constater que la stratétgie du PQ laisse à désirer au vu des résultats. Les décideurs du PQ peuvent s'attendre à recevoir de belles étrennes du PLQ qui au lieu d'être moribond se retrouve en pleine convalescence grâce à leur manque de jugement.