Legault prêt à collaborer avec Marois

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	À la fois « déçu et satisfait » des résultats obtenus mardi par la CAQ, François Legault estime encore que son parti n’était qu’à quelques points d’une victoire.</div>
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
À la fois « déçu et satisfait » des résultats obtenus mardi par la CAQ, François Legault estime encore que son parti n’était qu’à quelques points d’une victoire.

En campagne, François Legault disait qu’il ne serait « pas patient » face à un gouvernement minoritaire. Mais au lendemain d’une élection en partie décevante pour la CAQ, le ton a changé et M. Legault a ouvert mercredi la porte toute grande à des ententes ponctuelles avec Pauline Marois.

Selon François Legault, il serait tout à fait possible que la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (PQ) s’entendent sur plusieurs points. « J’ai assuré Pauline Marois de mon support et de ma collaboration pour travailler sur un certain nombre de dossiers », a-t-il dit mercredi lors de sa conférence de presse d’après-campagne.


M. Legault a cité en guise d’exemples de nombreux dossiers : intégrité de la vie publique, changements dans le système de santé pour diminuer les délais d’attente, extension du réseau de garderies, lutte contre le décrochage, maintien à domicile des personnes âgées, lutte à l’exode des sièges sociaux, réorientation du Plan Nord, Charte de la laïcité (mais moins ambitieuse que celle du PQ), élections à date fixe, abolition de la taxe santé, le champ d’action paraît large. « On est prêts à faire avancer les dossiers, mais on va talonner le gouvernement pour que ça bouge », a expliqué M. Legault.


Le chef de la CAQ estime qu’il y a « urgence d’avoir un virage. J’espère que le PQ, dans une situation minoritaire, va comprendre qu’on doit travailler ensemble à faire ces changements ». Il a fixé quelques limites à son désir de collaborer : pas question d’accepter d’étendre la loi 101 aux cégeps, par exemple. Même chose concernant un gel des droits de scolarité.


Le 28 août, M. Legault s’était montré moins ouvert à une collaboration étendue. « Si les deux vieux partis acceptent de travailler sur nos dossiers prioritaires, on va collaborer, disait-il lors d’un passage en Montérégie. Mais s’ils ne veulent pas travailler et juste défendre le statu quo, on aura une opportunité [de défaire le gouvernement], probablement au printemps 2013, avec le premier budget ».

 

Quelques points


À la fois « déçu et satisfait » des résultats obtenus mardi par la CAQ, François Legault estime que son parti n’était qu’à quelques points d’une victoire. « Mais quand on regarde ce qu’on a fait en neuf mois, de monter avec une très petite équipe un parti, un programme, de trouver des candidats, de faire une campagne avec trois autobus, c’est quand même exceptionnel », a-t-il soutenu.


« On est troisième au total, mais avec 27 % [d’appuis]. Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient prédit ça au départ ». M. Legault s’est notamment réjoui que la CAQ ait terminé deuxième dans une cinquantaine de circonscriptions.


Le parti attendait beaucoup de la région de Québec, où M. Legault avait prédit un « balayage ». La CAQ a finalement obtenu sept circonscriptions, contre quatre pour les libéraux et deux pour le PQ. Dans trois des quatre circonscriptions libérales, la CAQ a terminé deuxième.


La grosse déception est venue de la couronne Nord de Montréal. La caravane caquiste a sillonné sans relâche le 450 durant la campagne, mais sans beaucoup de résultats au final. La coalition a remporté la mise dans L’Assomption (M. Legault), Blainville (Daniel Ratthé), Saint-Jérôme (Jacques Duchesneau) et Groulx (Hélène Daneault). Le PQ a remporté six circonscriptions : chaque fois, la CAQ a terminé deuxième.


Sur la Rive-Sud, seules Granby (François Bonnardel), Montarville (Nathalie Roy) et La Prairie (Stéphane Le Bouyonnec) ont été gagnées par la CAQ. Encore là, le parti de M. Legault a terminé deuxième dans une dizaine de circonscriptions péquistes.


Il a souvent manqué moins de 2500 votes à la CAQ pour renverser la tendance et obtenir un meilleur rapport entre le pourcentage de votes (27 %) et le nombre de députés caquistes qui siégeront à Québec (15 %). Mais M. Legault ne remet pas en question le mode de scrutin (« nous acceptons les règles du jeu »). Il soutient simplement qu’il « y a encore du temps à mettre pour expliquer » le projet caquiste.


La CAQ tiendra son premier caucus jeudi.


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Barrette de retour à la FMSQ

Candidat défait dans la circonscription de Terrebonne, Gaétan Barrette a indiqué mercredi qu’il entend maintenant revenir à la tête de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Il pourrait toutefois ne pas compléter son mandat qui se termine en 2014, a-t-il indiqué en entrevue radio. M. Barrette a soutenu qu’il quitterait ensuite la vie publique. Mardi soir, il avait écrit sur son compte Twitter que « the president has left the building… et ne reviendra pas ». Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a affirmé mercredi qu’il s’attendait à ce que son candidat vedette cesse sa collaboration avec la CAQ en cas de défaite. « Il l’avait dit, il avait prévu un mécanisme [pour retourner] à la FMSQ. Ce n’est pas une surprise pour moi. »
 
3 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 6 septembre 2012 01 h 00

    Franchement

    Je suis content de la position de Legault. La collaboration est la meilleure issue. Ensemble, les Québécois peuvent réaliser de grandes choses.

  • Charles F. Labrecque - Inscrit 6 septembre 2012 06 h 33

    Pas fiable

    Tien, tien pourtant ce n'est pas ce que j'ai entendu durant la campagne. Moi je ne croyais pas ceux qui l'avaient traité de "pas fiable". Je l'ai cru mais voilà...

  • Jacques Beaudry - Inscrit 6 septembre 2012 11 h 08

    girouette

    Le gogo encore un changement de position pour avoir de l'exposure un peu plus comme back bencher. Il acceptera sûrement pas de passer comme second violon. Quelle vedette ? Avec les scores du parti libéral, je me demande si les bien nantis vont persister à l'appuyer ou revenir derrière les libéraux. Ils vont peut-être attendre de voir si la Commission Charbonneau va les massacrer.